La Caborne
Au début de l’année 2012 dans un village près de Besançon, apparaît l’association « la Caborne » [1]. Un nom qui entend faire référence à un abri vigneron typique de Franche-Comté, la « caborne » [1], mais qui, en réalité, se dit « caborde » dans la région [2] ; à cette erreur manifeste, les doutes se sont multipliés avec le site de la structure [1] : absence totale d’adresse physique ou de mentions légales ; reprises répétées de la « croix de Bourgogne » sur les visuels ; emploi régulier de concepts très spécifiques comme « l’enracinement » ou le « localisme » opposé au « mondialisme » et au « système » ; organisation d’une soirée thématique sur le royalisme, évocation du pèlerinage de Saint-Jacques de Compostelle, instauration d’un club de lecture très ancré sur le roman national intitulé « cercle Lacuzon », exhortation à des sorties de niche comme la « fête des Failles » [3], volonté de lancer des randonnées et autres journées de cohésion, citations de Pierre Rabhi… ; protagonistes portant des marques d’extrême droite sur le seul cliché disponible, etc.
Le procédé semble d’ailleurs suivre la stratégie d’implantation identitaire, visant à instaurer des réseaux en masquant toute visée militante sous une façade culturelle, environnementaliste, patrimoniale [1] [4] [5]. Après de longues investigations, la nature de cette émanation ne laissera aucun doute… Ses instigateurs sont identifiés [1], s’agissant de Vincent L., qui avait été une des chevilles ouvrières du futur « Front Comtois » [1] [6], ainsi que de Michaël G., sympathisant « Front National » (FN) originaire de Lyon [1] et Mathieu B., bourguignon connu pour son activisme [1] [7], les trois passés par des précédents [1] [8]. La bande expose également, toujours dans ce cadre, un tissu relationnel ultranationaliste, une action de soutien à « Fdesouche » ou encore le déploiement d’une banderole « contre le droit de vote des étrangers » [1]. Entièrement mise à nue dans un dossier paru en avril 2023 [1], la « Caborne » et ses petites mains stopperont leurs activités et par la même acteront aussi la disparition durable du milieu identitaire comtois.
Sources.
[1] Toufik-de-Planoise pour « Toufik-de-Planoise.net », édition du 21 avril 2013 : « Enquête sur « la Caborne » et la nébuleuse néo-fasciste en Bourgogne/Franche-Comté, quand des maisons de l’environnement et des traditions dissimulent des identitaires radicaux » (lien) ;
[2] « La langue française », édition du 8 septembre 2024 : « Caborde » (lien) ;
[3] Vincent Constant pour « France 3 Franche-Comté », édition du 17 janvier 2026 : « Une tradition « païenne » qui a traversé les âges : découvrez la fête des Failles, ce bûcher convivial qui fait fuir les mauvais esprits » (lien) ;
[4] Damien Dubuc pour « Slate », édition du 16 juillet 2012 : « L’extrême droite se donne un label bio » (lien) ;
[5] Clément Villaume pour « l’Âge de Faire », édition du 31 mars 2021 : « En Bourgogne, l’écologie d’extrême-droite prend racine » (lien) ;
[6] « Comité de vigilance antifasciste de Franche-Comté », août 2011 : « À propos du Front Comtois : quelques éléments en vue de la dissolution du groupuscule néonazi » (lien) ;
[7] Lilian Bonnard pour « Dijonscope », édition du 10 octobre 2012 : « Racisme anti-blancs : « Copé a brisé un tabou politico-médiatique » » (lien) ;
[8] « Dijonscope », édition du 28 septembre 2011 : « L’extrême droite se met aux paniers bio… » (lien).

