Situation comtoise actuelle

À Besançon, le panorama reste marqué, dans l’esprit et la pratique, par l’influence du mouvement autonome, lequel se distingue, notamment, par une forte propension à l’autogestion, à l’horizontalité, à l’action directe, au réseautage affinitaire, ou à l’intersectionnalité [1]. Si bien que généralement, l’essentiel des forces mobilisées contre l’extrême droite ne s’inscrit pas dans une structure ou une mouvance donnée, mais se retrouve de manière régulière et massive, au moment des luttes [1]. Exemple durant l’été 2024, où les « soulèvements antifascistes », terme octroyé à la synergie spontanée qui s’est dressée face à la perspective d’un gouvernement « Rassemblement National » [2], ont pu convaincre des milliers de personnes, au-delà des dates syndicales et politiques, sans l’onction, l’encadrement et la récupération de ces centrales ou des autorités [3].

Depuis la disparition de la « Section Carrément Anti-Le Pen » (SCALP) en 2012 [4], plusieurs groupes locaux existent néanmoins en parallèle. Un relais avait ainsi été pris dans les années 2010 par le « Collectif Antifasciste de Besançon » (CAB), qui n’était toutefois plus constitué de militant·e·s, mais d’un consortium d’organisations peu investies ; si un suivi efficace avait été réalisé par quelques bonnes volontés, cette forme se révèlera être une impasse jusqu’à sa transformation en « Cellule Antifasciste Besançon » [5]. Souhaitant renouer avec un engagement concret et de terrain, « la Nuée » fut lancée fin 2020 avec des profils renouvelés ; toujours active, ses membres participent au travail d’information sur la fachosphère, à la convergence avec la cause palestinienne ou la défense des droits LGBT+, au nettoyage des graffitis et collages nationalistes, etc [6].

Ce souffle est ancré au sein d’autres territoires, avec, sur le Pays de Montbéliard, l’ouverture d’une antenne courant 2024 [6], ou, dans le Jura, la présence d’un milieu plus informel de longue date. Anticipant l’avènement d’une prise de pouvoir réactionnaire, des initiatives « institutionnelles » sont aussi apparues. C’est le cas de l’association « Comité pour Clément – Besançon » enregistrée fin 2024, qui administre le « Besac Antifa Fest » [7] et gère « l’OBservatoire de l’EXtrême droite » (OBEX) [8]. Dans le sillage du « Nouveau Front Populaire », on retrouve également des formations activistes plus policées mais combattives, comme à Belfort avec un groupe antifa et le « réseau entraide citoyenne » depuis 2025 [9]. Enfin, nombre d’entités, sans être spécifiquement antifa, affirment cette valeur, en complément d’un objet démocratique, féministe, anti-impérialiste…


Sources.
[1] Toufik-de-Planoise pour « le Ch’ni », édition du 8 juin 2024 : « À Besançon, plusieurs centaines de manifestant·e·s commémorent Clément Méric et les luttes antifascistes » (lien) ;
[2] C.M. pour « l’Est Républicain », édition du 13 juin 2024 : « Nouvelle manifestation des « soulèvements antifascistes » à Besançon ce jeudi soir » (lien) ;
[3] Toufik-de-Planoise pour « le Ch’ni », édition du 11 juin 2024 : « À Besançon, la jeunesse emmerde toujours le Front National » (lien) ;
[4] « SCALP Besak », édition du 27 novembre 2012 : « Auto-dissolution du Scalp Besak » (lien) ;
[5] « CABesançon », édition du 8 octobre 2023 : « Le CAB devient la « Cellule Antifasciste Besançon » » (lien) ;
[6] « La Horde », 2023 : « Groupes antifascistes en France » (lien) ;
[7] Martin Saussard pour « Hebdo 25 », édition du 31 mai 2025 : « Besançon. Un premier festival antifasciste Place Granvelle samedi 7 juin » (lien) ;
[8] Toufik-de-Planoise pour « le Ch’ni », édition du 9 janvier 2026 : « Un « observatoire de l’extrême droite en Franche-Comté », première mouture » (lien) ;
[9] Eva Chibane pour « le Trois », édition du 21 février 2025 : « Belfort : des « professionnels de la santé démocratique » dépistent les idées d’extrême droite » (lien).