Attentats/tueries

Partisan·e·s de « l’Algérie française » souhaitant assassiner Charles de Gaulle alors en visite dans la région [1], cellules islamistes des années 1990 à 2010 basculant en entreprises individuelles avec « Daesh » [2], préparation d’une attaque au couteau contre Emmanuel Macron à Charleville-Mézières par des identitaires dont deux comtois [3]… En Franche-Comté, l’histoire regorge d’importants dossiers criminels. Mais, sans compter les projets, tentatives et conspirations, après la Seconde Guerre Mondiale, seules trois opérations aux tréfonds politiques peuvent être vraiment qualifiées de « terroristes », toutes sur Besançon entre 1970 et 1992.

Un premier attentat notable est commis le 9 mai 1970, avec l’explosion d’une bombe artisanale visant le palais de justice [4]. Les dégâts matériels sont conséquents mais circonscrits, alors qu’aucune victime n’est à déplorer [4]. Si l’extrême gauche est immédiatement soupçonnée, l’enquête déterminera que cet acte a été orchestré par d’anciens militaires liés à « l’OAS » et à « l’UDR » [4] [5]. Ils auraient agi pour des motifs troubles de provocation, possiblement liés au pouvoir à travers le « SAC », ayant d’ailleurs commis diverses attaques dans les mois précédents, dont le mitraillage d’une agence de « l’Est Républicain » [4] [5].

Affaire la plus emblématique, le plasticage incendiaire du cinéma « le Building » le 3 octobre 1988 [6]. Alors que l’établissement projette « la Dernière Tentation du Christ », les contestations et menaces se multiplient de la part des mouvances traditionalistes, mais aussi de l’Église officielle [6]. Un ex-militaire, catholique intégriste, candidat pour le « Front National », confectionne un dispositif à retardement et le place dans une salle avant une séance de nuit [7] [8]. Mal réglé, l’appareil explose une heure après la sortie des ultimes client·e·s [6], mais ravage complètement le bâtiment, entraînant la disparition définitive de l’entreprise [8].

L’après-midi du 1er juillet 1992, l’usine « Bourgeois » est secouée par une tuerie [9]. Licencié quelques mois plus tôt pour « mésentente avec un supérieur », Franck Zoritch, ouvrier de vingt-six ans, retourne armé sur son lieu de travail, perpétrant le « massacre de Besançon » [9] [10]. Muni d’un fusil d’assaut, d’un révolver, de grenades, sous l’effet de l’ivresse et de la musique hard rock, il tue sept de ses ex-collègues et en blesse cinq, avant de se donner la mort [9] [10] [11] [12]. Ancien parachutiste décrit par certaines sources comme « skinhead », il est réputé pour son agressivité, son intolérance et sa passion des armes à feu [11] [12].


Sources.
[1]
A.P. pour « le Monde », édition du 24 août 1962 : « Les précédentes tentatives d’attentat contre le président de la République » (lien) ;
[2] Pierre Laurent pour « l’Est Républicain », édition du 28 mars 2018 : « Islamisme : quel état des lieux en Bourgogne Franche-Comté ? » (lien) ;
[3] Clémentine Sabrié pour « Ici Besançon », édition du 16 janvier 2023 : « Procès des Barjols : deux Francs-Comtois parmi les militants d’ultra-droite jugés à Paris » (lien) ;
[4] Willy Graff pour « l’Est Républicain », édition du 6 avril 2021 : « Savez-vous que Besançon a été frappé d’un attentat en 1970 ? » (lien) ;
[5] « Le Monde », édition du 16 mai 1970 : « Besançon : les deux auteurs de l’attentat contre le palais de justice n’étaient pas des gauchistes » (lien) ;
[6] Aline Bilinski pour « France 3 Franche-Comté », édition du 3 octobre 2028 : « Besançon : il y a 30 ans, l’attentat du cinéma Building » (lien) ;
[7] « Le Monde », édition du 22 novembre 1988 : « Inculpation à Besançon après l’attentat contre un cinéma où était projeté la Dernière Tentation du Christ » (lien) ;
[8] « L’Est Républicain », édition du 15 août 2020 : « Savez-vous pourquoi le cinéma « Le Building » a fermé ? » (lien) ;
[9] « Le Monde », édition du 3 juillet 1992 : « Dans une usine de Besançon – Un ouvrier licencié tue six personnes avant de se donner la mort » (lien) ;
[10] « L’Humanité », édition du 2 juillet 1992 : « Tuerie dans une usine » (lien) ;
[11] Fred Jimenez pour « l’Est Républician », édition du 1er juillet 2022 : « Il y a trente ans, la tuerie chez Bourgeois Découpage faisait sept morts et cinq blessés » (lien) ;
[12] « Le Monde », édition du 4 juillet 1992 : « Après la tuerie de Besançon La mort en vente libre » (lien).