Atteintes en 2021

Entre le 1er janvier et le 31 décembre 2021, voici une liste non-exhaustive des différentes atteintes documentées, aux biens ou aux personnes, sur la région Franche-Comté, liées à l’extrême droite ou à ses idéologies.

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– En janvier 2021 à Ronchamp (Haute-Saône), le conseiller municipal et représentant du « Parti de la France » (PDF) Christophe Devillers prononce la phrase « foutons-les dehors tous ces bougnoules », lui valant une exclusion de son organisation et une condamnation pénale (source).

– Le 20 janvier en Haute-Saône, un individu lié au groupuscule terroriste « les Barjols » est arrêté et entendu par la « DGSI ». Membre d’une cellule armée d’extrême droite, il est alors soupçonné, avec trois autres personnes, de préparer des attentats en France (source).

– Le 1er février à Besançon (Doubs), Philippe T., militant néonazi, connu pour avoir combattu sur le front du Dombass, agresse un jeune entrepreneur. Il est roué de coups, sous des insultes racistes. L’auteur écopera de deux ans de prison, dont six mois avec sursis (source).

– Le 6 février à Vesoul (Haute-Saône), une polémique éclate autour d’une opération anti-stupéfiants au cours de laquelle un policier a opéré revêtu d’une djellaba. Alors que les habitant·e·s du quartier de Montmarin dénoncent une provocation, hiérarchie et syndicats ont évoqué une initiative, certes personnelle, de l’agent mais prescrite par la déontologie et les nécessités de l’opération sur le terrain (source).

– Le 22 février à Besançon (Doubs), une pétition est lancée contre un projet d’installation de « Gens du voyage ». La création de deux terrains familiaux est en effet envisagée au sein du quartier de la Grette, entraînant la colère de certain·e·s riverain·e·s qui tentent alors de mobiliser l’opinion. Souhaitant rester anonyme, l’initiateur de cette fronde affirme avoir reçu l’aval d’une centaine de signataires… Allant jusqu’à envisager de porter l’affaire en justice. Le site, qui comprend plusieurs bâtiments désaffectés, est alors recouvert de graffitis hostiles et visant explicitement la communauté (source).

– Le 4 avril à Besançon (Doubs), un homme dénonce une agression sur fond raciste commise par deux voisins. Frappé à plusieurs reprises pour des motifs futiles, il aurait été copieusement insulté notamment par la phrase « musulman rentre dans ton pays ». Une plainte a été déposée (source).

– Le 21 avril à Dole (Jura), un père de famille est volontairement renversé par un homme qui le traite de « sale bicot ». Bernard D., soixante-dix ans, rodait autour du domicile d’Adil, quarante-deux ans. Ce dernier, profitant de son jardin avec sa femme et ses enfants, constate que le retraité, qui n’est pas un riverain, prend les lieux en photo. Le questionnant sur sa présence, menaces et insultes racistes fusent en guise de seules réponses. Feignant de repartir, l’agresseur revient avec son véhicule quelques instants plus tard, en fonçant à vive allure et délibérément sur le quarantenaire. Le conducteur terminera sa course dans la palissade de la maison, la victime gravement blessée sur le capot. Prise en charge du plaignant, « disparition » des propos racistes lors de l’instruction, poursuites de la victime, mandat de dépôt prononcé en première instance qui ne sera jamais exécuté pour de prétendus « problèmes techniques », le commissariat de Dole comme le parquet de Lons-le-Saunier seront mis en cause pour leur vision jugée très partiale dans cette affaire. Condamné en première instance puis en appel, le principal accusé écope finalement de trois ans de prison dont deux ferme, aménageables (source).

– Le 25 avril à Montbéliard (Doubs), un homme de vingt-quatre ans accusé de violences conjugales traite un des gendarmes dépêchés sur place de  « sale nègre » et « d’enculé de nègre ». Pour l’ensemble de ces faits, le père de famille écopera de six mois de prison avec sursis (source).

– Le 3 mai à Belfort (Territoire-de-Belfort), un policier dessine une croix gammée géante sur le toit de la maison de son père. Brigadier-chef de la « CRS » de Mulhouse et responsable régional du syndicat « UNSA », l’intéressé avait plaidé un hasard sans doute causé par le vent. Malgré une peine de huit mois de prison requise pour « apologie de crime contre l’humanité », les faits ont été requalifiés en « exposition d’uniformes, d’insignes ou d’emblèmes rappelant ceux d’organisations ou de personnes responsables de crimes contre l’humanité  » donnant lieu à une simple amende de 1 500 euros. Seulement quelques jours après sa condamnation, le fonctionnaire s’est vu proposé une promotion comme major… Finalement retirée in-extremis (source).

– Le 4 mai à Amancey (Doubs), un individu membre du groupe néonazi « Honneur et Nation » est arrêté et entendu pour « association de malfaiteurs terroriste criminelle ». Proche du complotiste Rémy Daillet-Wiedemann, il aurait participé à l’organisation visant à l’enlèvement d’une enfant et préparé des actions violentes, notamment à l’encontre d’une loge maçonnique (source).

– Le 13 juin à Belfort (Territoire-de-Belfort), un homme tente de renverser deux femmes près d’une mosquée en scandant des propos islamophobes. Il écope de douze mois d’emprisonnement dont six avec sursis, pour « violence avec usage d’arme par destination » (source).

– Le 21 juin à Belfort (Territoire-de-Belfort), un automobiliste ivre insulte des tiers sur la voie publique, notamment avec une prose raciste. Il sera condamné à six mois de prison (source).

– Les 27 juin et 4 juillet à Besançon (Doubs), un passage piéton « arc-en-ciel » est dégradé par l’inscription d’une croix gammée puis d’une insulte homophobe (source).

– Le 17 juillet à Besançon (Doubs), un journaliste de « radio BIP/Média 25 » est agressé par un néonazi en marge d’une manifestation contre le pass sanitaire. Une plainte a été déposée (source).

– Le 23 juillet à Bersaillin (Jura), les inscriptions « SS » et « Heil Hitler » ont été inscrites sur un abribus de la commune (source).

– Le 13 août à Brognard (Doubs), un tag reprenant le cri des croisés « Deus vult » et la formule antisémite « qui ? » est découvert (source).

– Le 14 août à Besançon (Doubs), un groupuscule néonazi est présent lors des manifestations anti-pass sanitaire. Plusieurs d’entre eux brandiront des pancartes à connotation antisémite, motivant une plainte de la « LICRA ». Ils seront expulsés du cortège par les participant·e·s (source).

– Le 24 août à Quingey (Doubs), une polémique éclate concernant l’installation de « Gens du voyage » immédiatement accusé·e·s d’avoir commis de prétendues dégradations (source).

– Le 13 septembre à Besançon (Doubs), plusieurs graffitis signés « GUD » sont réalisés dans le quartier Rivotte/Près-de-Vaux. Une plainte a été déposée (source).

– Les 7 et 20 novembre à Pontarlier, Montlebon et Besançon (Doubs), quatre mosquées sont taguées de « croix de Lorraine ». L’auteur, Quentin L.D., s’avère être un ancien cadre du « Rassemblement National », qui sera condamné à dix-huit mois de prison avec sursis (source).

– Le 20 novembre dans l’Eure, deux individus dont un caporal de Belfort sont arrêtés pour un refus d’obtempérer. Suivis pour leur adhésion à la mouvance néonazie et survivaliste, les perquisitions réalisées donneront lieu à la saisie de centaines d’armes et de documents liés à l’extrême-droite. Le militaire avait déjà fait l’objet d’une sanction pour son militantisme (source).

– Le 23 novembre à Saint-Didier (Jura), un membre du groupe « Recolonisation France » est arrêté et entendu. Le coup de filet visait toute la France, le mouvement surtout constitué de militaires étant suspecté d’être un groupe de combat (source).

– Le 30 novembre à Besançon (Doubs), une statue dédiée en l’honneur de la féministe Henriette de Crans est vandalisée par de la peinture, alors que des croix gammées ont été gravées à proximité. Une plainte a été déposée (source).