Cocarde Étudiante
La « Cocarde Étudiante » est fondée en 2015 à Assas, se voulant une organisation transpartisane rassemblant toutes les tendances « patriotes » au sein des facs [1]. Mais rapidement, les violences caractérisent surtout le groupuscule, qui multiplie les coups de force « anti-blocages » et autres règlements de compte [2]. Active de 2020 à 2022, la première section comtoise avait elle aussi rapidement essuyé une renommée peu flatteuse : royalistes, identitaires, nationalistes, principalement issu·e·s des rangs du « Rassemblement National » (RN) et de « Génération Zemmour » (GZ), s’y retrouvaient, sous l’égide de Quentin M., lepéniste convaincu [3] [4].
À Belfort, la structure d’extrême droite parvient à s’implanter durablement, lançant des réunions régulières, organisant des collages nationalistes, maintenant une présence aux élections [5]. Mais sur Besançon, en-dehors des photos, le travail de terrain est plus erratique, les membres préférant les parades armées, expéditions punitives et dégradations ciblées [4]. En novembre 2022, ses deux chefaillons, Théo G. et Étienne M., dégradent une statue de Victor Hugo, jugée « trop noire », la repeignant et l’affublant d’un message frappé de la « croix celtique » [4] [6], entraînant leur condamnation pénale et le déclin de cette section.
Lors des élections universitaires de 2025, la liste « Cocarde Étudiante » présentée à « l’Université Marie et Louis Pasteur » entendait renouveler cet œcuménisme… Avec, toujours au sommet, Quentin M., depuis passé assistant parlementaire du « RN » Guillaume Bigot, Aurélie G. et Julian G., deux autres cadres de ce parti, remarqués pour leurs ancrages radicaux, Othilie F.-Z., ex « Némésis » désormais engagée auprès des cercles suprématistes de Daniel Conversano via la « Fraternité Comtoise », Kilian M., adepte des symboles néofascistes, ou encore Yona F., activiste xénophobe pourtant candidate parallèle à « l’UNI » [7].
Obtenant 6,62 % des voix au Conseil d’Administration (CA) et 7,06 % pour la « Commission de la Formation et de la Vie Universitaire » (CFVU), l’organisation dispose désormais d’un élu dans cette dernière instance [8] auquel il faut ajouter un mandat spécifique lié à « l’UTBM ». Mais malgré les postes, communiqués et agitations, le poids de la « Cocarde Étudiante » reste anecdotique à l’échelle de la région. Signant du slogan « Patrie – Souveraineté – Identité », ses dernières batailles, surtout numériques, visent à combattre la prétendue culture woke, les représentations de drags shows et les luttes pour les droits LGBT+.
Sources.
[1] Marc de Boni pour « le Figaro », édition du 3 septembre 2015 : « Un syndicat étudiant souverainiste allant des Républicains au FN voit le jour » (lien) ;
[2] Maxime Macé et Pierre Plottu pour « Libération », édition du 20 mai 2024 : « La Cocarde, un syndicat étudiant à cheval entre l’extrême droite radicale et le RN » (lien) ;
[3] Toufik-de-Planoise pour « Kawa-TV », édition du 30 mars 2022 : « Chants racistes, croix gammées, expéditions punitives… immersion dans les rangs de Génération Z Bourgogne/Franche-Comté » (lien) ;
[4] Youmni Kezzouf et Clément Rabu pour « Médiapart », édition du 26 décembre 2024 : « La Cocarde, nouveau vivier des assistants parlementaires du RN » (lien) ;
[5] Alexane Marcel pour « France 3 Franche-Comté », édition du 24 octobre 2023 : « Première percée d’un syndicat d’extrême droite dans une faculté en Franche-Comté » (lien) ;
[6] Laurent de Boissieu pour « la Croix », édition du 26 décembre 2022 : « La Cocarde étudiante, du souverainisme à l’identitarisme » (lien) ;
[7] Toufik-de-Planoise pour « le Ch’ni », édition du 14 mars 2025 : « À l’université Marie et Louis Pasteur, l’extrême droite en lice » (lien) ;
[8] Toufik-de-Planoise pour « le Ch’ni », édition du 4 avril 2025 : « Élections étudiantes à l’université Pasteur : Corpos et gauche dominent toujours, l’extrême droite emporte deux sièges » (lien).

