LICRA
La « Ligue Internationale Contre le Racisme et l’Antisémitisme » (LICRA) essuie de très nombreuses critiques depuis quelques années, étant notamment accusée de promouvoir des idéologies et un agenda aux relents réactionnaires sous couvert d’antiracisme. La section Besançon/Franche-Comté n’échappe pas à ces polémiques, d’une invitation de l’essayiste controversé Jean-Paul Gourevitch en 2015 [1] au meeting de l’ancien député socialiste Joseph Pinard en 2020, dont la prise de parole sur le thème « fake-news et antisémitisme » était en fait presque exclusivement dédiée à brocarder les enseignant·e·s gauchistes, les militant·e·s altermondialistes ou encore les membres du « mouvement des gilets jaunes » [2]. Depuis, les dérapages analogues s’enchaînent…
Ce fut par exemple le cas lors d’une conférence le 9 décembre 2021 au lycée Pergaud de Besançon, où le président de l’époque n’a pas hésité à légitimer la peur de l’islam en la comparant avec l’arachnophobie, défendre l’intégration du racisme anti-blanc au même titre que les autres discriminations, ou faire le parallèle entre signes religieux tels que le voile et exhibition d’un drapeau du « Front national » (FN) [2] [3] ; lorsque des photographies ont été exhumées, montrant les dirigeants locaux prendre la pose en 2021 avec Mila Orriols et Amine El Khatmi [4] ; durant une marche organisée par l’association le 12 novembre 2023 à Besançon, avec le concours du « Rassemblement National » (RN) et de « Reconquête » (REC) [4] ; ou lorsqu’une de ses figures a participé à la banalisation de menaces de viols contre une référente « La France Insoumise » (LFI) [5].
Absente du terrain, la structure n’existe plus que par des communiqués visant à donner son avis sur des situations déjà documentées. Mais, d’abord dirigée contre la gauche [2], ses membres vont surtout s’attacher à traquer les « dérives » selon ses grilles de lecture. Dernier exemple, la production du rapeur Médine le 28 novembre 2024 au théâtre Ledoux [6] ; il fut ainsi épinglé pour un passif certes réel, mais dont il a fait depuis le mea culpa [7], au contraire de bien d’autres, bénéficiant d’une mansuétude inouïe de l’organisation, laquelle semble en réalité viser davantage l’artiste pour ses engagements « pro-palestiniens ». Quant aux descentes néonazies récurrentes dans la région, aux sorties de politiciens tels que L. Fagaut et J.-P. Allenbach, ou la venue de l’écrivain Sylvain Tesson [8], elle ne susciteront, cette fois, qu’un silence total.
Sources.
[1] Daniel Bordür pour « Factuel.info », édition du 18 novembre 2015 : « Migrations : une conférence contestée à Besançon » (lien) ;
[2] Toufik-de-Planoise pour « radio BIP/média 25 », édition du 25 février 2021 : « La LICRA de Besançon, une association très politique » (lien) ;
[3] Maxime Courché pour « l’Est Républicain », édition du 1er mars 2021 : « Laïcité au lycée : polémique après une conférence de la Licra » (lien) ;
[4] Toufik-de-Planoise pour « le Ch’ni », édition du 20 mai 2024 : « En pleine affaire Mila, la LICRA de Besançon sondée sur ses proximités avec l’extrême-droite » (lien) ;
[5] Toufik-de-Planoise pour « le Ch’ni », édition du 24 mai 2025 : « Menacée de viol, Séverine Véziès doit aussi faire face à une vague de « victim blaming » » (lien) ;
[6] Hélène L. pour « Macommune.info », édition du 16 novembre 2021 : « La Licra inquiète sur la présence du rappeur Médine à Besançon » (lien) ;
[7] Victor Vasseur pour « France Inter », édition du 23 août 2023 : « Le rappeur Médine sort du silence : « l’antisémitisme est un poison » qu’il combat « depuis longtemps » » (lien) ;
[8] Toufik-de-Planoise pour « le Ch’ni », édition du 24 avril 2025 : « Icône réactionnaire, Sylvain Tesson attendu à la librairie « Forum » de Besançon » (lien).

