Autres tropismes internationaux

La fidélité à certains pouvoirs est une caractéristique forte de l’extrême droite, qui peut se reconnaître dans les politiques menées à travers le monde, qu’elles soient autoritaires, xénophobes, religieuses, ultralibérales ou prétendument anti-impérialistes. Au-delà du conflit russo-ukrainien, du régime turc et de la question palestinienne, bien d’autres allégeances, détestations et manifestations sont notables, y compris en Franche-Comté.

Dans les sphères nationalistes-révolutionnaires, complotistes et pacifistes, la vision d’une « hégémonie atlantiste » pousse ainsi au soutien de toute puissance vue comme opérant une résistance aux velléités états-uniennes… Irak de Saddam Hussein, Libye de Mouammar Kadhafi, Syrie de Bachar el-Assad, Iran de Mahmoud Ahmadinejad, Venezuela d’Hugo Chávez, ont, par exemple, fait l’objet d’éloges de partisan·e·s « souverainistes ».

Une lecture qu’on retrouve encore aujourd’hui au niveau local, à travers le relais de Michel Collon par des référent·e·s de partis et syndicats se réclamant de la gauche [1], l’expression du groupuscule « Égalité et Réconciliation » (E&R) sur Belfort/Montbéliard [2] ou plus modestement via des courants qui se disent « pour la paix » quitte à renvoyer l’ensemble des belligérants dos-à-dos comme dans le cas de Volodymyr Zelensky et Vladimir Poutine.

Chez les islamistes proches des « Frères Musulmans », cette vision est complétée par le tropisme confessionnel. Égypte sous Mohamed Morsi jusqu’au coup d’État de 2013, Tunisie cogérée par « Ennahdha » puis incarnée par Kaïs Saïed, Syrie depuis l’avènement d’Ahmed al-Charaa, Turquie de Recep Tayyip Erdoğan, forment autant d’espoirs et de débats, comme le 17 février 2024 à travers le micro du « collectif Palestine de Besançon » [1].

Depuis les élections de Donald Trump, d’autres affichent une approbation publique du président sur Besançon… Durant les « gilets jaunes », un binôme distribuait des numéros « d’Epoch Times » ; le 20 septembre 2021 lors d’un cortège contre le « pass sanitaire », un participant portait une casquette « WWG1WGA » [3] ; à l’occasion du salon annuel « Bien-Être, Bio & Spiritualité », son organisateur n’a pas davantage caché ses sympathies [4].

Une sympathie qui s’est aussi confirmée chez les monarchistes iranien·ne·s, partisan·e·s de la dynastie Pahlavi [5]. Lors des révoltes contre la république islamique, plusieurs dizaines d’entre elleux ont manifesté, comme le 17 janvier 2026 à Besançon, affichant leur proximité avec l’extrême droite, multipliant les discours identitaires ou exhortant à une intervention de Trump et reprenant sa formule « MAGA » adaptée en « Make Iran Great Again » [6] [7].

Avec la vague réactionnaire touchant le Brésil, les Philippines, le Salvador, l’Argentine, l’Inde, la Pologne, la Hongrie, ou encore l’Italie, les inspirations ne manquent pas [8]. Quelques-un·e·s procèdent encore à un « retour aux sources », à l’instar de ressortissant·e·s du Maroc et d’Algérie exprimant un patriotisme exacerbé visant toute critique de ces nations, en particulier à l’égard de démocrates ou de minorités sahraouies et kabyles [9].


Sources.

[1] Toufik-de-Planoise pour « le Ch’ni », édition du 22 octobre 2024 : « Le Collectif Palestine de Besançon questionné sur ses complaisances antisémites » (lien) ;
[2] Toufik-de-Planoise pour « le Ch’ni », édition du 6 janvier 2025 : « Sur Belfort/Montbéliard, le groupuscule « Égalité et Réconciliation » annonce la tenue d’une conférence » (lien) ;
[3] Toufik-de-Planoise pour « radio BIP/média 25 », édition du 20 septembre 2021 : « Pass sanitaire : 1 500 manifestants à Besançon » (lien) ;
[4] Toufik-de-Planoise pour « le Ch’ni », édition du 11 avril 2025 : « Médecines alternatives, théories du complot et ancrages à l’extrême droite… À Besançon, un salon qui pose question » (lien) ;
[5] Nejma Brahim et Lucie Delaporte pour « Mediapart », édition du 17 janvier 2026 : « « Nous vaincrons ! » : En France, la diaspora iranienne retient son souffle » (lien) ;
[6] Toufik-de-Planoise pour « le Ch’ni », édition du 17 janvier 2026 : « Pour la Révolution iranienne, un peu de solidarité et beaucoup de confusion » (lien) ;
[7] Valentin Collin pour « l’Est Républicain », édition du 17 janvier 2026 : « « Il faut une intervention extérieure » : à Besançon, une mobilisation pour soutenir le peuple iranien » (lien) ;
[8] Nicolas Truong pour « le Monde », édition du 28 mars 2025 : « L’internationale réactionnaire, ou comment trois familles de pensée se retrouvent dans leur détestation du progressisme » (lien) ;
[9] Mehdi Michbal pour « Medias24 », édition du 14 mars 2021 : « Les Moorish, ces anonymes qui veulent réinventer le nationalisme marocain » (lien).