Bikers

Le milieu des « bikers » attire l’extrême droite depuis ses origines, en particulier son volet « motard hors-la-loi » qui a pris de l’ampleur en France à partir des années 2010 [1] [2]. Une réalité visible à travers Serge Ayoub, militant dont les organisations « Jeunesses Nationalistes Révolutionnaires » (JNR) et « Troisième Voie » (TV) furent mêlées à des morts violentes comme le meurtre de Clément Méric en 2013 [3]. Après la dissolution de ses mouvements, il fonde les « MC Praetorians » en 2013, devenue branche des « Gremium Motorcycle Club » courant 2018 [4]. On y retrouve alors plusieurs comtois, tel Thibaut L. [4], Sébastien Favier dit Sanglier [5], ou les frères Julien et Marc Bettoni [5].

Mais suite à des brouilles internes consécutives au saccage de l’arc-de-triomphe durant l’acte III des gilets jaunes fin 2018, ces militants locaux prennent leur distance avec l’organisation [6]. Une guerre larvée subsiste et culmine en 2026, jusqu’à que Ayoub soit accusé de violences conjugales et de collaboration policière par ses ex-partenaires [6]. Entre-temps dans le secteur, le « Gremium MC » avait complètement périclité ; ne demeuraient qu’une poignée de sympathisants, formés autour d’un club-house investi début 2024 sur Dole par ce qui restait déjà de l’antenne d’Auxonne (Côte-d’Or) ; non sans quelques tensions chroniques, comme le 20 septembre 2025 avec des habitant·e·s du Mesnil-Pasteur [7].

Le gros des forces vives a donc tracé sa propre voie dans le Doubs, se rattachant au club « Bandidos » dès 2018 [5] [8] [9]. Une perspective notamment possible après les déboires judiciaires de la maison-mère à Dijon, entre possession d’armes, trafics de drogue et braquages [10] [11]. Si la structure se revendique « apolitique » et s’attèle surtout à des activités liées au crime organisé, le passé sulfureux de ses initiateurs [6] [12] et la reprise de la devise SS « notre honneur se nomme fidélité » en bannière [5] [9] alimentent le soupçon quant à ses orientations. Installés dans un hangar de Roche-lez-Beauprè, ses membres tentent de s’ouvrir en proposant des soirées à thème et parades de rue à Besançon.

Entre 2020 et 2022, on retrouvait également les « Fire Potatoes » dans leur local de Poligny. Un espace monté par Damien G., ex « Gremium » tatoué d’un « soleil noir », Thomas D., fan de symbolique du IIIe Reich, ou Malik F., néonazi convaincu [13] [14]. Là aussi, le parcours des tôliers et l’usage d’un logo « Totenkopf » n’accréditaient pas une « neutralité », avant que l’aventure ne s’arrête à l’orée 2023, faute de budget des bénévoles. Dans le Pays de Montbéliard, existait encore « DeerHead » jusqu’en 2024, une bande informelle d’ami·e·s, aussi portée sur le « Rock Anti-Communiste », dont l’une des figures a d’ailleurs joué pour le « Riot Krew » et n’a jamais caché ses saillies sur les réseaux sociaux.

On observe enfin des liens plus ou moins étroits, de la compagne d’un ancien « JNR » active à l’association « Bad girls » du coté de Vesoul, au concours de l’ex-coordinateur « Reconquête » (REC) pour le Doubs Fabrice Galpin, impliqué auprès du « Clan Vosegus » en Lorraine.

Sources.
[1] Stéphane Quéré pour « l’Observatoire des Criminalités Internationales », septembre 2024 : « Les gangs de motards, une réalité criminelle méconnue » (lien) ;
[2] « Le Parisien », édition du 22 avril 2012 : « La guerre des gangs de motards » (lien) ;
[3] Mathieu Molard et Mathias Destal pour « StreetPress », édition du 10 septembre 2010 : « Serge Ayoub, l’homme qui depuis 30 ans murmure à l’oreille des meurtriers » (lien) ;
[4] Julien Rieffel pour « StreetPress », édition du 23 novembre 2021 : « Règlement de comptes chez les bikers néonazis de Serge Ayoub » (lien) ;
[5] Julien Rieffel pour « StreetPress », édition du 21 décembre 2021 : « Des bikers néonazis s’installent à Besançon » (lien) ;
[6] Thierry Vincent et Gabriel Guenot pour « Blast », édition du 31 juillet 2026 : « Guerre des bikers : l’ex-skinhead néonazi Serge Ayoub, devenu biker, accusé d’être une « balance » » (lien) ;
[7] C.T. pour « le Progrès », édition du 23 septembre 2025 : « Dole : une altercation aux Mesnils-Pasteur entre des jeunes de la mosquée et des motards » (lien) ;
[8] Toufik-de-Planoise pour « Factuel.info », édition du 5 février 2020 : « À Besançon, trois nouvelles agressions attribuées aux néonazis » (lien) ;
[9] Valentin Collin pour « l’Est Républicain », édition du 16 décembre 2021 : « L’ombre de néonazis plane sur un groupe de motards » (lien) ;
[10] Angélique Négroni pour « le Figaro », édition du 13 août 2013 : « Sortie de route pour des Bandidos dijonnais » (lien) ;
[11] « Le Bien Public », édition du 20 juillet 2019 : « Vol d’une Harley : prison ferme pour le chef des bikers » (lien) ;
[12] Willy le Devin pour « Libération », édition du 29 mai 2014 : « Dans le Doubs, les frères néonazis ne jouent plus aux durs » (lien) ;
[13] « Le Jura Libertaire », édition du 12 mars 2013 : « À propos de la mouvance néonazie dans le Jura » (lien) ;
[14] Toufik-de-Planoise pour « le Ch’ni », édition du 1er août 2025 : « Projet « survivaliste » et « patriote » à Fontain : face aux dénégations, nos réponses » (lien).