Alliance VITA/Futures Mamans/Le Nid
Alliance VITA.
« Alliance VITA » est une association catholique conservatrice fondée en 1993 par Christine Boutin, souhaitant porter ses causes au-delà des sphères strictement ecclésiastiques. Hostile à l’IVG, aux questions LGBT+, aux idées féministes, à l’euthanasie, ou dernièrement au « transhumanisme », elle fut au centre de diverses controverses concernant ses « lignes d’écoute » anti-avortement [1], la nature de ses interventions en milieu scolaire [2] ou sa campagne d’affichage dans le métro parisien [3]. En Franche-Comté, elle s’était particulièrement distinguée en 2012-2013 pour sa forte opposition au « mariage pour tous » [4] [5].
Dans la région, elle reste active sur Besançon et de manière plus modeste à Belfort, entretenant des liens étroits avec le diocèse ; son actuel responsable en est d’ailleurs un fervent serviteur, officiant au chapitre Saint-Jean et à la radio « RCF » [6]. Elle fait toutefois aussi l’objet de vives confrontations, en particulier à Besançon, comme le 15 novembre 2018, lors d’un tractage contre la PMA/GPA, ou le 30 janvier 2023, à l’occasion d’une conférence sur la « bioéthique » avec des thématiques et des invité·e·s lourdement critiqués [6], ces deux actions étant, comme ailleurs en France [7], perturbées par des antifascistes [8].
SOS Futures Mamans.
« SOS Futures Mamans » est une association d’obédience catholique, lancée en 1974 par un assureur suisse désireux de mettre sa foi au service des plus infortuné·e·s [9]. Mais, derrière l’œuvre de bienfaisance inconditionnelle, se cache un réseau clairement défavorable à l’IVG [9] [10]. Si une charte adoptée en 1998 était explicite sur le sujet, une nouvelle version parue en 2009 résume cette même position en une simple volonté de préserver la vie de l’embryon à l’accouchement [9]. La structure est essentiellement présente en Suisse, avec une trentaine de sites, mais elle a compté jusqu’à deux antennes françaises exclusivement installées en Franche-Comté [9].
Celle de Besançon a été active de 2009 à 2023, mais, entièrement liée à la traditionaliste « Fraternité Sacerdotale Saint-Pierre » elle fut vite entachée de polémiques qui l’ont enterrée jusqu’à sa disparition [9] [11]. Il ne reste donc aujourd’hui plus que la section de Pontarlier, première extension ouverte en 2006 [9]. Particulièrement bien implantée dans le Haut-Doubs, elle bénéficie d’un appui significatif de l’église officielle : larges financements des « Œuvres hospitalières françaises de l’ordre de Malte », promotions régulières du diocèse, collectes sous le sceau de la diaconie, interventions lors de messes, responsables et bénévoles très majoritairement lié·e·s au doyenné [9]…
Mouvement du Nid.
Le « Mouvement du Nid » est une association prohibitionniste, qui lutte contre le « système prostitutionnel » et nie le concept de travail du sexe. Ses bases furent lancées par le prêtre André-Marie Talvas en 1946, dans une œuvre missionnaire qui irrigue encore fortement la structure [12]. Elle trouve un écho auprès des moralistes de droite et de gauche parfois uni·e·s autour de positions aux relents également islamophobes et LGBT+phobes [13], amenant par exemple l’une de ses ambassadrices, Florence Montreynaud, à ouvrir un réseau notamment fondé sur l’hostilité au port du foulard et au « transactivisme » [14] [15].
Alors que le diocèse local loue ses mérites, le siège de la délégation régionale se trouve dans une extension de l’église Saint-Maurice à Besançon depuis 1988 [16]. Très soutenue par les pouvoirs publics et la presse grand public, ses membres organisent régulièrement des dates et participent aux journées du 25 novembre et du 8 mars [17]. Leur présence est toutefois de plus en plus contestée sur le terrain, en particulier par les milieux féministes intersectionnels, qui multiplient désormais les protestations visant tout discours « putophobe » comme lors d’une conférence le 14 mars 2023 [16] ou d’un colloque le 7 octobre 2024 [18].
Sources.
[1] Samuel Laurent pour « le Monde », édition du 28 septembre 2015 : « Comment les anti-avortement pratiquent la désinformation sur le Web » (lien) ;
[2] Stéphane Kovacs pour « le Figaro », édition du 17 avril 2014 : « Soupçons de «dérives intégristes» au lycée Gerson: Alliance Vita se défend » (lien) ;
[3] Viginie Ballet pour « Libération », édition du 3 janvier 2020 : « Une campagne controversée d’Alliance Vita va être retirée des gares parisiennes » (lien) ;
[4] Isabelle Brunnarius pour « France 3 Franche-Comté », édition du 23 octobre 2012 : « Alliance Vita, une association « pro-vie » manifeste à Besançon » (lien) ;
[5] Daniel Bordür pour « Factuel.info », édition du 24 janvier 2013 : « « La question des enfants et de la filiation est posée » » (lien) ;
[6] Toufik-de-Planoise pour « le Ch’ni », édition du 9 août 2024 : « À Besançon, l’ombre persistante des anti-IVG » (lien) ;
[7] Pascal Simon pour « Ouest France », édition du 14 janvier 2020 : « Un blessé et cinq plaintes déposées après l’action LGBT contre Alliance Vita » (lien) ;
[8] Toufik-de-Planoise pour « radio BIP/média 25 », édition du 31 janvier 2025 : « Besançon : la conférence pro-vie d’Alliance VITA perturbée par des manifestant.e.s » (lien) ;
[9] Toufik-de-Planoise pour « le Ch’ni », édition du 9 août 2024 : « SOS Futures Mamans, œuvre sociale ou lobby anti-IVG ? » (lien) ;
[10] Marianne Ebel pour « Solidarités », édition du 12 décembre 2002 : « Droit à lavortement: jouer cartes sur table ! » (lien) ;
[11] Le Bison Teint, édition du 12 décembre 2012 : « BVV et SOS Futures Mamans : la ville de Besançon fait son discret mea culpa » (lien) ;
[12] Camille Aubourg pour « l’Ami Hebdo », édition du 30 octobre 2024 : « Le Nid : « En se fiant à nous, elles se fient à Dieu » » (lien) ;
[13] Thierry Schaffauser pour « Libération », édition du 8 janvier 2020 : « Transphobie et homophobie des prohibitionnistes, la complaisance de Schiappa » (lien) ;
[14] Florence Montreynaud pour « le club de Médiapart », édition du 7 mars 2022 : « Les Chiennes de garde et Zéromacho lancent le Front féministe » (lien) ;
[15] Natacha Devanda pour « Charlie Hebdo », édition du 9 mars 2022 : « Florence Montreynaud : « Il faut faire de la résistance face aux transactivistes, aux pro-prostitution et aux pro-voile » » (lien) ;[16] Toufik-de-Planoise, publication « Twitter » du 14 mars 2023 (lien) ;
[17] Toufik-de-Planoise pour « le Ch’ni », édition du 16 novembre 2024 : « 25 novembre : À Besançon, une convergence des luttes qui se cherche toujours » (lien) ;
[18] Toufik-de-Planoise pour « le Ch’ni », édition du 7 octobre 2024 : « Polémique autour d’un colloque sur la prostitution » (lien).

