Armée
Si les liens entre forces armées et extrême droite sont notoires quels que soient les lieux et époques, une bascule est visible à travers les choix électoraux qui penchent vers le « Rassemblement National » (RN) [1]. Une problématique également palpable par le nombre d’uniformes incitant à la haine, posant avec des insignes relatifs au IIIe Reich ou signant des tribunes aux relents putschistes [2]. En Franche-Comté, aussi, on relève des cas, comme l’auteur de l’attentat du cinéma le « Building », le 3 octobre 1988, intégriste et candidat lepéniste alors lieutenant de réserve [3]. Plus récemment, des convergences s’observent à nouveau.
Ainsi, bien des personnalités, dont beaucoup sont désormais ralliées ou à proximité de la formation « Vandal Besak » (VDL BSK), ont un passif militaire, parfois significatif. C’est le cas de Sébastien F., ancien légionnaire [4] ; de Teddy M., toujours engagé auprès du 2e régiment à Calvi [5] ; de Lukas C. et plusieurs de ses compères, au 35e régiment de Belfort jusqu’en 2024 [6] [7] ; de Romain J., dont la mission n’a pas été renouvelée après de multiples condamnations dès 2023 [8] ; ou de Julien B., engagé volontaire de 1999 à 2003 présent au Kosovo. Mais, aussi, de plusieurs « seconds couteaux », tels Kevin S. ou Kevin M..
D’autres, encore, se sont essayés à des divisions étrangères, comme Philippe T., néonazi, ayant combattu en Ukraine au sein de la « division Azov » courant 2014 [9]. On retrouve également d’anciens bidasses sympathisants d’idéologies radicales sans adhésion précise, à l’instar de Guenaël S., ex-caporal passé par le 3e régiment de Kourou, qui escomptait lancer un projet « survivaliste et patriote » en 2025 près de Besançon [10]. Certains, enfin, sont aussi scandaleux qu’énigmatiques, dont ce lycéen, en école de prépa pour Saint-Cyr, inquiété après avoir effectué un salut hitlérien au musée de la résistance en 2025 [11].
Sources.
[1] Franck Johannès pour « le Monde », édition du 30 avril 2021 : « Quatre militaires sur dix votent pour l’extrême droite » (lien) ;
[2] Florent le Du pour « l’Humanité », édition du 13 avril 2023 : « Fascisme dans l’armée et la police : le gouvernement ferme les yeux » (lien) ;
[3] « Le Monde », édition du 22 novembre 1988 : « Inculpation à Besançon après l’attentat contre un cinéma où était projeté la Dernière Tentation du Christ » (lien) ;
[4] Sarah Rebouh pour « France 3 Franche-Comté », édition du 24 mars 2021 : « Devant le tribunal, le Bisontin « Sanglier », proche de la mouvance néo-nazie, nie avoir dégradé l’Arc de Triomphe » (lien) ;
[5] Sébastien Bourdon et Matthieu Suc pour « Médiapart », édition du 8 juillet 2020 : « Des néonazis font carrière dans l’armée française » (lien) ;
[6] Christophe-Cécil Garnier pour « StreetPress », édition du 6 septembre 2023 : « Drapeau nazi et appel à « nettoyer le pays », des militaires néonazis au régiment de Belfort » (lien) ;
[7] Thomas Portes, « Assemblée Nationale » du 26 septembre 2023 : « Question écrite n° 11517 : Racisme au sein de l’institution militaire- 35e régiment d’infanterie de Belfort » (lien) ;
[8] Toufik-de-Planoise pour « le Ch’ni », édition du 13 juillet 2025 : « Romain Jacquinot, une histoire de l’extrême droite comtoise » (lien) ;
[9] Toufik-de-Planoise pour « le Ch’ni », édition du 19 juillet 2024 : « À Besançon, « une véritable armurerie » découverte chez un néonazi » (lien) ;
[10] Toufik-de-Planoise pour « le Ch’ni », édition du 11 juillet 2025 : « Près de Besançon, un projet « survivaliste » et « patriote » qui interroge » (lien) ;
[11] Valentin Collin pour « l’Est Républicain », édition du 6 juillet 2025 : « Un lycéen de 18 ans effectue un salut nazi au musée de la Résistance et de la Déportation » (lien).

