Questions LGBT+

Au sein de l’extrême droite, le rapport aux droits LGBT+ reste chargé de défiance et de mépris, malgré des variations en fonction des orientations et identités de genre. Les principales organisations nationalistes, « Rassemblement National » (RN) et « Reconquête » (REC) notamment, affirment ainsi qu’elles n’ont, globalement, aucune hostilité envers la communauté homosexuelle en tant que telle, si son existence reste cantonnée à la sphère privée [1] [2]. Revendiquant, en parallèle, lutter contre un « lobby » ou un « militantisme », qui, refusant sa place de minorité, tend à bouleverser l’ordre naturel, civil et social [1] [2]. Les questions trans et queer sont, pour leur part, encore considérées comme des déviances, absentes des débats ou dénoncées [1] [2] [3].

Malgré leur fortes oppositions, les congrégations catholiques et musulmanes les plus conservatrices se retrouvent d’ailleurs pleinement sur cette ligne. Entre l’agitation de « la Manif pour Tous » (LMPT) [4] et les troubles relatifs aux « abécédaires de l’égalité » [5] dans les années 2010, cette convergence œcuménique s’est déjà illustrée, y compris en Franche-Comté. « Fraternité Saint-Pie-X » (FSSPX), « Fraternité Saint-Pierre » (FSSP), « Alliance VITA », « Parti d’Action Nationaliste » (MHP), « Millî Görüş », « Diyanet », ou encore « Parti Égalité et Justice » (PEJ), s’expriment ainsi, encore aujourd’hui, au-delà des offices, sur ces sujets. D’autres branches, qu’elles soient protestantes, orthodoxes ou juives, ne sont pas en reste, mais dans un périmètre plus limité à la liturgie.

Une doctrine « hétéronormée » qu’on retrouve jusque dans la mouvance néonazie de la région, où nombre de cadres de la « Cocarde Étudiante », de « Génération Zemmour » (GZ) et des « Vandal Besak » (VDL BSK) se sont revendiqués, dans un procédé « homonationaliste », « gays » et « anti-LGBT+ » au début des années 2020. Jugé le 17 février 2024 pour la dégradation raciste d’une statue [6], Théo G. a déployé cette spécificité comme un étendard. Une dichotomie autorisant donc la présence de recrues issues de cette sensibilité, dès lors qu’elles étaient sous pavillon « brun », les autres, dans un esprit revendicatif ou antagoniste aux concepts réactionnaires, qualifié·e·s de « rouges », pouvant dès lors être l’objet d’expéditions punitives, comme le 5 août 2023 à Besançon [7].

S’inscrivant en partie dans ce panorama, des voix locales vont encore détourner des combats initialement progressistes pour servir leurs thèses. C’est le cas des adhérentes de « Némésis » [8], groupuscule identitaire, de figures du « Nid » [9], association abolitionniste, mais aussi de multiples référent·e·s, se revendiquant «  de gauche » [3], utilisant le féminisme pour tenter de s’en prendre au « transactivisme ». Une ligne également adoptée par un certain Vincent B., connu pour son apparition dans un documentaire de « Mediapart » relatif aux guets-apens survenus en 2018 parc Micaud à Besançon [10], qui, depuis, de tweets en tribunes dans « Marianne », reprend les mêmes ressorts et associe allègrement agressions homophobes et islam/immigration [11].


Sources.
[1]
Youmni Kezzouf et David Perrotin pour « Mediapart », édition du 14 janvier 2024 : « « Au Rassemblement national, l’homophobie n’a pas disparu mais elle est tue » » (lien) ;
[2] Natachat Marbot pour « Télérama », édition du 29 juin 2024 : « Marche des fiertés : “Que ce soit au RN ou à Reconquête, la ligne rouge, c’est le genre” » (lien) ;
[3] Toufik-de-Planoise pour « le Ch’ni », édition du 5 mai 2024 : « Mobilisation inédite à Besançon, dénonçant l’offensive contre le droit des personnes trans’ » (lien) ;
[4] Toufik-de-Planoise pour le blog de « Factuel.info », édition du 25 juin 2020 : « Ludovic Fagaut : de la critique de l’extrême gauche à une accointance avec la droite ultra ? » (lien) ;
[5] Sophie Dougnac pour « l’Est Républicain », édition du 28 janvier 2014 : « Sexe à l’école : un SMS met le feu » (lien) ;
[6] Sarah Rebouh pour « France 3 Franche-Comté », édition du 17 février 2023 : « Statue de Victor Hugo peinte en blanc : les deux étudiants d’extrême-droite condamnés à 140 heures de travail d’intérêt général » (lien) ;
[7] Toufik-de-Planoise pour « le Ch’ni », édition du 12 juillet 2025 : « Un militant néonazi condamné pour une agression transphobe » (lien) ;
[8] M.R. pour « la Provence », édition du 21 juin 2024 : « Qu’est-ce que Némésis, ce collectif qui se dit féministe et identitaire ? » (lien) ;
[9] Thierry Schaffauser pour le blog de « Libération », édition du 8 janvier 2020 : « Transphobie et homophobie des prohibitionnistes, la complaisance de Schiappa » (lien) ;
[10] Vincent Bonnet pour le blog de « Mediapart », édition du 23 mai 2022 : « Homophobie à Besançon (4) : mais qui donc sont les mis en examen ? » (lien) ;
[11] Vincent Bonnet pour l’agora de « Marianne », édition du 3 octobre 2025 : « « Les violences homophobes ne sont pas près de disparaître tant qu’on ne nommera pas les conflits culturels sous-jacents » » (lien).