Empire Stérin
Dans la région, l’empire du milliardaire Pierre-Édouard Stérin s’incarne essentiellement à travers « La Nuit du Bien Commun » [1]. Il s’agit d’un fonds de dotation lancé à partir de 2017, qui organise des galas annuels de collecte à destination d’entités d’intérêt public triées sur le volet [1]. Mais, comme son fondateur, la structure s’avère résolument proche des milieux ultraconservateurs, catholiques traditionalistes et cercles d’extrême droite [2] [3] [4]. Installée au parc des expositions de Dijon depuis la première édition en 2023, la déclinaison locale de cette date agrège nombre de participant·e·s surtout bourguignon·ne·s et quelques comtois·e·s [1] [5] [6].
À partir de 2025, une opposition va s’organiser [1]. Dans plusieurs villes, un « front anti-Stérin » se met en place, avec des perturbations parfois significatives, incluant grèves de salarié·e·s, actions contestataires et cortèges parfois massifs [7]. Alors que, dans la capitale des ducs, environ de deux cents manifestant·e·s se réunissent pour protester contre la tenue de cet évènement [1] [8], la plupart des sponsors et candidat·e·s avaient préféré se retirer dès les mois qui précédaient [1] [9]. Si plus de 250 000 euros ont finalement été récoltés pour sept destinataires, cette fois, après des lauréats en 2023 et 2024, aucun récipiendaire strictement comtois ne sera noté [1].
Plus modestement, on retrouve aussi l’association « SOS Calvaires ». Très soutenue par le diocèse de Besançon [10], ses membres entendent « rechristianiser les campagnes » sous couvert de préservation du patrimoine [11]. Mais aux re-consécrations d’églises et élévations de nouvelles croix monumentales, succèdent les financements de Pierre-Édouard Stérin [12] et les connivences néonazies [13]. Ce qui n’empêche pas le mouvement de s’étendre via des petites mains proches des fraternités « Saint-Pierre » et « Saint-Pie-X », comme c’est le cas en Haute-Saône [14] et dans le Doubs [15]. Une mission qui soulève néanmoins des critiques, en particulier dans la presse [10] [16].
Parallèlement, des interrogations ont enfin émergé quant à l’éventuelle implantation d’un centre « Familya » à Besançon [17]. Car derrière la vitrine associative visant à accompagner les parents, jeunes et autres familles, diverses enquêtes notamment de « Médiacité » et de « la Rédac Pop » ont mis en lumière un ancrage dans les milieux traditionalistes ainsi qu’un financement notamment assuré par Pierre-Edouard Stérin [18] [19]. Alors qu’un projet était également annoncé en Franche-Comté, les craintes ont été balayées en décembre 2025 quand la structure a communiqué que « les conditions n’ont pu être réunies pour permettre cette mise en œuvre » [17].
Sources.
[1] Toufik-de-Planoise pour « le Ch’ni », édition du 5 décembre 2025 : « Entre Dijon et la Franche-Comté, « la Nuit du Bien Commun » provoque une levée de boucliers » (lien) ;
[2] Camille Vigogne Le Coat pour « l’Express », édition du 23 février 2023 : « Pierre-Edouard Stérin, le milliardaire qui veut racheter Editis et évangéliser la France » (lien) ;
[3] Rozenn Le Carboulec pour « Médiapart », édition du 7 juin 2024 : « Conservatisme dur, initiatives anti-IVG : comment l’argent public finance des fonds anti-droits » (lien) ;
[4] « Lundi Matin », édition du 21 avril 2025 : « Fond, Nuit ou Maison du Bien Commun… une galaxie au service de l’extrême droite » (lien) ;
[5] Vannick Berton pour « le Bien Public », édition du 4 novembre 2023 : « Nuit du bien commun au parc des Expositions : une levée de dons unique pour des associations » (lien) ;
[6] Bertrand Lhote et Amandine Robert pour « le Bien Public », éditions du 1er au 10 novembre 2024 : « Nuit du Bien commun à Dijon : les lauréats 2024 » (lien) ;
[7] Guillaume Bernard et Rozenn Le Carboulec pour « Basta », édition du 4 décembre 2025 : « Mobilisations anti-Stérin : une « diagonale de la résistance » s’élargit face à l’extrême droite » (lien) ;
[8] Olfa Ayed pour « France 3 Bourgogne », édition du 2 décembre 2025 : « La « Nuit du bien commun » à Dijon : quelle est la polémique autour de cet événement ? » (lien) ;
[9] Vincent Lindeneher pour « le Bien Public », édition du 21 novembre 2025 : « Ces associations ont quitté La Nuit du bien commun : « Nous ne pouvions pas nous permettre une polémique » » (lien) ;
[10] Toufik-de-Planoise pour « le Ch’ni », édition du 6 février 2026 : « Julien Delaunay alias « Flooz-Flooz », un missionnaire religieux et politique pas si burlesque » (lien) ;
[11] Rémi Bayol pour « StreetPress », édition du 23 novembre 2022 : « SOS Calvaires, l’association qui veut évangéliser nos paysages » (lien) ;
[12] Héloïse de Neuville pour « la Croix », édition du 11 juin 2025 : « Pierre-Édouard Stérin et ses grands projets religieux contrariés » (lien) ;
[13] Sarah Bourletias pour « la République du Centre », édition du 10 juin 2022 : « La pose d’un calvaire par une association catholique traditionaliste crée le malaise à Saint-Denis-de-l’Hôtel » (lien) ;
[14] « La Presse de Vesoul », édition du 3 septembre 2025 : « « Je vais demander à Pierre Hugues José de supprimer Flooz Flooz la fripouille » » (lien) ;
[15] « L’Est Républicain », édition du 14 janvier 2025 : « Trois calvaires rénovés à Osse grâce à l’association SOS Calvaires » (lien) ;
[16] Didier Fohr pour « l’Est Républicain », édition du 26 juin 2025 : « Sous couvert de solidarité… » (lien) ;
[17] Toufik-de-Planoise pour « le Ch’ni », édition du 26 décembre 2025 : « À Besançon, le projet de « maison catholique » ne verra pas le jour » (lien) ;
[18] Annabelle Martella pour « Médiacité », édition du 4 novembre 2025 : « Familya, l’association proche des anti‐IVG, soutenue par Pierre‐Edouard Stérin, la Région et… la métropole de Lyon » (lien) ;
[19] Sebastien Fourrier pour « la Rédac Pop », édition du 12 décembre 2025 : « Les féministes se mobilisent contre Familya à Orléans » (lien).

