Mouvement Franche-Comté

Créé en 2006 par Jean-Philippe Allenbach [1], le « Mouvement Franche-Comté » (MFC) est passé d’une lutte axée sur l’émergence d’alternatives régionalistes face à un pays hyper-centralisé à la défense de préoccupations sociales et politiques aux relents volontiers ultraconservateurs [2]. Si son inspiration géopolitique et économique reste ainsi dominée par des idées très libérales, le volet sociétal se concentre aujourd’hui sur le rejet de toute forme de progressisme [2].

Comparaison entre hommage à George Floyd et serment d’allégeance à Philippe Pétain [2] [3] [4], Rokhaya Diallo renvoyée aux « discours des dirigeants du IIIe Reich » [2] [5], diffusion de fake-news islamophobes [2], défense des valeurs chrétiennes de Noël [6], piques quotidiennes contre les « soviets » [7] et autres « wokes » [8], allégation de « racisme anti-blanc et vieux » à l’encontre d’un élu ayant rappelé sa condition sociale [9], en sont autant d’illustrations.

Aussi, la structure, qui se résume à son fondateur et quelques ouailles, est présente aux élections locales, de manière autonome ou associée, toujours à droite. Aux municipales de 2020 à Besançon, sa liste a ainsi obtenu 2,18 % des suffrages lors du premier tour avant de rejoindre un Ludovic Fagaut encensé pour 2026 [10] [11]. Un concours qui vaudra dix-huit mois d’inéligibilité à son chef, après que le tribunal a constaté des manquements relatifs aux comptes de campagne [12].

Après avoir, un temps, fait mine de s’opposer au « Rassemblement National » (RN) [13], appelant à voter contre encore en 2024 bien qu’uniquement pour des considérations régionalistes [14], l’organisation et son président achevaient leur mue, en exhortant, début 2026, à une alliance des droites aux municipales de Besançon, entre la liste « les Républicains » (LR) de Ludovic Fagaut, à laquelle ils se sont associés, à celle du « RN » portée par Jacques Ricciardetti [15] [16].


Sources.

[1] Virginie Ballet pour « Libération », édition du 3 août 2015 : « Un mouvement franc-comtois fondu de la Suisse » (lien) ;
[2] Toufik-de-Planoise pour « Dijoncter », édition du 10 décembre 2021 : « Jean-Philippe Allenbach, prophète du vide » (lien) ;
[3] « L’Est Républicain », édition du 19 juin 2020 : « Anne Vignot s’estime diffamée par Jean-Philippe Allenbach » (lien) ;
[4] « Plein Air », édition du 20 juin 2020 : « Besançon / Municipales : Jean-Philippe Allenbach retire la photo d’Anne Vignot » (lien) ;
[5] Philippe Sauter pour « l’Est Républicain », édition du 18 novembre 2021 : « Polémique autour de la venue de l’essayiste Rokhaya Diallo » (lien) ;
[6] Romain Herreros pour le « Huffington Post », édition du 28 novembre 2021 : « Éric Ciotti accuse (à tort) la maire écolo de Besançon de « déconstruire » Noël » (lien) ;
[7] Serge Lacroix pour « l’Est Républicain », édition du 5 juillet 2020 : « Allenbach, Fagaut : bienvenue en 1950 ! » (lien) ;
[8] E.T. pour « l’Est Républicain », édition du 12 décembre 2022 : « Besançon : Allenbach is back ! Tremble, woke… » (lien) ;
[9] Alexane pour « MaCommune.info », édition du 3 septembre 2025 : « Le Mouvement Franche-Comté dépose plainte contre L’Humanité et Hasni Alem » (lien) ;
[10] Catherine Chaillet pour « l’Est Républicain », édition du 12 juin 2020 : « Ludovic Fagaut et Jean-Philippe Allenbach, l’alliance enfin » (lien) ;
[11] Alexane pour « MaCommune.info », édition du 3 octobre 2025 : « Municipales à Besançon : Allenbach « prêt » à soutenir une liste d’union du centre droit de Fagaut » (lien).
[12] Guillaume Ptak pour « France 3 Franche-Comté », édition du 13 mars 2021 : « Jean-Philippe Allenbach condamné à 18 mois d’inéligibilité par le Tribunal Administratif de Besançon » (lien) ;
[13] « Factuel.info », édition du 18 juin 2019 : « Jean-Philippe Allenbach découvre le culot du RN » (lien) ;
[14] « L’Est républicain », édition du 12 juin 2024 : « Le Mouvement Franche-Comté appelle à voter contre le RN » (lien) ;
[15] « Plein Air », édition du 11 janvier 2026 : « Municipales à Besançon : le Mouvement Franche‑Comté presse la droite de s’unir » (lien) ;
[16] Frank Roussel pour « l’Est républicain », édition du 12 janvier 2026 : « À Besançon, Allenbach veut briser le tabou de l’union des droites » (lien).