Tiktokeurs

Divers « tiktokeurs » sont apparus ces dernières années, la plupart évoquant l’actualité, l’histoire ou la vie quotidienne. Mais d’autres empruntent une voie volontiers polémique et masculiniste, à travers des mises en scène et des interviews réalisées avec de simples passant·e·s en pleine rue. Sous couvert d’une question ingénue posée de façon tranchée sur un sujet sensible, ils tentent de faire passer des idéologies rétrogrades, en particulier concernant le féminisme [1].

C’est le cas d’Hugo T., « bodybuildeur » présent à Besançon, Dijon et Lyon. Ce fan d’Éric Zemmour interroge sur la grossophobie, le bodycount ou le travail du sexe, en jouant d’effets de surprise, d’allusions graveleuses/xénophobes ainsi que de répliques humiliantes pour faire monter le buzz [2]. Son comportement lui a valu d’être exfiltré d’un cortège antifa en 2024, des participant·e·s l’ayant signalé pour ses « positions » et « questions ambigües » quant à l’extrême droite.

On retrouve également « Micro.cafard » à Besançon et Dijon, sollicitant le tout-venant sous des intitulés équivoques… Comme « le plus gros red flag chez un mec/une meuf » le 10 juin 2025 avec des réponses misogynes sur une éventuelle prétendante qui « aurait trop tourné » [3], ou « en couple avec une fille ta réaction si tu découvres qu’elle est trans » le 21 avril 2025, en laissant certains intervenants déclamer leur haine, incluant des promesses de représailles physiques [4].

Il y a aussi, dans une moindre mesure, « Gohan_fit », encore surtout à Besançon, initialement très porté sur les séances de musculations et exhibitions de son corps. Il a toutefois sorti une vidéo prétendument « humoristique » le 8 mars 2025, pour [citation] « la journée de la femme », avec des propos à une comparse hors-champs du genre « demain retour à la normale, j’me lève à 11h00, donc la bouffe sera prête à midi, et le ménage l’après-midi à fond » [5].

Devenues des starlettes, quelques « influenceurs » passent par la région sous l’égide d’entreprises peu scrupuleuses. Ce fut le cas de la boîte de nuit « la Première » à Pontarlier, qui, le 21 février 2025, a invité « Adrien Laurent » [6], malgré l’opposition de féministes [7], des accusations de VSS [8], ou des prestations sexualisées très critiquées [9], le tout depuis complété par des proses nationalistes exprimées fin 2025 et reprises par « Valeurs Actuelles » [10].


Sources.
[1]
« Radio France » édition du 12 février 2024 : « Masculinistes sur TikTok, le mâle-être 2.0 » (lien) ;
[2] Margaux Nourry pour « Lyon People », édition du 1er mai 2025 : « Influenceurs lyonnais. Hugo Tournier, le bodybuilder sarcastique » (lien) ;
[3] « Micro.cafard », publication « TikTok » du 10 juin 2025 : « Le plus gros red flag ? » (lien) ;
[4] « Micro.cafard », publication « TikTok » du 21 avril 2025 : « Ta réaction si Ton / Ta partenaire était trans ? » (lien) ;
[5] « Gohan_fit », publication « TikTok » du 10 mars 2025 : « Resto du 8 mars pour la journée de la femme on pense à vous » (lien) ;
[6] Toufik-de-Planoise pour « le Ch’ni », édition du 14 février 2025 : « À Pontarlier, une soirée « Tanaland » et des guest-stars mises en cause pour VSS » (lien) ;
[7] Laurie Marsot pour « l’Est Républicain », édition du 27 février 2025 : « L’influenceur AD Laurent se produit en discothèque, des clientes dénoncent une prestation « choquante et avilissante » » (lien) ;
[8] « France info », édition du 21 mars 2024 : « L’influenceur AD Laurent visé par une plainte pour viols » (lien) ;
[9] Francisco Carvalho da Costa pour « 20 Minutes », édition du 20 septembre 2024 : « Une soirée pour adultes avec AD Laurent en invité passe mal » (lien) ;
[10] « Valeurs Actuelles », édition du 12 décembre 2025 : « « On va garder les crèches, les marchés de Noël » : l’influenceur AD Laurent rappelle qu’ »on est en France, on est chez nous » » (lien).