Médias

L’apport des médias a toujours été déterminent dans le concours aux atmosphères discriminantes, autoritaires et fascistes. En Franche-Comté, on se souvient, par exemple, de certaines unes, comme en septembre 1892, où déjà, à propos d’ouvriers d’origines savoyarde et italienne, on retrouvait des titres comme « trop d’étrangers » et « d’ennemis qu’on fait vivre au détriment de nos compatriotes » [1]. Un cas loin d’être isolé, de l’affaire Dreyfus aux soldats coloniaux [2] en passant par les revues de la collaboration [3]. Aujourd’hui, à quelques exceptions près, les principaux titres, sans être franchement d’extrême droite, versent encore dans une sociologie de dominant·e·s, des réflexes réactionnaires et de la communication préfectorale qui favorisent son expansion.

Dans la région, le journal « l’Est Républicain » cumule ainsi de nombreux dérapages : récit bidon fabriqué afin de viser les sans-abris [4], publication essentialisant la communauté asiatique [5], propos ironiques pour évoquer une agression sexuelle [6], relais de contenu antisémite [7], fakes-news sur les « gens du voyage » [8], rédaction d’un article négrophobe [9], hostilité contre l’écriture inclusive [10], propagation de rumeurs racistes [11], promotion de militants ultranationalistes sans mention de leur ancrage [12] [13], étalage des mentions « OQTF » [14], absence de modération quant aux réseaux sociaux [15], traitement à charge de manifestations antifas ou en faveur des droits du peuple palestinien [16] [17], ou encore harcèlement contre les voix critiques [18].

Une situation loin d’être isolée, touchant l’ensemble des structures « mainstream ». Illustration frappante, lors des municipales de 2025, avec la présentation d’une liste « Rassemblement National » (RN), dont le positionnement sera « omis » par « l’Est Républicain », « MaCommune.info », « France Bleu » et « Plein Air » [19]. Une banalisation naturelle, alors que les plateformes délétères entachent aussi directement le territoire, ainsi que le soulignent les origines jurassiennes de Jérôme Bourbon [20], à la tête de « Rivarol » et condamné une dizaine de fois pour incitation à la haine raciale ou contestation de crime contre l’humanité, de Laurent Obertone [21], aujourd’hui à « la Furia », ou de Pierre-René Lavier [22], ex-cadre de « Frontières » reconnu coupable de violences conjugales.


Sources.

[1] Jean-Pierre Gavignet et Lyonel Estavoyer, « Besançon autrefois », Le Coteau, Horvath, 1989, 175 pages, page 97 (ISBN 2-7171-0685-5) ;
[2] Toufik-de-Planoise pour « radio BIP », édition du 16 janvier 2023 : « « Tirailleurs » : une histoire nationale… et comtoise » (lien) ;
[3] Yves Faucoup pour le club de « Médiapart », édition du 8 septembre 2024 : « L’impunité d’une presse collabo (1) » (lien) ;
[4] Toufik-de-Planoise, publication « Facebook » du 31 décembre 2014 (lien) ;
[5] Philippe Sauter pour « l’Est Républicain », édition du 3 novembre 2015 : « Besançon : les Chinois remplissent les hôtels » (lien) ;
[6] Toufik-de-Planoise, publication « Facebook » du 3 février 2017 (lien) ;
[7] Le Bison Teint, publication « Twitter » du 14 août 2021 (lien) ;
[8] Toufik-de-Planoise pour « radio BIP », édition du 27 août 2021 : « Gens du voyage : à Quingey, la polémique de trop ? » (lien) ;
[9] Maurice Midena pour « Arrêt sur Image », édition du 26 mars 2022 : « « L’Est républicain » empêtré dans une affaire de « blackface » » (lien) ;
[10] Pierre Laurent pour « l’Est Républicain », édition du 13 mars 2023 : « Université de Franche-Comté : droit ou devoir de grève ? » (lien) ;
[11] Toufik-de-Planoise pour « radio BIP », édition du 27 août 2023 : « Besançon : disparition inquiétante, double fiasco populaire et médiatique » (lien) ;
[12] Toufik-de-Planoise pour « le Ch’ni », édition du 13 décembre 2024 : « Sur une cause féministe, « l’Est Républicain » se prend les pieds dans le tapis du mansplaining » (lien) ;
[13] Toufik-de-Planoise pour « le Ch’ni », édition du 5 septembre 2025 : « À Besançon, « France 3 » et « l’Est Républicain » offrent une tribune à un activiste épinglé pour ses discours antisémites et LGBT+phobes » (lien) ;
[14] Toufik-de-Planoise pour « le Ch’ni », édition du 2 mars 2025 : « Dans les médias locaux, les « OQTF » à toutes les sauces » (lien) ;
[15] Toufik-de-Planoise pour « le Ch’ni », édition du 24 mai 2025 : « Menacée de viol, Séverine Véziès doit aussi faire face à une vague de « victim blaming » » (lien) ;
[16] Toufik-de-Planoise pour « Dijoncter », édition du 2 octobre 2022 : « L’Est Répugnant, un exemple de journalisme républicain » (lien) ;
[17] Toufik-de-Planoise pour « le Ch’ni », édition du 25 juin 2025 : « À la suite d’un article de « l’Est Républicain », la région Franche-Comté renonce à ses vœux sur la Palestine » (lien) ;
[18] E .B., F.J. et W.G. pour « Dijoncter », édition du 16 novembre 2022 : « L’Est Républicain, du journalisme au règlement de compte » (lien) ;
[19] Toufik-de-Planoise pour « le Ch’ni », édition du 4 octobre 2025 : « Dans la presse locale, le « Rassemblement National » n’est déjà plus d’extrême droite » (lien) ;
[20] David Régazoni pour « l’Est Républicain », édition du 8 mai 2016 : « Un Jurassien à la tête de Rivarol, hebdomadaire d’extrême droite » (lien) ;
[21] Céline Trossat pour « Hebdo39 », édition du 11 juillet 2023 : « Invité de la semaine : Laurent Obertone » (lien) ;
[22] Marie Turchi pour « Médiapart », édition du 22 novembre 2023 : « Le secrétaire général du média d’extrême droite Livre Noir condamné pour violences conjugales » (lien).