Constats et objectifs

En Franche-Comté comme ailleurs, les extrêmes droites se manifestent de manière toujours plus visible et assumée par la diffusion grandissante de leurs idées, la multiplication galopante de leurs actes et le consentement croissant d’une part de la population à son avènement aux responsabilités. Mais si le champ électoral constitue une donnée précieuse sur le suivi de cette évolution, son analyse et son traitement — auxquels se cantonne souvent de façon exclusive ou préférentielle l’écrasante majorité des différentes références médiatiques, politiques et syndicales — n’en restent pas moins très insuffisants pour apprécier pleinement la réalité et les conséquences de ce phénomène dans toute sa globalité.

La « fachosphère » ne se résume donc pas à ses têtes de gondole telles que le « Rassemblement National » (RN), dans le sillage duquel erreraient deux ou trois crânes rasés affublés de la « croix celtique ». Ses acceptions s’avèrent plus anciennes, profondes, vastes, touchant même, dans quelques traductions, jusqu’à la gauche. C’est pourquoi il est primordial d’aborder la situation dans toute sa diversité, loin des logiques ou calendriers d’appareils et en privilégiant une approche indépendante de terrain. En résulte la mise en lumière d’un panorama complet, des structures étudiantes aux congrégations religieuses, en passant par les clubs de motards ou les complaisances au sein de certaines causes.

Avant de crier « no pasarán » devant les caméras comme pour mieux se convaincre d’agir, c’est bien ce travail empirique, qui n’avait jusqu’alors jamais été mené, qu’il nous semble absolument nécessaire d’élaborer en priorité. Car les citoyen·ne·s souhaitant s’impliquer face aux périls fascistes ne manquent généralement pas d’alertes ou de volonté, mais de repères concrets. C’est donc pour ré-armer chacun·e, au plus près des ancrages locaux, que « l’observatoire de l’extrême droite – Franche-Comté » (OBEX-FC) a été pensé. Étayer un doute, documenter un débat, découvrir jusqu’où se cachent les partisan·e·s de la réaction, forment ainsi notre axe de bataille et notre meilleure réponse dans ce contexte.