Égalité et Réconciliation

C’est en 2007 que l’ex-cadre du « Front National » (FN) Alain Soral fonde une plateforme entièrement consacrée à ses lubies, avec d’anciens pontes du « Groupe Union Défense » (GUD) [1]. Nommée « Égalité et Réconciliation » (E&R), son association va vite s’imposer comme l’une des principales voix de l’extrême droite complotiste et antisémite en France [2]. À travers un site web dynamique et la maison d’édition « Kontre Kulture », il diffuse alors largement ses idéologies [3]. Ses prises de position lui valent de multiples condamnations pénales, notamment pour « injures raciales ou antisémites », « incitation à la haine raciale », « provocation à la haine, la discrimination ou la violence », « apologie de crime de guerre et contre l’humanité », ou encore « négationnisme » [4]. Exilé en Suisse depuis 2019, Soral n’en continue pas moins son « business » [5].

Au début des années 2010, son groupuscule avait tenté de surfer sur la popularité de Dieudonné pour s’implanter en province. Mais, loin de séduire les masses, les adhésions se limitèrent souvent à une poignée d’individus faibles et solitaires, avec quelques exemples sur Belfort/Montbéliard et Besançon. Seule une exception notable est connue en 2014-2015 à l’université de Franche-Comté, avec le cas d’un enseignant-chercheur en sociologie mis en cause pour ses appartenances actives [6]. Proche de Soral et Dieudonné, il donnera plusieurs interviews et conférences retransmises sur le site du mouvement sous la bannière « Égalité et Réconciliation » [6]. Ostracisé à la suite de ces révélations [7], l’intéressé finira néanmoins par rompre avec ces sphères [8].

La structure avait ensuite disparu de la région pendant près de dix ans, avant de réapparaitre à partir de juin 2024 dans le nord Franche-Comté [9]. Sous l’impulsion d’un jeune militant nationaliste et catholique, références au négationniste Vincent Reynouard et au dignitaire nazi Joseph Goebbels, collages à Belfort, Montbéliard et Besançon, mais aussi conférences publiques, comme les 26 octobre 2024 et 18 janvier 2025, reprennent [9]. La dernière entrevue étant réalisée avec le pétainiste Yvan Benedetti le 4 mai dernier à Belfort, croix celtiques et pamphlets d’Édouard Drumond complétant le panorama. Mais la mouvance peine à véritablement exister, rassemblant au mieux quelques dizaines de partisan·e·s avec le concours déterminant de troupes venant d’Alsace.


Sources
.
[1] Marine Turchi et Mathias Destal pour « Médiapart », édition du 30 avril 2017 : « Philippe Péninque, l’éminence grise de Marine Le Pen » (lien) ;
[2] Maxime Macé et Pierre Plottu pour « Libération », édition du 27 mai 2024 : « Alain Soral : depuis la Suisse, le retour en force d’un antisémite multirécidiviste » (lien) ;
[3] Nolwenn le Blevennec pour « le Nouvel Obs », édition du 5 décembre 2013 : « Egalité et Réconciliation, le site de Soral et aussi de votre voisin » (lien) ;
[4] « Le Monde », édition du 2 octobre 2019 : « Alain Soral condamné à un an de prison ferme pour injure publique antisémite » (lien) ;
[5] Maxime Macé et Pierre Plottu pour « Libération », édition du 17 décembre 2024 : « Petites mains, lieutenants et gros sous : autour d’Alain Soral, un système bien rodé » (lien) ;
[6] Joël Mamet pour « l’Est Républicain », édition du 3 avril 2015 : « Prof de fac à Besançon et pro-Alain Soral » (lien) ;
[7] J.M. pour « l’Est Républicain », édition du 3avril 2025 : « Besançon : les collègues de l’universitaire proche d’Alain Soral sont « choqués » » (lien) ;
[8] Daniel Bordür pour « Factuel.info », édition du 18 janvier 2016 : « Nicolas Bourgoin : « des anciens copains m’ont accusé d’avoir retourné ma veste » » (lien) ;
[9] Toufik-de-Planoise pour « le Ch’ni », édition du 6 janvier 2025 : « Sur Belfort/Montbéliard, le groupuscule « Égalité et Réconciliation » annonce la tenue d’une conférence » (lien).