Identitaires
Les rivalités idéologiques et pratiques au sein de l’extrême droite ont toujours été très fortes dans la région, avec pour effet une absence flagrante de tendances pourtant solides ailleurs en France. Les tensions internes au « Front comtois » en furent une bonne illustration, le groupuscule ayant été d’orientation identitaire à sa fondation en 2008 [1] avant de vite dériver dans une ligne franchement nationaliste révolutionnaire [2]. Les tentatives d’implantations parallèles ou postérieures n’en sont pas moins régulières, d’une section « Terre et Peuple » (T&P) tenue depuis des années par Olivier B. à Fondremand (Haute-Saône) [3], au projet de « la Caborne » sur Mamirolle (Doubs) en 2013 par Vincent L. [4], en passant par la relance de « Génération identitaire » (GI) en 2019-2020 via Brice M. à Vesoul [5] [6] [7]. Mais, globalement, ces approches sont restées très marginales.
À partir de 2016, on retrouve surtout « les Braves », seule structure véritablement massive et perenne de la filiation. Elle est fondée par le néonazi Daniel Conversano, afin d’établir une communauté de race strictement blanche en Europe [8] [9] [10]. Son émanation locale, « les Téméraires », est implantée en Bourgogne/Franche-Comté, depuis 2018 [11] [12]. Les activités concrètes se limitent néanmoins à des weekends de cohésion, escapades en montagne et autres exaltations du modèle familial traditionnel, autour d’une vingtaine de membres et sympathisant·e·s avec leurs enfants. Celleux-ci cultivent des liens étroits avec « Hélix Dijon » de Pierre-Antoine B. [13], la « Fraternité comtoise » d’Othilie F.-Z. [14], ou encore le « Rassemblement National » (RN) dont deux membres présents à une réunion en 2024 étaient visibles auprès de cadres.
Sources.
[1] Jacques Leclercq, Droites conservatrices, nationales et ultras dictionnaire 2005-2010, éditions L’Harmattan, 2010, page 223 ;
[2] Fred Jimenez pour « l’Est Républicain », édition du 22 mars 2013 : « Besançon : pourquoi une manifestation antifasciste samedi ? » (lien) ;
[3] « Fafwatch Franche-Comté », édition du 5 juin 2020 : « Le solstice néo-nazi aura t’il lieu ? » (lien) ;
[4] Toufik-de-Planoise pour « Toufik-de-Planoise.net », édition du 18 avril 2013 : « Enquête sur « la Caborne » et la nébuleuse néo-fasciste en Bourgogne/Franche-Comté : quand des maisons de l’environnement et des traditions dissimulent des identitaires radicaux » (lien) ;
[5] « Collectif Antifasciste de Besançon », édition du 20 juin 2020 : « Génération Identitaire : un comtois à Paris » (lien) ;
[6] « Fafwatch », édition du 9 mars 2021 : « Génération Identitaire déjà soluble dans le RN » (lien) ;
[7] D.F. pour « l’Est Républicain », édition du 15 mai 2021 : « Départementales 2021 : un « ex-Génération identitaire » candidat sous son vrai nom » (lien) ;
[8] Maxime Macé et Pierre Plottu pour « StreetPress », édition du 16 novembre 2021 : « Daniel Conversano, l’influenceur très très raciste qui adore Zemmour » (lien) ;
[9] Benoît Collombat pour « Radio France », émission du 2 avril 2022 : « Au nom de la race : bienvenue chez les suprémacistes français » (lien) ;
[10] Constance Derouin pour « Konbini », édition du 8 avril 2022 : « « Ma fille, je l’élève dans l’amour et dans le racisme » : qui se cache derrière le mouvement d’extrême droite Les Braves ? » (lien) ;
[11] « StreetPress », fiche « Les Téméraires – Les Braves » (lien) ;
[12] Éléonore Tournier pour « l’Est Républicain », édition du 13 mars 2024 : « Faire des enfants pour lutter contre le grand remplacement : le projet des Téméraires en Bourgogne Franche-Comté » (lien) ;
[13] Toufik-de-Planoise pour « Dijoncter », édition du 17 avril 2022 : « Parcours d’une égérie nationaliste, un fils de procureur adepte de ratonnades » (lien) ;
[14] Toufik-de-Planoise pour « le Ch’ni », édition du 14 mars 2025 : « À l’université Marie et Louis Pasteur, l’extrême droite en lice » (lien).

