Jean-Marie Thiébaud
Jean-Marie Thiébaud (né le 21 novembre 1944 à Pontarlier) est un écrivain, généalogiste et médecin.
Notable de sa région, il fut notamment administrateur du « Centre hospitalier général de Pontarlier » de 1978 à 1998, fondateur de l’association « Conseil français d’héraldique » en 1984, titulaire de « l’Académie des sciences, belles-lettres et arts de Besançon et de Franche-Comté » à partir de 1987, président de la « Fédération française de généalogie » de 1993 à 1998, ou encore acteur du « Conseil supérieur des archives » de 1994 à 1998 [1] [2]. Russophile et écrivain prolifique, il passe une partie de sa vie comme expatrié dans des pays de l’ex-URSS et en rédaction de quelque soixante-dix ouvrages [1] [2]. Également attaché à la politique, il fut un temps adhérent du groupuscule d’extrême droite « Occident » [1] [2]. Il concourt ensuite à diverses élections, comme aux municipales à Pontarlier où il devient finalement maire-adjoint du « RPR » Roland Vuillaume de 1983 à 1989 [3]. Alors qu’il mène une existence a priori prospère et paisible, il apparaît à la fin des années 1990 comme le responsable d’une organisation dénommée « Grand ordre souverain des aigles noirs » [1] [2] : une formation paramilitaire aux inspirations néo-templières, avec initiation au survivalisme, séances de résistance à la torture et maniement aux armes à feu, dans le Doubs, en Ardèche et en Russie [1] [2]. Huit membres y sont identifiés en plus du gourou, dont trois sont militaires dans le secteur de Besançon [1] [2]. Destinée à former une « force européenne », la petite troupe se retrouvait en réalité surtout employée comme « service d’ordre » de certaines manifestations [1] [2]. L’entreprise s’arrête en 1998, à la suite d’une expédition punitive au domicile d’un sexagénaire francilien [1] [2] qualifiée de « guet-apens anti-homosexuel » [4]. Jean-Marie Thiébaud, ayant planifié l’opération et la coordonnant par téléphone, est condamné le 2 septembre 1999 par le tribunal correctionnel de Versailles, reconnu coupable des chefs de « vol avec violences, séquestration et dégradations » ; il écope de trois ans de prison dont dix-huit mois avec sursis, de 20 000 francs d’amende et d’une interdiction d’exercice de toute fonction publique pendant une durée de cinq ans [5]. Alors que les charges « d’association de malfaiteurs » s’achèvent par un non-lieu, un arrêté du 22 novembre 1999 l’exclut de la « légion d’honneur » [6] qu’il avait reçue des mains de Jacques Chirac le 12 avril 1998 [1] alors que le « Conseil régional de l’Ordre des médecins » lui inflige un simple blâme le 4 février 2000 [7].
Sources.
[1] Robert Christofoli pour « le Parisien », édition du 30 septembre 1998 : « Le médecin dirigeait un groupe paramilitaire » (lien) ;
[2] Marc Pivois pour « Libération », édition du 2 septembre 1999 : « Le notable gourou jouait les justiciers. Un médecin de Besançon, à la tête d’un groupe paramilitaire, est accusé d’avoir voulu venger un de ses adeptes » (lien) ;
[3] « L’Est républicain », 14 mars 1977 et 2 juin 1983 ;
[4] « Le Monde », édition du 3 septembre 1999 : « Le tribunal correctionnel de Versailles a condamné à des peines de prison les huit membres d’un « commando » anti-homosexuel » ;
[5] Marc Pivois pour « Libération », édition du 3 septembre 1999 : « Prison ferme pour le notable gourou » (lien) ;
[6] « Journal officiel », édition du 27 novembre 1999 (lien) ;
[7] Archives du Conseil régional de Bourgogne de l’Ordre des médecins, dossier 393 présidé par Camille Perreau.

