Historique antifa à Besançon

Le présent document a été constitué par W., militant antifa à Besançon. Il fut initialement produit lors de la première édition du « Besac Antifa Fest », à l’occasion d’une conférence intitulée « panorama de l’extrême droite comtoise » tenue le 4 juin 2025 à la « Maison du Peuple ». Pour la première fois, localement, une véritable introspection était ainsi réalisée sur les organisations et réponses dressées face à l’extrême droite durant les vingt dernières années et au-delà. Considérant que cette part d’histoire méritait d’être reconstituée, archivée et accessible au plus grand nombre, son contenu a été repris sous la forme du récit suivant.

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Introduction
Dire que l’antifascisme s’oppose au fascisme peut paraître évident, mais c’est faux. L’antifascisme s’oppose au fascisme ainsi qu’à tout mouvement réactionnaire (on disait la réaction, à une certaine époque), nationaliste, populiste et antisocial et donc également aux pouvoirs de l’État quand celui-ci devient fascisant… C’est pour cela que nous dirons plus volontiers que l’antifascisme est une riposte aux extrêmes droites (au pluriel).

Il est bon aussi de rappeler que la violence est consubstantielle aux mouvements d’extrême droite. Et c’est contre cette violence que le mouvement antifasciste s’organise. Il s’agit de mettre en place une autodéfense appropriée au lieu, au moment et à l’adversaire. L’historique du mouvement antifasciste de Besançon qui suit n’est certainement pas complet. Il n’y a jamais eu d’archives détaillées et mises à jour de toutes les actions qui ont pu être menées contre les extrêmes droites. Et c’est tout à fait normal quand on sait que pour riposter à la violence de certains groupes d’extrême droite, la violence a elle aussi été un outil de réponse légitime mais pénalement répréhensible.

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1/ Les années 1980 et 1990

Concernant la violence d’extrême droite à Besançon, deux faits avaient marqué l’actualité nationale
L’attentat à la bombe incendiaire contre le cinéma Le Building, en 1988, exécuté par un militaire militant catholique intégriste membre du Front National, car ce cinéma projetait « La Dernière Tentation du Christ » de Martin Scorsese.

– En juillet 1996, un militant d’extrême droite, bonehead, fait une tuerie de masse (six personnes) dans l’entreprise Bourgeois où il avait été licencié quelques mois auparavant.

Ces actions violentes ont été médiatisées, mais nombreuses sont celles qui n’ont fait partie que de la rubrique des faits divers de la presse locale.

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Quelles ont été les premières réactions antifascistes ?
Ce sont les syndicats, les partis de gauche et les associations antiracistes liées à ces partis qui sont à l’initiative des principales ripostes.

Pour exemple :

En mai 1984, Jean-Marie Le Pen tient un meeting au Palais des Sports. Une manifestation est organisée par le MRAP [1]. La Fédération Anarchiste, qui ferme le cortège au début, va vite prendre la tête pour conduire la manifestation en direction du Palais des Sports. La voiture de Jean-Marie le Pen sera caillassée. Et des heurts entre manifestant·e·s antifascistes et le service d’ordre du « FN » appuyé par les policiers dureront très tard dans la soirée et feront plusieurs blessés des deux cotés. La violence de la contre-manif pourrait sembler critiquable aujourd’hui, mais il ne faut pas oublier qu’à cette époque, le « FN » traîne derrière lui plusieurs faits divers, ses colleurs d’affiches et son service d’ordre le DPS n’étaient pas des anges, et certains militants commençaient à semer des cadavres comme avec l’affaire Habib Grimzi.

En mars 1997, face au meeting du « FN » à Strasbourg, une contre-manifestation organisée par les syndicats, partis de gauches et associations antiracistes rassemblera plus de 50 000 personnes [2] dont de nombreux bisontin·e·s (syndicalistes et militant·e·s) qui auront fait le déplacement. Rappelons que c’est lors cette contre-manif que des membres du DPS déguisés en policiers passeront à tabac plusieurs militants antifascistes.

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En parallèle des ripostes « officielles »
Présent lors de la venue de Jean-Marie le Pen en mai 1984 à Besançon, un petit groupe composé de fils d’immigrés marocains et algériens s’était déjà constitué en « chasseurs de skins » et agissait localement avec des méthodes musclées et « peu légales » contre les boneheads de campagnes et certains militaires trop racistes qui traînaient à Besançon, ville de garnison.

À la même époque (avril 84), naît à Toulouse le SCALP, Section Carrément Anti-Le Pen. Issu de la mouvance autonome, le SCALP va essaimer de nombreuses sections composées de lycéen·ne·s et d’étudiant·e·s proche des milieux libertaires, à travers toute la France, dont Besançon.

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2/ Le SCALP Besak, 2005

Les années 2000
Pour se remettre dans l’ambiance du moment, avec les attentats du 11 septembre 2001 et les élections de 2002 qui voient le Pen arriver au second tour, l’atmosphère tend vers l’extrême droite et les discours racistes se banalisent. C’est également le début du mouvement identitaire (2002) qui développera tout un lexique raciste, qui sera repris par toutes les mouvances d’extrême droite.

En parallèle, il y a un « revival » du mouvement skinhead (au bon sens du terme : ska, rocksteady, etc) mais malheureusement ce revival s’accompagne d’une recrudescence des groupes de nazis-skins (ou boneheads), et de nombreuses agressions dans toute la Franche-Comté. Pour exemples (et sans être exhaustif [3]) :

– Agression homophobe à la sortie du club le Privé en 2007 à Besançon ;
– Multiples agressions dans le Haut-Doubs commises en 2007 puis 2010 ;
– Agression d’un immigré par des colleurs d’affiches du « FN » en 2010 à Poligny.

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Naissance du SCALP Besak
Le SCALP Besak est né en 2005 [4] lors des mouvements lycéens contre la loi Fillon (loi d’orientation et de programme pour l’avenir de l’école). Mais il faut le préciser, ce n’est pas le premier SCALP de Besançon. Des groupes antifa bisontins ont pris le nom de SCALP dès le début des années 2000, mais le manque d’archives et de témoignages de cette époque font que nous parlerons du dernier en date.

Le SCALP, c’est tout d’abord un collectif de militant·e·s autonomes, libertaires pour la plupart, qui a pour but de tenir la rue face à l’extrême droite, le « FN » et les groupes qui s’y rattachent (il n’y a pas encore eu de dédiabolisation). Puis, au fil des années Chirac puis Sarkozy, il change de nom pour devenir la Section Carrément Antifasciste Libertaire et Populaire afin de dénoncer l’extrême-droitisation du discours politique.

La section bisontine a regroupé plus de vingt militant·e·s, autour desquel·le·s se sont agrégées de façon temporaire d’autres personnes sympathisantes, ce qui pu laisser penser que la section pouvait compter plus d’une cinquantaine de personnes.

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Au départ le SCALP c’est « tenir le terrain »
On ne va pas se le cacher, pour beaucoup, le SCALP, ce fut surtout une bande de virilistes (y compris les filles) qui allaient chasser ou pécher du faf. Ce sont des histoires de bastons, de courses poursuites, de passages aux urgences, etc… Ce n’est pas faux, mais heureusement, ce ne fut pas que cela.

Même s’il faut préciser que l’époque était assez violente envers les militants d’extrême droite, surtout ceux qui se présentaient comme nazi-skins (crâne rasé, bombers ou veste Lonsdale, Doc Martens avec des lacets blancs, etc). Ces derniers avaient régulièrement maille à partir avec la jeunesse bisontine qui, face au potentiel violent de ces militants d’extrême droite, agissaient en connaissance de cause.

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Comment occuper le terrain en dehors de la violence ?
Autocollants et affiches afin de faire passer le message antiraciste, antifasciste, anticapitaliste… c’est le B-A-ba de tout militant. Le réseau No Pasaran lié au SCALP-Reflex de Paris produisait de nombreux visuels [5].

Arracher les autocollants et les affiches du « FN » et des groupuscules identitaires et néonazis, c’est aussi le B-A-ba… Montrer à l’adversaire que nous sommes présent·e·s.

Tenir le terrain, c’est aussi participer aux luttes sociales, y avoir banderoles et tracts.

C’est durant les manifestations contre le CPE en 2006 que le SCALP Besak a pris son essor. À noter que c’est lors d’une manif contre le CPE qu’une petite bande de néonazis a attaqué le cortège libertaire au niveau du pont Battant, attaque qui sera vite repoussée grâce au SCALP et à la CNT.

Le SCALP était également présent lors des manifestations contre la loi LRU en 2007, contre la réforme des retraites en 2008, en participant au rassemblement anti-OTAN à Strasbourg en 2009, etc.

Mais occuper le terrain, c’est aussi réoccuper des locaux laissés vacants. Le SCALP Besak participe à l’épisode éphémère du squat Canot en 2008 (seulement cinq semaines de squat [6]).

Le SCALP a permis de sécuriser des manifestations qui potentiellement pouvaient être la cible des groupuscules d’extrême droite. Lors de rassemblements pro-migrants tels que le « cercle du silence », à Dole et à Montbéliard, les nervis identitaires du Front Comtois étaient intervenus violemment pour perturber ces cercles. À Besançon, la présence du SCALP à proximité du « cercle du silence » a fait capoter l’action coup-de-poing des néofascistes du Front Comtois, qui sont restés à bonne distance du rassemblement. La présence de militant·e·s du SCALP lors des « cercles du silence » suivants sera régulière.

Le 20 novembre 2010, le syndicat CNT 25 et le SCALP organisent une contre manif s’opposant à la prière de rue de SOS tout-petits [7]. Face à une trentaine de néonazis venus pour servir de service d’ordre à l’association catholique intégriste anti-IVG (pro-vie), la CNT et le SCALP déclarent en toute légalité un rassemblement devant la cathédrale Saint-Jean. Il s‘agit en fait d’une contre-manif trente minutes avant le rendez-vous fixé par les cathos intégristes. La contre-manifestation rassemble plus de deux cents personnes, dont de nombreux camarades antifascistes venus d’autres villes de l’est de la France, et même de l’étranger.

Mais occuper le terrain ne suffit pas. Il faut connaître contre qui on lutte et communiquer le pourquoi de notre antifascisme…

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Veiller, alerter et agir
Les mouvements nationalistes en France n’ont jamais eu l’envergure de mener de façon régulière une campagne de terreur contre les mouvements sociaux et celleux qui les animent. Mais de temps en temps, des groupuscules mènent des opérations coup-de-poing plus ou moins violentes, ou juste assez intimidantes pour mettre la pression.

Pour prévenir ces agressions, il faut connaître son/ses ennemis et maintenir une veille régulière.

Les militant·e·s du SCALP s’informent donc sur « nos amis de la fachosphère comtoise ». Tâche qui est grandement facilitée par le développement d’internet et des différents réseaux sociaux. De nombreux comptes Skyblog, puis Facebook ou Badoo (site de rencontres) sont suivis et étudiés. Des faux comptes avec de fausses identités féminines sont créés mieux s’infiltrer sur les forums de discussions.

Quelques hackings de boites mails sont aussi réalisés. On est encore à une époque où les mots de passe ne sont pas trop longs et ne sont pas trop difficiles à découvrir (« heilhitler » « hitler88 » ou « skinhead1488 » par exemple).

Des tonnes d’informations sont glanées, archivées et recoupées entre elles.

La principale cible de la surveillance fut les nazi-identitaires du Front Comtois et tous les « crews » qui s’y rattachaient plus ou moins et qu’on verra défiler ensemble lors du C9M à Paris (en 2010 et 2011).

C’est via un forum que le SCALP apprend leur intention de servir de SO (service d’ordre) à SOS tout-petits en 2010, et cela assez tôt pour organiser une riposte adéquate, non-violente mais dissuasive.

C’est aussi comme cela qu’en mars 2011, après avoir vu l’annonce d’un concert de RAC sur les réseaux néonazis européens, en soutien à des néonazis emprisonnés, le SCALP est parvenu à identifier les organisateurs (les responsables du Front Comtois et le frère de Marc B.) et à localiser les lieux où devait se tenir le concert (le lieu initial, puis le lieu de repli après première annulation). Tout sera communiqué au public et à la presse via un dossier détaillé signé par le « Comité de Vigilance Antifasciste Franche-Comté » (CVA-FC) [8]. Interdit par la préfecture, le concert néonazi n’aura pas lieu.

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Diffuser
Cela peut paraître fou aujourd’hui, mais, à sa création en 2005, le SCALP Besak n’avait pas de blog internet, il a fallu attendre trois ans, en décembre 2008, pour qu’il se dote d’un outil de communication moderne, mais relativement nouveau à cette époque.

Finis les fanzines papier tel qu’il en existait encore à l’époque, dont la plupart avaient commencé d’être publiés dans les années 1990.

La création d’un blog d’informations n’est pas anodin, et ne l’est toujours pas actuellement. Pour faire face au « médias partout, Infos nulle part », le blog permet de développer nos propres médias militants et nos propres moyens de communication tant au niveau local, national qu’international. Il permet de prendre part à la lutte contre la désinformation des mass medias et le tout info-spectacle télévisuel.

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Créer un réseau
Mais la fachosphère locale ne se résume pas au Front Comtois et aux bandes de nazis-skinheads de Morteau, Baume-les-Dames, Belfort, Montbéliard, Vesoul, Nancray, Bucey-les-Gy, Poligny [9]… Des structures nationales se mettent également en place et fédèrent plus largement au niveau national.

Serge Ayoub dit Batskin, leader nazi-skin historique, va relancer en 2007 les JNR (Jeunesses Nationalistes Révolutionnaires) qu’il avait créees en 1987 à Paris pour fédérer les groupes néonazis parisiens. En 2010, il créé Troisième Voie (pour une avant-garde solidariste), une sorte de syndicat solidariste-national-révolutionnaire. Fort de son aura historique auprès de l’ancienne et de la nouvelle génération de boneheads, Ayoub mettra en place des chapitres de Troisième Voie dans chaque région, s’appuyant sur les groupuscules néonazis existants (le Front Comtois notamment). Ce maillage va lui permettre de ressusciter la manif du 9 mai (C9M) en hommage à Sébastien Dezieu.

À Lyon, un ancien élu « FN », exclu du parti pour une photo où il apparaît effectuant un salut nazi, Alexandre Gabriac crée en 2010 les Jeunesses Nationalistes. Très actifs sur Lyon, des sections seront créées dans toute la France et se rendront visibles par de nombreuses actions coup-de-poing, notamment lors des Manifs Pour Tous.

Également à Lyon, se met en place le Blood and Honour Hexagone, un réseau de promotion de musique néonazie (RACOi!, RIF ou NSBM).

Et à ceux-ci, il faut évidement ajouter Les Identitaires (Bloc Identitaire, puis Jeunesse Identitaire) très présents en France sauf en franche-Comté, où le Front Comtois à pris l’ascendant sur sa structure d’origine.

Face à ces structures nationales, un réseau antifasciste s’est mis très tôt en place. D’abord tenu secret, son existence sera révélée par les Voraces, le groupe antifasciste Lyonnais, qui obtient de Ken Loach l’autorisation de projection de tous ses films. À la demande des Voraces, l’autorisation ne sera pas exclusive aux Voraces mais s’étendra à la CAGE : la Coordination Antifasciste Grand Est, regroupant plusieurs groupes antifa de l’est, dont le SCALP Besak.

Cette coordination permet le partage d’informations sur les groupes d’extrême droite (type d’actions, nombres…) et les moyens que nous utilisons pour riposter. Ces connexions de proximité permettent également de grossir les rangs lors de manifestations à Lyon [10], Strasbourg, et surtout Dijon, autour des Tanneries et du quartier libre des Lentillères [11].

Autre réseau dont a fait partie le SCALP Besak, il s’agit du réseau No Pasaran mis en place par le SCALP Reflex de Paris [12]. Il permet une connexion à l’échelle nationale et grâce à la revue No Pasaran et au blog Reflex, de connaître et de diffuser l’actualité des luttes en France et à l’étranger, ainsi que les informations sur les différents groupes des fachosphères française et européenne. Ces connexions permettent également au SCALP Besak d’organiser des conférences et des rencontres avec d’autres groupes antifascistes tel que l’Anarchist Black Cross (ABC) [13] concernant la répression des mouvements anarchistes et antifa en Russie et Biélorussie.

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Développer et maintenir une culture antifasciste
Le milieu antifa autonome auquel se rattache le réseau SCALP a toujours été lié aux « sous-cultures » militantes comme le punk et la scène hip-hop, n’oublions pas que les Redwarriors (chasseurs de skins) constituaient le service d’ordre du groupe Bérurier Noir.

À Besançon, le SCALP a régulièrement tenu une table de presse lors de concerts punk organisés par les copains et copines de Kanivo Chaos (l’association anarcho-punk de Besançon) au bar les Arcades ou aux PDZ (Passagers du Zinc), avec vente de livres, de revues militantes telles que le magazine du SCALP Paris « NoPasaran » [14], le fanzine du RASH Paris « Barricata » [15], ainsi que des autocollants du réseau No Pasaran et SCALP.

Des militants du SCALP et des ami·e·s ont aussi créé une association DIY « Rude East Can’t Fail » (jeu de mots avec la Chanson « Rudie Can’t Fail » du groupe The Clash) pour organiser des concerts. Quatre concerts seront organisés, dont un en collaboration avec Maloka aux Tanneries de Dijon [16]. Les styles musicaux mis en avant correspondent aux goûts musicaux des militant·e·s qui animent l’association : punk-rock, hip-hop conscient, skinhead-reggae, oi!.

Comme les Voraces de Lyon ont eu l’autorisation de Ken Loach de projeter ses films, le SCALP Besak a lui aussi tenu son « Cinéclub Libertaire Social et Populaire » [17]. Les projections se déroulaient à la librairie l’Autodidacte, une ou deux fois par mois, et étaient suivies d’une discussion. Dix-huit films ou documentaires ont été projetés.

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Auto-dissolution du SCALP
Pendant toute l’existence de la dernière section SCALP de Besançon, de 2005 à 2012, les violences provenant des militants néonazis locaux seront régulières et l’antifascisme dit « de rue » sera l’outil principal pour s’y opposer. Sans tomber dans la paranoïa, les militant·e·s ont été dans une tension permanente à ce niveau. Et les violences ne se sont pas arrêtées avec l’auto-dissolution du SCALP.

L’auto-dissolution du SCALP ainsi que d’autres groupes antifa autonomes en France est née d’un constat assez simple : face à l’extrême-droitisation du discours politique au niveau national (du « PS » au « FN »), le SCALP et l’antifascisme à l’échelle locale ne peuvent apporter une réponse suffisante. Il faut mettre en œuvre des collectifs antifascistes plus larges, englobant syndicats, associations et partis politiques de gauche afin d’avoir un impact plus large. Bref, il faut sortir de la bulle anarcho-autonome et de l’antifascisme « de rue » et s’investir à une autre échelle car le contexte l’impose.

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/ Fafwatch
Lorsque le SCALP s’auto-dissout en 2012, un autre collectif essentiellement actif sur internet est déjà apparu. Il s’agit de Fafwatch qui, comme son nom l’indique, est un collectif de surveillance (watch) des militants fascistes (faf).

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Origines du collectif
Il y a plusieurs raisons qui ont initié à créer un tel collectif.

L’exemple de Copwatch : Copwatch est un réseau d’associations militantes né aux États-Unis d’Amérique qui surveillent la police afin de dénoncer et de faire connaître les dérapages et les violences policières, en collectant et en diffusant photographies et vidéos compromettantes sur Internet. Surveiller l’action violente de la police « dans les rues » permet de prévenir cette violence. L’idée de faire de même avec les militants violents d’extrême droite était très tentante.

De plus, au Royaume-Uni, il existait depuis les années 1990 un site web tenu par des militant·e·s néonazis qui publiaient des photographies et des informations personnelles sur des militant·e·s présumés d’extrême gauche, syndicalistes et antifascistes. Les militants antifascistes de plusieurs pays ont réutilisé cette méthode pour la retourner contre les militant·e·s d’extrême droite.

En novembre 2010 à Besançon, lors de la contre-manifestation organisée contre SOS tout-petits, des militants antifascistes allemands étaient présents. Ils n’ont pas pris part au rassemblement devant la cathédrale mais ont suivi discrètement le groupe de néonazis, qui, dépité, de ne pouvoir sécuriser la prière de rue voulue par l’association catholique intégriste, traîne et parade en ville. Les camarades allemands prennent en photos tous les néonazis et publient, sur un site internet spécifique, les photos de chaque militant accompagnant chaque photo des nom et prénom (si ce dernier a été identifié) [18]. Cette pratique courante en Allemagne est inédite et illégale en France, cela s’appelle du « doxing ». Les résultats de ce « doxing » sont surprenants : le SCALP reçoit des mails parvenant de parents qui découvrent que leur gamin est néonazi.

Et si certains des fafs pris en photo sont fiers d’avoir été épinglés par les antifas, certains se sentent mal à l’aise vis-à-vis de leurs familles et de leurs proches, collègues de travail, etc. 2010 est encore une époque où il est honteux d’être d’extrême droite, et encore plus d’être néonazi. Cela va donc inciter deux militants antifascistes franc-comtois, les « cousins Morin, Julien et Patrick » (fausses identités divulguées par les fachos en 2012) à créer Fafwatch, au début de l’année 2011 [19].

Son action consiste à :

– Chercher et collecter des informations sur les structures et membres de l’extrême droite, à travers différentes sources (surtout en utilisant internet) ;

– Analyser ces informations et les organiser ;

– Diffuser ces informations sur le net – et divulguer noms et photos ;

Dans le but de :

– Alerter la population, les organisations militantes et les médias participatifs ;

– Nuire au développement des discours et des pratiques d’extrême droite ;

– Faciliter l’action antifasciste de terrain.

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Fafwatch Franche-Comté
En juin 2012, suite à plusieurs agressions en centre-ville, agressions filmées et diffusées par un groupe néonazi dénommé Werwolf Sequania, Fafwatch Franche-Comté est créé [20]. Fafwatch FC va diffuser photos, noms et prénoms des auteurs de ces agressions [21]. Par la suite d’autres dossiers viendront alimenter le blog régulièrement. Certains de ces dossiers vont conduire à l’exclusion de militants du « FN » en raison de leurs accointances avec la mouvance néonazie. Il est à noter qu’à ses débuts, en lisant ce qui se disait sur internet et dans les blogs ou pages Facebook de militants « FN », certains parmi ces derniers soupçonnaient Fafwatch d’être une création interne au « FN » afin de faire le ménage et « dédiaboliser » le parti, car les renseignements donnés par Fafwatch ne pouvaient selon eux provenir que de proches, ou de policiers.

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Dossier Blood and Honour C18
En mai 2014, suite à l’apparition de graffitis sur une grange près d’Épenoy signés « Blood and Honour Combat 18 – France », un dossier va divulguer les photos des néonazis en armes, une tentative pour incendier un squat anarchiste (les Tanneries à Dijon) ainsi que les noms et photos des principaux leaders du groupe terroriste [22].

Ce dossier va être repris par la presse locale et nationale, et va accélérer l’intervention des forces de l’ordre et l’arrestation des deux frères mortuaciens, Marc et Julien B., principaux leaders du groupuscule, qui seront mis en examen pour « association de malfaiteurs en vue de la participation à un groupe de combat »…Et tout cela quelques jours après la sortie du dossier sur Fafwatch.

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Dossier le Bunker
Suite à l’attaque nocturne de la librairie anarchiste l’Autodidacte à Besançon le 18 octobre 2015, Fafwatch-FC expose le profil de certains protagonistes néonazis issus de la légion étrangère [23], ce qui va provoquer certains remous dans la presse, puis au niveau du ministère de la défense. Autre réplique, la publication d’un dossier sur Le Bunker, un lieu associatif situé dans le quartier de Bregille, mais qui est surtout un bar clandestin pour les nazis du coin [24]. La famille responsable de ce bar, louant la maison à Grand Besançon Habitat, s’en verra expulsée.

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Dossier Ragnard Rock Festival
Un très gros dossier a été publié en juillet 2016 pour annuler un festival de black métal pollué volontairement par la scène NSBM (National Socialist Black Metal). Ce fut une tentative d’annulation ratée concernant le Ragnard Rock Festival dans l’Ain [25], malgré le fait que des associations comme la LICRA ou le MRAP se sont appuyées sur le dossier Fafwatch pour tenter elles aussi d’annuler le festival auprès de la préfecture. Un autre dossier concernant la scène NSBM sera transmis à Fafwatch en 2023 par le Collectif Anti-NSBM Franche-Comté, il aura une meilleure conclusion, mais nous y reviendrons dans un autre chapitre.

À noter qu’après la publication de la plupart des dossiers concernant les néonazis de Besançon, il y a une période d’accalmie. Les fafs ne se montrent plus en ville et essaient de se faire discrets (abandon du look bombers et doc-martens).

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/ Toufik de Planoise.net
En dehors des collectifs antifa classiques, le chroniqueur Toufik-de-Planoise et son blog fut à l’origine de plusieurs initiatives individuelles pour contrer la mouvance identitaire au niveau local.

Parmi les publications qui ont eu le plus d’impact, on peut citer celles concernant un policier bisontin proche des néonazis, les militants de la Manif Pour Tous, l’association anti-IVG SOS Futures Mamans et celle concernant un groupuscule néonazi de la région de Poligny, dans le Jura. Lui et quelques-uns de ses amis se feront même tirer dessus au fusil de chasse lors d’une session de collage à Poligny par l’un des militants néonazis locaux.

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Dossier La Caborne
Le Front Comtois est né d’une scission locale du Bloc identitaire apparu en 2002. Mais partant de cette base identitaire, le Front Comtois va s’en éloigner en s’inscrivant dans une ligne Nationaliste Révolutionnaire plus traditionnelle. Le mouvement se débarrassera très vite et dès ses débuts de tous les militants jugés pas assez radicaux, pas assez antisémites, ou tout simplement pas assez néonazis…

Ces militants identitaires vont alors essayer de s’implanter en Bourgogne/Franche-Comté en usant de méta-politique, c’est-à-dire en mettant en œuvre une association qui, sur le papier, peut paraître neutre mais qui en réalité est un outil politique pour diffuser les théories identitaires.

Toufik-de-Planoise publie en avril 2013 (en collaboration avec des anciens du SCALP) un dossier sur La Caborne, un local qui se prétendait « libertaire, autogestionnaire et identitaire », s’agissant en fait de la tentative d’implantation local d’un groupe comtois lié aux Jeunesses Identitaires [26].

L’article rend public son emplacement (un local associatif de la commune de Mamirolle) et les noms des militants identitaires qui gèrent cette association. La mairie de Mamirolle, qui n’était nullement au courant qu’il s’agissait d’une association politique, expulse l’association du local municipal. C’est la fin de la tentative d’implantation des identitaires dans le Doubs. Depuis cette expulsion, les tentatives de remettre en place un groupe local Identitaire sont restées vaines.

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5/ Première conclusion
Quand on compare les actions du SCALP Besak aux nouvelles méthodes 2.0, on s’aperçoit vite que la diffusion d’informations est plus performante, qu’elle freine réellement les activités des groupes d’extrême droite. Et que la méthode que Fafwatch a initiée va être reprise par certains médias dans ses articles concernant l’extrême droite radicale : Médiapart, StreetPress, mais de façon plus professionnelle.

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Le CAB, Collectif Antifasciste de Besançon
Le CAB est né suite à la dissolution du SCALP. Contrairement au SCALP qui menait un antifascisme de terrain, on va dire local, face à des extrêmes droites locales, le CAB se propose de se confronter à une lutte sur une autre échelle. Les discours fascisants dépassant la sphère locale (nouveaux médias, partis…), une nouvelle riposte doit se mettre en place et rassembler des militant·e·s en dehors de la sphère anarchiste et autonome habituelle.

Créé en 2012, le Collectif Antifasciste de Besançon a regroupé des militant·e·s bisontin·e·s représentant divers collectifs, syndicats et groupes politiques de gauche : AMEB (Solidaire Étudiant-e-s), Solidaires, FSU, Nouveau Parti Anticapitaliste, Ensemble!, Fédération Anarchiste, mais aussi des militant·e·s associatifs, des libertaires ou des syndicalistes ne représentant qu’elleux-mêmes.

Dès sa création, le collectif sera confronté à une recrudescence des violences de rue et à la montée des idéologies réactionnaires, racistes, antisémites, sexistes, homophobes, conspirationnistes et nationalistes diffusées par la « Manif pour tous » en 2013, le « Printemps français », le mouvement « Journée de retrait de l’école » et autre « Jour de colère », le tout accompagné par la bénédiction idéologique d’une partie importante de la droite, avec les thèmes frontistes qui ont contribué à la banalisation des partis d’extrême droite.

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Informer 
et former
Une des premières actions fut d’organiser une sorte de passation de connaissances entre le SCALP et le CAB à la maison des syndicats de Planoise : la présentation du panorama de l’extrême droite en Franche-Comté. Par la suite, le CAB animera plusieurs conférences-présentations de l’extrême droite : lors du forum des Jeunes écologistes en février 2013, puis au festival « La Machine à en Découdre » en octobre de la même année. Le blog du collectif a pu permettre la diffusion de textes d’actualités et des tracts provenant de différents syndicats, journaux ou intellectuels de gauche.

Les articles du CAB relatant l’actualité antifasciste de Besançon ont été également republiés sur le site de la Horde, qui relaie les initiatives des groupes antifascistes locaux et permet un archivage de l’histoire récente du mouvement antifasciste hexagonal et donne une visibilité aux groupes locaux qui font le travail de terrain.

La présence des syndicats enseignants et étudiants (Solidaires et AMEB) a permis la programmation de nombreuses conférences en utilisant les amphithéâtres de la Faculté de Sciences Humaines, rue Mégevand. Lors de la conférence de William Blanc à propos de son livre « Charles Martel et la bataille de Poitiers », l’amphithéâtre était aux trois quarts plein [27]. Le CAB a organisé également plusieurs journées de formations syndicales antifascistes à la Maison des Syndicats, en invitant les militant·e·s du collectif VISA (Vigilances et Initiatives Syndicales Antifascistes).

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Se mobiliser
À la mort de Clément Méric en 5 juin 2013, le CAB organise un rassemblement dès le lendemain ; contre toute attente ce sont trois cents personnes qui seront présentes pour rendre hommage au jeune antifasciste, tabassé à mort par des nazis à Paris [28]. Cet hommage se verra répété pendant plusieurs années sous la forme de rassemblements ou soirées de commémoration, et verront plusieurs centaines de personnes y prendre part [29].

En cinq, ans de 2012 à 2017, le CAB a organisé des manifestations et des rassemblements en réponses aux violences perpétuées par les groupes néonazis locaux (agressions en 2012 par les Werwolf Sequania, attaque de la librairie l’Autodidacte [30], agression des clients du bar Ze Musik-All…).

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Être
Solidaire : Besançon Solidarité Kurdistan
En 2016, le CAB participe à la création du BSK (Besançon Solidarité Kurdistan) afin de soutenir les forces kurdes en Syrie et au Rojava qui résistent au Moyen-Orient contre Daesh [31].

C’est hélas l’occasion de rencontrer l’extrême droite turque affiliée au parti d’Erdogan, l’AKP, qui continue de qualifier le YPG et YPJ de groupes terroristes, ainsi que toustes celleux qui les soutiennent. Lors de conférences en soutien au peuple kurde, les nationalistes turques viendront « assister » en nombre pour mettre un gros coup de pression sur les organisateurs. Il y aura des insultes et des menaces. Lors des rassemblements à l’extérieur, les nationalistes turcs ne seront jamais loin [32]. Il n’y a pas que l’extrême droite française contre qui il faut lutter, l’exemple kurde montre que chaque peuple migrant entraîne avec lui les tensions nationalistes et racistes qu’il subissait ou qu’il faisait subir dans son pays d’origine.

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Créer un réseau national : la C
ONEX
En 2014 est créée la CONEX, la COordination Nationale contre l’EXtrême droite. Des représentant·e·s du CAB sont présent·e·s à Paris en juin 2014, lors des première Assises Nationales Contre L’Extrême Droite. La CONEX avait pour but de faire converger les actions des syndicats, des associations, des réseaux et des collectifs pour contrer Le « FN » (dans les urnes mais pas que…) au niveau national. Cela aboutira a une « campagne commune » (mais pas si commune que ça, les groupes libertaires n’y prenant pas part) avec des affiches et des tracts « anti-FN » communs à l’échelle nationale, lors des élections municipales de mars 2014 [33].

La CONEX, avec l’appui local du CV69 (Comité de Vigilance du Rhône) sera également à l’initiative de l’organisation d’une grande manifestation à Lyon en novembre 2014 pour faire face au congrès du « FN » à la même date. La manifestation sera un fiasco sur le plan organisationnel (dissensions entre syndicats, CV69, et antifascistes autonomes) et aussi de par la répression policière qui a débuté dès les premiers pas de la manifestation [34]. La CONEX n’y survivra pas.

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2017, m
ise en veille du CAB
À partir de 2017, le CAB se met en veille un peu malgré lui, l’élection d‘Emmanuel Macron à la présidence de la république et les réformes qu’il met en place accaparant tout l’engagement militant, syndical, associatif et anticapitaliste… Et c’est bien normal.

De plus, entre 2017 à 2021 (entrée en lice d’Éric Zemmour pour la présidentielle 2022), il ne s’est pas passé grand-chose au niveau de l’extrême droite locale. Les néonazis locaux se sont montrés discrets, sauf occasionnellement au tout début du mouvement des Gilets Jaunes et lors des manifestations contre le Pass-Sanitaire. Les identitaires n’ont pas pris racine. Et au Rassemblement National, même si le parti a gagné des électeurs, les dissensions internes ont conduit à une diminution impressionnante des effectifs militants.

Donc localement, il n’y avait, pour beaucoup, aucune urgence à faire de l’antifascisme militant de façon régulière. La synergie ne prenait plus… Et cela même si début 2020, ce qui restait des militant·e·s du CAB (une personne) alertait déjà sur un réveil de l’extrême droite radicale à Besançon [35]. Depuis 2021, les tentatives de relancer le CAB en tant que collectif n’ont eu que peu d’écho en interne et au sein des structures traditionnelles.

Mis à part le dossier transmis par le collectif Anti-NSBM Franche-Comté qui permettra en toute confidentialité l’annulation d’un festival de black métal néonazi (NSBM) à Montbéliard [36]. Il n’y a plus qu’une personne pour gérer le blog, et le CAB n’étant plus un collectif, il fut renommé « Cellule Antifasciste de Besançon » [37] pour garder l’acronyme et ne pas changer de mail et le nom du blog.

Depuis 2020, le blog est toujours actif, et il n’a jamais autant publié de post d’actualité bisontine. Car non seulement il y a une recrudescence du discours raciste et fascisant dans les médias, par les politiques etc, mais il y a aussi recrudescence depuis 2020 de nouveaux groupes d’extrême droite violents à l’échelle locale : Cocarde, Reconquête, Vandal Besak, Active Club Franche-Comté [38]. Le CAB n’est pas mort, mais le travail antifasciste est repris par de nouveaux collectif tels que La Nuée et la Coordination Antifasciste.


Sources.

[1] « Institut national de l’audiovisuel » et « France 3 Franche-Comté », édition du 22 mai 1984 : « La manifestation du MRAP contre la venue de Jean Marie Le Pen à Besançon » (lien) ;
[2] Hélène David pour « Dernières Nouvelles d’Alsace », édition du 16 août 2023 : « Mars 1997 : Strasbourg fait front contre le FN » (lien) ;
[3] « Voix du Jura », édition 4 août du 2011 : « La nébuleuse fasciste dans le Jura » (lien) ;
[4] « SCALP Besak », édition d’octobre 2011 : « Extrême-Droite en France » (lien) ;
[5] Réseau « No Pasaran », catalogue des affiches, autocollants, badges… (lien) ;
[6] Damien Poirier pour « MaCommune.info », édition du 22 septembre 2008 : « Les squatteurs ont huit jours pour quitter la « Cité Canot » » (lien) ;
[7] « SCALP Besak », édition du 2 janvier 2011 : « Retour et suites d’une mobilisation antifasciste réussie » (lien) ;
[8] « SCALP Besak » et « Comité de Vigilance Antifasciste Franc-Comtois », édition de décembre 2012 : « Interdiction du concert nazi en Franche-Comté le 19 mars 2011 ! » (lien) ;
[9] « SCALP Besak », édition du 17 décembre 2011 : « Bilan et perspectives de la mobilisation contre le Front Comtois » (lien) ;
[10] « SCALP Besak », édition du 13 avril 2011 : « Compte rendu de la manifestation antifasciste du 9 avril à Lyon » (lien) ;
[11] « SCALP Besak », édition du 31 octobre 2011 : « Vendredi 11 Novembre, Dijon : journée de solidarité antifasciste ! » (lien) ;
[12] Site du « Réseau d’étude, de formation et de lutte contre l’extrême droite et la xénophobie » – « REFLEXes » (lien) ;
[13] « SCALP Besak », édition du 12 avril 2011 : « Mercredi 13 Avril 20h30, librairie l’Autodidacte : solidarité à l’ABC de Minsk » (lien) ;
[14] « No Pasaran », « le journal No Pasaran » (lien) ;
[15] « SCALP Besak », édition du 29 janvier 2010 : « Le nouveau Barricata est arrivé ! Dispo à l’Autodidacte » (lien) ;
[16] « SCALP Besak », édition du 18 septembre 2012 : « Samedi 6 Octobre, les Tanneries : pour une culture et des espaces autonomes !!! » (lien) ;
[17] « SCALP Besak », édition du 16 mars 2010 : « Cinéclub libertaire 15e édition : Jeudi 22 Avril 20h30 » » (lien) ;
[18] « Linksunten/Indymedia », édition du 22 novembre 2010 : « Naziaufmarsch und Antifademo in Besançon » (lien) ;
[19] Site de « Fafwatch » (lien) ;
[20] Site de « Fafwatch Franche-Comté » (lien) ;
[21] « Fafwatch Franche-Comté », édition du 28 juin 2012 : « Des agressions à Besançon ? » (lien) ;
[22] « Fafwatch Franche-Comté », édition du 16 mai 2014 : « Blood & Honour C18 France : Les frères Bettoni persistent et signent » (lien) ;
[23] « Fafwatch Franche-Comté », édition du 20 octobre 2015 : « Attaque de la librairie l’Autodidacte : le 2eme Régiment National-Socialiste de Parachutistes en 1ere ligne » (lien) ;
[24] « Fafwatch Franche-Comté », édition du 23 octobre 2015 : « Le Bunker : association nazie à Besançon » (lien) ;
[25] « Fafwatch Franche-Comté », édition du 8 juillet 2016 : « Simandre sur Suran, les néo-nazis font main-basses sur le Black Métal » (lien) ;
[26] « La Horde », édition du 19 avril 2013 : « Enquête sur « la Caborne » et la nébuleuse néo-fasciste en Bourgogne/Franche-Comté » (lien) ;
[27] « Collectif Antifasciste de Besançon », édition du 19 janvier 2016 : « Conférence le 4 février : « Charles Martel et la bataille de Poitiers, de l’histoire au mythe identitaire » par William Blanc » (lien) ;
[28] « Collectif Antifasciste de Besançon », édition du 17 juin 2013 : « Compte-rendu de l’hommage antifasciste pour Clément » (lien) ;
[29] « Collectif Antifasciste de Besançon », édition du 29 mai 2014 : « Besançon 5 juin : Un an après la mort de Clément – rassemblement et concert » (lien) ;
[30] « Collectif Antifasciste de Besançon », édition du 1er novembre 2015 : « Compte-rendu de la manifestation du 31 octobre – Besançon » (lien) ;
[31] « Collectif Antifasciste de Besançon », édition du 8 mars 2016 : « Compte-rendu du week-end de solidarité avec les combattant-e-s des forces progressistes au Kurdistan » (lien) ;
[32] « Besançon Solidarité Kurdistan », édition du 3 mars 2016 : « En réaction aux provocations et agressions de la part des nationalistes turcs à Besançon… » (lien) ;
[33] « Collectif Antifasciste de Besançon », édition du 19 mars 2014 : « CONEX : « Lutter contre l’extrême droite dans les têtes, dans la rue et dans les urnes! » » (lien) ;
[34] « Collectif Antifasciste de Besançon », édition du 2 décembre 2014 : « Compte-rendu de la manifestation du 29 novembre à Lyon » (lien) ;
[35] « Collectif Antifasciste de Besançon », édition du 6 février 2021 : « A Besançon, à Dijon et ailleurs : le réveil de la peste brune » (lien) ;
[36] « Collectif Antifasciste de Besançon », édition du 26 septembre 2022 : « Montbéliard – 13ème Édition du Séquane Fest à l’Atelier des Môles, et complaisance NSBM » (lien) ;
[37] « Collectif Antifasciste de Besançon », « présentation » (lien) ;
[38] « Collectif Antifasciste de Besançon », édition du 23 janvier 2023 : « Besançon – de Novembre 2021 à Novembre 2022 : un an de pollution visuelle par les fascistes » (lien).