Médias/presse/édition
L’apport des médias a toujours été déterminent dans le concours aux atmosphères discriminantes, autoritaires et fascistes. En Franche-Comté, on se souvient, par exemple, de certaines unes, comme en septembre 1892, où déjà, à propos d’ouvriers d’origines savoyarde et italienne, on retrouvait des titres comme « trop d’étrangers » et « d’ennemis qu’on fait vivre au détriment de nos compatriotes » [1]. Un cas loin d’être isolé, de l’affaire Dreyfus aux soldats coloniaux [2] en passant par les revues de la collaboration [3]. Depuis, c’est aussi la terre natale de Jérôme Bourbon, à la tête de « Rivarol », condamné une dizaine de fois pour incitation à la haine raciale ou contestation de crime contre l’humanité, conservant ses fortes attaches dans le pays de Bresse [4] ; de Laurent Obertone, à « la Furia », dont le numéro de mai 2026 faisait l’apologie d’Adolf Hitler, originaire du Jura [5] ; ou de Pierre-René Lavier, ex-cadre de « Frontières », reconnu coupable de violences conjugales, vivant près de Vesoul [6].
Aussi, les principaux titres, sans être d’extrême droite, versent dans une sociologie de dominant·e·s, des réflexes réactionnaires et de la communication préfectorale qui favorisent son expansion. Cas d’école, « l’Est Républicain » cumule les dérapages : harcèlement des voix critiques [7] [8], absence de modération quant aux réseaux sociaux [9] [10], traitement à charge des mouvements revendicatifs [11] [12], antifas [13] et pro-palestiniens [14] [15], récit bidon visant les sans-abris [16], maquillage des bavures policières [17] [18] [19], hostilité contre l’écriture inclusive [20], étalage des mentions « OQTF » [21], propos ironiques pour décrire une agression sexuelle [22], fakes-news sur les « gens du voyage » [23], promotion de militants radicaux sans mention de leur ancrage [24] [25] [26], publication essentialisant les asiatiques [27], relais de contenu antisémite [28] et négrophobe [29], propagation de rumeurs racistes [30], sympathies nationalistes au plus haut niveau [31] [32], etc.
Une propension qui reste ancrée dans les inconscients, touchant d’ailleurs l’ensemble des structures « mainstream » et certain·e·s indépendant·e·s. Illustration frappante, lors des municipales de 2026, avec la présentation d’une liste « Rassemblement National » (RN), dont le positionnement sera « omis » par « l’Est Républicain », « MaCommune.info », « France Bleu » et « Plein Air » [33] ; ou à travers les libertés accordées par les rédactions de « Hebdo 25 » ou de « Fréquence plus » à leurs correspondants, certains multipliant les prises de positions et publications publiques entre ancrages à l’extrême droite, discours racistes décomplexés, attaques systématiques contre la gauche, etc [34] [35]. Progressivement, néanmoins, la société civile se mobilise, de droits de réponses et condamnations civiles/pénales contre les organes dominants [36] [37] en croisade quant à la distribution de références comme « Rivarol » [38], « la Furia » [39] ou « Transmania » [40] parfois retirées des rayons face au scandale.
Ces dernières années, on retrouve aussi des références indépendantes, citoyennes ou alternatives, avec des flux surtout destinés à alimenter les réseaux sociaux comme « Facebook », « Instagram » ou « TikTok ». Faute de figures significatives dans la région, les captations voulues se font alors via des invitations, comme avec l’ex-soralien [42] Vincent Lapierre en 2025 [41], ou des relais, à l’instar du site antisémite, négationniste et pro-Erdoğan [43] « Nouvelle Aube » en 2026 [44]. Pour les quelques tentatives locales, les opérations sont assez limitées. C’est le cas « d’influenceurs » masculinistes [45], agissant pour leur compte, ou de Yona Faedda, de « Némésis » [46], qui opèrent via des prises pirates [46] et/ou des micro-trottoirs, en masquant le plus possible leurs ancrages. Enfin, certain·e·s offrent une couverture avantageuse à l’extrême droite, sympathisent avec ou en sont clairement militant·e·s, tels que les photographes Cyril Mayeur à Saint-Vit [47] et Guillaume Playez à Abbenans [48].
Sources.
[1] Jean-Pierre Gavignet et Lyonel Estavoyer, « Besançon autrefois », Le Coteau, Horvath, 1989, 175 pages, page 97 (ISBN 2-7171-0685-5) ;
[2] Toufik-de-Planoise pour « radio BIP », édition du 16 janvier 2023 : « « Tirailleurs » : une histoire nationale… et comtoise » (lien) ;
[3] Yves Faucoup pour le club de « Médiapart », édition du 8 septembre 2024 : « L’impunité d’une presse collabo (1) » (lien) ;
[4] David Régazoni pour « l’Est Républicain », édition du 8 mai 2016 : « Un Jurassien à la tête de Rivarol, hebdomadaire d’extrême droite » (lien) ;
[5] Céline Trossat pour « Hebdo39 », édition du 11 juillet 2023 : « Invité de la semaine : Laurent Obertone » (lien) ;
[6] Marie Turchi pour « Médiapart », édition du 22 novembre 2023 : « Le secrétaire général du média d’extrême droite Livre Noir condamné pour violences conjugales » (lien) ;
[7] E.B., F.J. et W.G. pour « Dijoncter », édition du 16 novembre 2022 : « L’Est Républicain, du journalisme au règlement de compte » (lien) ;
[8] Loris Guémart pour « Arrêt sur Images », édition du 2 juillet 2026 : « Journaliste indé face à « L’Est Républicain » : comment faire progresser le droit de la presse » (lien) ;
[9] Toufik-de-Planoise pour « le Ch’ni », édition du 24 mai 2025 : « Menacée de viol, Séverine Véziès doit aussi faire face à une vague de « victim blaming » » (lien) ;
[10] Toufik-de-Planoise pour « le Ch’ni », édition du 23 juin 2026 : « Dénigrements collectifs, saillies racistes, incitation au meurtre… Bienvenue sur les réseaux sociaux de « l’Est Républicain » » (lien) ;
[11] Toufik-de-Planoise pour « le Ch’ni », édition du 27 mai 2024 : «Portrait du mois, chronique d’un gilet jaune ordinaire » (lien) ;
[12] Toufik-de-Planoise sur « Facebook », publication du 10 mars 2023 : «Besançon : répression policière et mensonges médiatiques » (lien) ;
[13] Toufik-de-Planoise pour « Dijoncter », édition du 2 octobre 2022 : « L’Est Répugnant, un exemple de journalisme républicain » (lien) ;
[14] Toufik-de-Planoise pour « le Ch’ni », édition du 25 juin 2025 : « À la suite d’un article de « l’Est Républicain », la région Franche-Comté renonce à ses vœux sur la Palestine » (lien) ;
[15] Toufik-de-Planoise pour « le Ch’ni », édition du 28 mars 2026 : « Près de 400 manifestant·e·s pour la Palestine » (lien) ;
[16] Toufik-de-Planoise, publication « Facebook » du 31 décembre 2014 (lien) ;
[17] Toufik-de-Planoise pour « Kawa-TV », édition du 7 février 2022 : « Pontarlier : policiers et médias auraient-ils « maquillé » une bavure ? » (lien) ;
[18] Toufik-de-Planoise pour « Kawa-TV », édition du 25 juillet 2022 : « Besançon : un jeune meurt lors d’une opération de police, flics et médias sont au diapason » (lien) ;
[19] Toufik-de-Planoise pour « le Ch’ni », édition du 19 septembre 2025 : « À Besançon, un 18 septembre également synonyme de forte répression » (lien) ;
[20] Pierre Laurent pour « l’Est Républicain », édition du 13 mars 2023 : « Université de Franche-Comté : droit ou devoir de grève ? » (lien) ;
[21] Toufik-de-Planoise pour « le Ch’ni », édition du 2 mars 2025 : « Dans les médias locaux, les « OQTF » à toutes les sauces » (lien) ;
[22] Toufik-de-Planoise, publication « Facebook » du 3 février 2017 (lien) ;
[23] Toufik-de-Planoise pour « radio BIP », édition du 27 août 2021 : « Gens du voyage : à Quingey, la polémique de trop ? » (lien) ;
[24] Toufik-de-Planoise pour « le Ch’ni », édition du 13 décembre 2024 : « Sur une cause féministe, « l’Est Républicain » se prend les pieds dans le tapis du mansplaining » (lien) ;
[25] Toufik-de-Planoise pour « le Ch’ni », édition du 5 septembre 2025 : « À Besançon, « France 3 » et « l’Est Républicain » offrent une tribune à un activiste épinglé pour ses discours antisémites et LGBT+phobes » (lien) ;
[26] Toufik-de-Planoise pour « le Ch’ni », édition du 31 juillet 2026 : « À Besançon, une tombola au (discret) profit des catholiques intégristes » (lien) ;
[27] Philippe Sauter pour « l’Est Républicain », édition du 3 novembre 2015 : « Besançon : les Chinois remplissent les hôtels » (lien) ;
[28] Le Bison Teint, publication « Twitter » du 14 août 2021 (lien) ;
[29] Maurice Midena pour « Arrêt sur Images », édition du 26 mars 2022 : « « L’Est républicain » empêtré dans une affaire de « blackface » » (lien) ;
[30] Toufik-de-Planoise pour « radio BIP », édition du 27 août 2023 : « Besançon : disparition inquiétante, double fiasco populaire et médiatique » (lien) ;
[31] Adrien Franque pour « Libération », édition du 28 janvier 2025 : « Le patron du groupe de presse Ebra, Philippe Carli, démissionne après avoir «liké» des publications d’extrême droite » (lien) ;
[32] Toufik-de-Planoise pour « le Ch’ni », édition du 12 février 2026 : « Après avoir remis un prix à Sarah Knafo, le groupe « EBRA » en fait la promotion dans ses colonnes » (lien) ;
[33] Toufik-de-Planoise pour « le Ch’ni », édition du 4 octobre 2025 : « Dans la presse locale, le « Rassemblement National » n’est déjà plus d’extrême droite » (lien) ;
[34] Toufik-de-Planoise pour « le Ch’ni », édition du 15 mai 2026 : « Chez « Hebdo 25 », un chroniqueur aux idéologies plutôt tranchées » (lien) ;
[35] Toufik-de-Planoise pour « le Ch’ni », édition du 10 juillet 2026 : « Un animateur de « Fréquence plus » très porté sur les « blagues » racistes » (lien) ;
[36] Toufik-de-Planoise pour « le Ch’ni », édition du 28 février 2025 : « À Besançon, le journal « l’Est Républicain » lourdement condamné » (lien) ;
[37] Toufik-de-Planoise pour « le Ch’ni », édition du 4 mai 2025 : « Au civil, « l’Est Républicain » à nouveau condamné » (lien) ;
[38] Éléonore Tournier pour « l’Est Républicain », édition du 3 janvier 2024 : « Super U Saint-Vit retire le journal d’extrême droite Rivarol de ses rayons » (lien) ;
[39] Toufik-de-Planoise pour « le Ch’ni », édition du 14 mai 2026 : « Au « Carrefour » de Besançon-Valentin, le journal « Rivarol » retiré des rayons » (lien) ;
[40] Toufik-de-Planoise pour « le Ch’ni », édition du 5 mai 2024 : « Mobilisation inédite à Besançon, dénonçant l’offensive contre le droit des personnes trans’ » (lien) ;
[41] Vincent Lapierre, publication « Youtube » du 27 août 2025 : « France saccagée : Besançon (avec Yona de Némésis) » (lien) ;
[42] Robin D’Angelo et Mathieu Molard, « Le Système Soral : enquête sur un facho business », Paris, Calmann-Lévy, , 187 (ISBN 978-2-7021-5864-7 et 2-7021-5864-1, OCLC 921124306), page 45 ;
[43] « Yenisafak », édition du 24 mars 2026 : « Besançon: un militant juif propalestinien exclu d’une manifestation antifasciste par la police » (lien) ;
[44] Victor Mottin et Johan Weisz pour « StreetPress », édition du 2 mars 2026 : « Le média turc « Nouvelle Aube », entre soutien à l’extrême droite et conspirationnisme » (lien) ;
[45] Margaux Nourry pour « Lyon People », édition du 1er mai 2025 : « Influenceurs lyonnais. Hugo Tournier, le bodybuilder sarcastique » (lien) ;
[46] Toufik-de-Planoise pour « le Ch’ni », édition du 5 février 2026 : « Besançon, capitale de l’antifascisme ? » (lien) ;
[47] Toufik-de-Planoise pour « le Ch’ni », édition du 16 août 2026 : « « Œil de Lynx photography », critique interdite d’un virtuose de l’objectif » (lien) ;
[48] Toufik-de-Planoise pour « le Ch’ni », édition du 29 mars 2026 : « « Va n***** ta mère petite s***** » : Les dérapages verbaux de Guillaume Playez, militant d’extrême droite et conseiller municipal d’Abbenans » (lien).

