Joachim Peiper

Joachim Peiper (né le 30 janvier 1915 à Berlin en Allemagne, mort le 14 juillet 1976 à Traves en Haute-Saône), était un officier supérieur de la « première division SS Leibstandarte Adolf Hitler ».

Nazi convaincu, il rejoint la « SS » à ses dix-huit ans, devient aide de camp d’Heinrich Himmler, puis participe aux campagnes de Pologne et de France [1]. Après être passé « Waffen-SS » avec une formation au camp de Dachau [1] [2], il rejoint les fronts russe, italien, normand, ardennais, belge, où les populations sont parfois suppliciées [1]. C’est aussi, via le « Kampfgruppe » qui porte son nom, placé sous son commandement, que sont organisés les massacres de Boves [2] et de Malmedy [2] [3]. Capturé après la capitulation, il reconnaît très largement mais minimise ses exactions [2] [4] ; si la justice décide de ne pas le poursuivre pour certains crimes de guerre « faute de preuves suffisantes » [2], le 16 juillet 1946 il est toutefois reconnu coupable et condamné à mort avec quarante-deux co-accusés pour l’exécution des quatre-vingt quatre prisonniers de guerre deux ans plus tôt à Baugnez [2] [5]. Une peine qui ne sera jamais appliquée, se voyant finalement commuée en une détention à perpétuité, réduite à trente-cinq années, avant d’être libéré après seulement quatre ans et demi passés derrière les barreaux [1] [2]. Reprenant une existence normale avec un large soutien du monde économique et d’anciens camarades [1] [6], la médiatisation progressive des atrocités perpétrées durant le IIIe Reich ainsi que le dépôt de plainte émanant de plusieurs victimes de ses actes [2] finissent cependant par bousculer son quotidien rangé [1] [2] [6]. Il s’installe en Haute-Saône à partir de 1972 [6], « une région qu’il a déjà connue comme soldat et dont il a apprécié le cadre de vie » [7]. Alors qu’il effectue des achats sur Vesoul en 1974, le vendeur, Paul Cacheux, qui est aussi un ex-résistant communiste, le démasque [6] [7] [8]. Pendant que les autorités entendent contester sa présence, articles de presse, porte-à-porte dans le voisinage, dégradations de son domicile, s’enchaînent à l’été 1976 [1] [6] [7]. Jouant d’une interdiction départementale de tout effet pyrotechnique à cause de la canicule, un restaurateur du secteur annonce néanmoins que « le feux d’artifice de Traves est quant à lui maintenu » pour la fête nationale [8]. La maisonnée de Joachim Peiper est incendiée le soir du 13 juillet, une dépouille calcinée anonyme étant retrouvée dans le brasier [7] [8] ; les pistes d’un homicide, d’un suicide ou d’une fuite mise en scène sont privilégiées, sans que jamais aucune d’elle ne parvienne à s’imposer dans une enquête close en 1982 [6] [8] [9]. Quelques partisans montent un comité pour venger sa mémoire, menaçant son village de représailles et plastiquant la permanence locale de la « CGT » [7]. Un documentaire de deux heures sort en 1979, « l’affaire Peiper », mais aussi, ces dernières années, des livres, podcasts et dossiers de presse.


Sources.
[1] Jens Westemeier, « Joachim Peiper : A Biography of Himmler’s SS Commander », Schiffer Publishing Ltd, 15 avril 2007, 240 pages, (ISBN 978-0-7643-2659-2 et 0-7643-2659-7) ;
[2] Patrick Pesnot pour « Radio France », édition du 24 septembre 2022 : « Joachim Peiper 1/2 » (lien) ;
[3] Charles B. MacDonald (traduction Paul Maquet), « Noël 44 : La bataille d’Ardenne », La Renaissance du livre collection « Histoire », 14 novembre 2014, 635 pages (ISBN 978-2-507-05239-3 et 2-507-05239-2) ;
[4] Roger Martin, L’Affaire Peiper, Paris, Dagorno, 1er décembre 1994, 173 pages (ISBN 2-910019-07-1 et 978-2910019075) ;
[5] James J. Weingartner, « Crossroads of death : The Story of the Malmedy Massacre and Trial », University of California Press, 1979, 274 pages (ISBN 0-520-03623-9 et 978-0520036239) ;
[6] Patrick Pesnot pour « Radio France », édition du 1er octobre 2022 : « Joachim Peiper 2/2 » (lien) ;
[7] Georges Arnaud et Roger Kahane, « L’Affaire Peiper », Paris, Le Livre de Poche, 1er novembre 1979, 222 pages (ISBN 2-253-02241-1 et 978-2253022411) ;
[8] Frédéric Buridant, Philippe Arbez et Karl Monnin pour « France 3 Franche-Comté », édition du 9 janvier 2021 : « À Traves, en Haute-Saône, le mystère demeure autour du chef nazi Joachim Peiper » (lien) ;
[9] Thomas Ferenczi pour « le Monde », édition du 23 janvier 1979 : « L’affaire Peiper – Enquête sur un citoyen très suspect » (lien).