Divers

« L’Œuvre Française » – « Jeunesses Nationalistes ».
Mouvement pétainiste fondé en 1968 par le collaborationniste Pierre Sidos, « l‘Œuvre française » (OF) est une référence de l’extrême droite radicale [1]. Mais elle n’enregistre pas d’activités conséquentes en Franche-Comté, jusqu’au lancement des « Jeunesses Nationalistes » (JN) en 2011. Il s’agit d’une section associée, visant surtout les 18-25 ans, dirigée par Alexandre Gabriac, exclu du « Front National » pour ses saluts nazis répétés [2] [3]. Mais son existence locale se résumera aux cortèges contre le « mariage pour tous » en lien avec les « Werwolf Sequania » et à la tenue d’une conférence en 2013 [4], avant que les deux entités ne soient dissoutes lors de l’affaire Clément Méric [5]. Si ses adeptes se dispersent, deux responsables fondent ensuite les troupes de béhourd « Aquila Sequania » et « Fera Sequania » [6].

« Jeunesses Nationalistes Révolutionnaires » – « Troisième Voie ».
Les « Jeunesses Nationalistes Révolutionnaires » (JNR) émergent en 1987 autour du bonehead Serge Ayoub, dans une synergie motivée par la violence de rue [7] [8] [9]. Auto-dissoute au milieu des années 1990 après des échecs électoraux cuisants, elle sont réactivées en 2010 sous l’égide du même leader [10]. Elle constituent alors une garde rapprochée autant qu’une force opérationnelle [11], tandis que « Troisième Voie pour une avant-garde solidariste », reprenant le nom d’un précédent, se veut un pendant plus politique [12]. Elle n’auront qu’un faible retentissement dans la région, sinon à travers des adhésions individuelles et le relais de figures néonazies locales comme Sébastien F. [13]. Dissoutes en 2013 lors de l’affaire Clément Méric [14], leur seul héritage subsiste à travers un club biker « Gremium MC » [15].

« Werwolf Sequania » – « Sédition Séquane »/« Sequania KG » – « le Bunker ».
Groupuscule néonazi prenant la suite d’un « Front Comtois » en déliquescence, les « Werwolf Sequania » furent surtout actifs en 2011-2015 autour de Besançon [16] [17]. Adoptant un axe semi-clandestin et paramilitaire [18], il préfigure les cercles affinitaires et décentralisés des années 2020. Ses partisan·e·s se sont illustré·e·s à travers les boutiques numériques « Sédition Séquane »/« Sequania KG » promouvant le IIIe Reich [19] [20], un bar aménagé dans une cave privée nommé « le Bunker » [21], ou une série d’agressions politiques [18] [22] [23] [24]. Si l’entité s’est rapidement éteinte, plusieurs de ses membres assumé·e·s ou supposé·e·s se sont par la suite retrouvé·e·s dans d’autres organisations et affaires comme Teddy M. [13] [25] [26] [27], Philippe T. [16] [17], Sébastien F. [25] [13] ou Nicolas B. [28].

« Radikal Corps » – « Combat 18 ».
Branche armée du groupe néonazi « Blood & Honour », « Combat 18 » (C18) se déploie dans différents pays d’Europe en 1991 [29] [30]. En France, une cellule est mise en place courant 2013, par Julien et Marc Bettoni [31] [32], sur les bases d’un petit réseau pré-existant, le « Radikal Korps », qui fédère les extrêmes, comme Sébastien F., à travers des évènements comme des concerts de soutien [32]. Le tandem s’exhibe alors avec armes et cagoules en se disant prêt à mener la guerre raciale, mais, un an plus tard, une brouille interne aboutit à un règlement de compte, faisant éclater le noyau dur et motivant l’intervention des forces de l’ordre [32] [33]. Une énième fois condamnés [34], les frères ne renieront pas leurs idées, qui s’inscriront, par la suite, dans les cercles locaux et le club biker « Bandidos » [35].

« Unité des Nationalistes, Identitaires et Patriotes » – « la Dissidence française ».
« L’Unité des Nationalistes, Identitaires et Patriotes » (UNIP) est initiée en 2016 par Florent-Pierrick Baumer, ancien cadre du « MoDem » passé au « Front National » avant de s’en faire exclure après avoir porté des marques néonazies [36] [37]. Entre deux publications dont une apologie du massacre de Christchurch [38], il se rapproche de divers militants, comme David Beaune, condamné en 1999 pour un meurtre raciste [39] puis en 2018 pour « apologie du IIIe Reich » [40], Nicolas Mauvais, ex-membre des « Jeunesses Nationalistes » [4], ainsi que des franges du « Parti de la France », dont Christophe Devillers [36], ou d’anciens du « Front Comtois », à l’instar de Florent Gaillot [36]. Coquille vide, le mouvement bascule un temps sous l’égide de « la Dissidence française » avant de disparaître en 2020 [36].

« Templar Dole » – « Jeunesse Chrétienne Révolutionnaire ».
Au début de l’année 2024, un fil « Telegram » nommé « Templar Dole » est ouvert [40]. Le souhait est alors de regrouper les forces nationalistes et catholiques du territoire, dans un engagement qui allie dévotion au Christ et défense de la patrie [40]. La petite bande dépasse le cadre virtuel pour s’adonner aux graffitis de rue [40], attaques ciblées de partis de gauche [40] [41] [42], ou pressions sur les mouvements sociaux [40], surtout dans le Jura et à Besançon [40]. La figure tutélaire est un mineur de bonne famille vivant sur Dole qui s’est associé aux néonazis locaux, dont les rencontres avec plusieurs membres comme Florent G. sont documentées [40]. Après s’être rebaptisée « Jeunesse Chrétienne Révolutionnaire » (JCR) [40], la mouvance est absorbée par les « Vandal Besak » courant 2025.

Sources.
[1]
Franck Johannes pour « le Monde », édition du 5 septembre 2020 : « Mort de Pierre Sidos, figure de l’extrême droite pétainiste et nationaliste » (lien) ;
[2] Céline Lussato pour « le Nouvel Observateur », édition du 29 mars 2011 : « Un candidat FN aux cantonales photographié faisant le salut nazi » (lien) ;
[3] « L’Express » avec « l’Agence France-Presse », édition du 19 avril 2011 : « L’élu FN faisant le salut nazi exclu du parti » (lien) ;
[4] Toufik-de-Planoise, édition du 31 mai 2013 : « Adorateurs du IIIe Reich et du Führer, ou le vrai visage des Jeunesses nationalistes Franche-Comté » (lien).
[5] « Libération » avec « l’Agence France-Presse », édition du 30 décembre 2014 : « La dissolution des Jeunesses nationalistes et de l’Œuvre française confirmée » (lien) ;
[6] Laurent Ducrozet pour « France 3 Franche-Comté », édition du 25 mars 2019 : « Des tournois comme au Moyen-âge : immersion dans le Jura avec les combattants de Béhourd » (lien) ;
[7] Daniel Hubert et Yves Claudé, « Les skinheads et l’extrême droite », « VLB », 1991, 134 pages (ISBN 978-2-89005-439-4) ;
[8] Benoît Marin-Curtoud, « Planète skin : les groupuscules néo-nazis face à leurs crimes », L’Harmattan, 2001, 204 pages (ISBN 978-2-296-14717-1) ;
[9] Cyril Le Tallec, « Petit dictionnaire des cultes politiques en France 1960-2000 », « L’Harmattan », 2010, 280 pages (ISBN 978-2-296-26628-5) ;
[10] Emmanuel Lemieux, « Génération tonton », Paris, Don Quichotte, 2010, 476  (ISBN 978-2-35949-008-4) ;
[11] Julien Licourt pour « le Figaro », édition du 6 juin 2013 : « Les JNR, un groupe d’extrême droite musclé » (lien) ;
[12] Abel Mestre pour « le Monde », édition du 9 octobre 2010 : « Les projets syndicaux d’un ancien chef skinhead » (lien) ;
[13] « Ici Besançon », édition du 13 mai 2016 : « Des néo-nazis présumés devant le tribunal de Besançon » (lien) ;
[14] « Le Nouvel Observateur » avec « l’Agence France-Presse », édition du 30 juillet 2014 : « La dissolution des JNR et de Troisième Voie confirmée » (lien) ;
[15] C.T. pour « le Progrès », édition du 23 septembre 2025 : « Dole : une altercation aux Mesnils-Pasteur entre des jeunes de la mosquée et des motards » (lien) ;
[16] Toufik de Planoise et Emma Audrey pour « radio BIP », édition du 2 février 2021 : « Violente agression à caractère raciste à Besançon » (lien) ;
[17] Pierre Plottu et Maxime Macé pour « Libération », édition du 4 février 2021 : « Agression raciste ultra-violente à Besançon : prison ferme pour le néonazi » (lien) ;
[18] Fred Jimenez pour « l’Est Républicain », édition du 22 mars 2013 : « Besançon : pourquoi une manifestation antifasciste samedi ? » (lien) ;
[19] Fred Jimenez pour « l’Est Républicain », édition du 5 novembre 2012 : « Nostalgiques » (lien) ;
[20] « Fafwatch Franche-Comté », édition du 29 octobre 2012 : « Mercantilisme néonazi : Sédition Séquane, Sequania KG » (lien) ;
[21] « Fafwatch Franche-Comté », édition du 23 octobre 2015 : « Le Bunker : association nazie à Besançon » (lien) ;
[22] « Fafwatch Franche-Comté », édition du 28 juin 2012 : « Des agressions à Besançon ? » (lien) ;
[23] Aline Bilinski pour « France 3 Franche-Comté » édition du 26 juin 2012 : « Besançon : opérations punitives de l’extrême droite contre des anarchistes » (lien) ;
[24] Fred Jimenez pour « l’Est Républicain », édition du 17 juin 2013 : « Des néonazis chez les utopistes » (lien) ;
[25] « Fafwatch Franche-Comté », édition du 20 octobre 2015 : « Attaque de la librairie l’Autodidacte : le 2eme Régiment National-Socialiste de Parachutistes en 1ere ligne » (lien) ;
[26] Sébastien Bourdon, Justine Brabant et Matthieu Suc pour « Médiapart », édition du 22 mars 2021 : « Néonazis dans l’armée: le début d’un grand ménage ? » (lien) ;
[27] Toufik-de-Planoise pour « le Ch’ni », édition du 15 juillet 2024 : « En Haute-Saône, les activistes néonazis ne se cachent plus » (lien) ;
[28] Toufik-de-Planoise, publication « Twitter » du 20 mai 2023 (lien) ;
[29] « La Croix » avec « l’Agence France-Presse », édition du 21 février 2019 : « Bastion social, Blood and Honour, Combat 18: ces groupuscules d’ultradroite que Macron veut dissoudre » (lien) ;
[30] Dominique Durand pour « France 3 Franche-Comté », édition du 20 octobre 2023 : « Mosquée, communauté juive : des membres du groupe néo-nazi Combat 18 Espagne cherchaient des armes pour commettre des attentats » (lien) ;
[31] Willy Le Devin pour « Libération », édition du 29 mai 2014 : « Dans le Doubs, les frères néonazis ne jouent plus aux durs » (lien) ;
[32] « Fafwatch Franche-Comté », édition du 16 mai 2014 : « Blood & Honour C18 France : Les frères Bettoni persistent et signent » (lien) ;
[33] « Le Monde » avec « l’Agence France-Presse », édition du 20 mai 2014 : « Un groupuscule néonazi arrêté dans le Doubs » (lien) ;
[34] « 20 Minutes » avec « l’Agence France-Presse », édition du 23 mai 2015 : « Néonazis du Doubs: Plusieurs membres condamnés à des peines de prison ferme » (lien) ;
[35] Thierry Vincent et Gabriel Guenot pour « Blast », édition du 31 juillet 2026 : « Guerre des bikers : l’ex-skinhead néonazi Serge Ayoub, devenu biker, accusé d’être une « balance » » (lien) ;
[36] « Fafwatch Franche-Comté », édition du 3 mars 2020 : « UNIP : Historique d’un groupuscule déjà disparu » (lien) ;
[37] Alexane pour « MaCommune.info », édition du 24 novembre 2015 : « Un ex-membre du MoDem porte un T-shirt néonazi sur Facebook » (lien) ;
[38] Antoine Harari pour « l’Illustré », édition du 7avril 2019 : « Plongée dans la fachosphère romande » (lien) ;
[39] Acacio Peirera pour « le Monde », édition du 14 décembre 1997 : « Le skinhead David Beaune a été condamné à dix-huit ans de réclusion criminelle » (lien) ;
[40] Toufik-de-Planoise pour « le Ch’ni », édition du 16 août 2024 : « Dans le Jura, lumière sur l’émergence d’un groupuscule néofasciste et catholique » (lien) ;
[41] Julien Berrier pour « Voix du Jura », édition du 2 mai 2024 : « Dole. Le local du Parti communiste vandalisé à la peinture noire » (lien) ;
[42] « Voix du Jura », édition du 30 juin 2024 : « Lons-le-Saunier. Des tags néonazis sur le siège du parti socialiste du Jura » (lien).