Jérôme Bourbon

Fabrice dit Jérôme Bourbon (né le 2 novembre 1972 à Oyonnax) est un journaliste d’extrême droite.

Fils d’un chef d’entreprise établi du Jura [1], il adhère au « Front National » (FN) dès quatorze ans en écoutant par hasard un discours de Jean-Marie le Pen [2]. Après avoir abandonné sa thèse puis raté son agrégation, sa carrière d’enseignant dans la région est un échec accentué par le rejet politique qu’il suscite [1] [2]. Tout en étant également adhérent à « l’Œuvre Française » (OF) [1], il est candidat « FN » aux cantonales de 1998 à les Planches-en-Montagne [1] où il réalise un score de 76 voix [3]. D’obédience catholique traditionaliste, il se réclame du sédévacantisme [1]. Bénéficiant d’un patrimoine familial conséquent issu d’une plasturgie de Moirans-en-Montagne [4], il se lance dans l’écriture et le journalisme auprès de l’hebdomadaire « Rivarol » [1]. Il y réalise un coup d’éclat, en 2005, avec l’interview de Jean-Marie le Pen, lequel déclare que « l’occupation allemande en France n’avait pas été particulièrement inhumaine » [5]. Entre rédaction, responsabilité et actionnariat, il en devient un acteur majeur avant une prise de contrôle totale à partir de 2010 [4]. Il s’oppose alors violemment à Marine le Pen, jugée trop tiède [2], contribuant à la rupture avec son père, dont il se fait d’autant plus le relais, marquant son isolement, y compris à l’extrême droite [4]. Partisan d’inscrire le média dans une ligne toujours plus radicale, il puise explicitement dans les registres antisémites et négationnistes assumés [6]. Il a été définitivement condamné à une quinzaine de reprises, dont au moins dix fois pour des écrits relevant de l’incitation à la haine raciale, de la contestation de crime contre l’humanité et/ou de l’injure raciste [7]. Après des années de débats et controverses, « Rivarol » perd ses avantages relatifs aux aides à la presse en 2022 [8] ; alors qu’un nombre croissant de distributeurs cessent sa vente [9], mi-2025 ce support de propagande et gagne-pain serait au bord de la faillite [10].


Sources.
[1] Robin D’Angelo et Yann Castanier pour « StreetPress », édition du 11 avril 2016 : « Jérôme Bourbon aime Pétain et les chaussettes de Jean-Marie Le Pen » (lien) ;
[2] Nolwenn Le Blevennec pour « le Nouvel Observateur », édition du 24 février 2016 : « Sur Twitter, l’antisémite Jérôme Bourbon sort de l’ombre » (lien) ;
[3] « Datagouv », édition du 6 janvier 2014 : « Élections cantonales 1998 – Résultats » (lien) ;
[4] David Régazzoni pour « le Progrès », édition du 8 mai 2016 : « Jérôme Bourbon, ce Jurassien devenu la plume de l’extrême-droite française » (lien) ;
[5] « Le Monde, édition du 19 juin 2013 : « Jean-Marie Le Pen définitivement condamné pour ses propos sur l’Occupation » (lien) ;
[6] « Les Inrockuptibles », édition du 7 octobre 2016 : « « Si ma fille épousait un juif, j’en serais malade »: l’antisemitisme décomplexé de Jérome Bourbon » (lien) ;
[7] « Le Monde » avec « AFP », édition du 10 décembre 2021 : « Le directeur du journal d’extrême droite « Rivarol » à nouveau condamné pour négationnisme » (lien) ;
[8] Pierre Plottu et Maxime Macé pour « Libération », « édition du 25 mai 2022 : « Le journal antisémite «Rivarol» perd enfin ses aides à la presse » (lien) ;
[9] Elsa de La Roche Saint-André pour « Libération », édition du 18 septembre 2023 : « Pourquoi le magazine d’extrême droite «Rivarol» est progressivement chassé des rayons des supermarchés » (lien) ;
[10] Robin D’Angelo pour « le Monde », édition du 13 juin 2025 : « L’hebdomadaire antisémite « Rivarol » au bord de la faillite » (lien).