Paul Rassinier

Paul Rassinier (né le 18 mars 1906 à Bermont dans le Territoire-de-Belfort, mort le 18 juillet 1967 à Asnières-sur-Seine) et un homme politique, écrivain et théoricien négationniste.

Originaire d’une famille de condition paysanne et conservatrice [1] [2], il s’engage à gauche après la Première Guerre mondiale [1] [2] [3]. Membre de la « CGTU » dans le cadre de sa profession d’enseignant et adoptant une ligne résolument pacifiste en lien avec Paul Faure [2] [3], il rallie la « SFIO » en décembre 1934 [1] [2] [3]. Il soutient les « accords de Munich » [2] et laisse éclater son antisémitisme en taxant Léon Blum de Juif belliciste face à Adolf Hitler [3]. Brièvement mobilisé pendant la Seconde Guerre Mondiale, il se montre favorable à l’armistice et considère qu’il est nécessaire de s’entendre avec le IIIe Reich et l’Italie fasciste [1]. En contact avec des réseaux de résistance courant 1943, il est arrêté et déporté pendant près de deux ans à Buchenwald et Dora [1] [2] [3] [4]. Après la libération, il en ressort immédiatement une autobiographie mensongère, une charge essentiellement dirigée contre « les rouges » [1], ainsi qu’une minimisation et un dédouanement des atrocités nazies [1] [2] [4]. Il relance sa carrière politique toujours à la « SFIO », se faisant élire au conseil municipal de Belfort et devenant député durant deux mois à la suite de la démission du principal titulaire [1] [2] [3] [4]. Mais, mis en cause par ses adversaires politiques, Paul Rassinier tente de riposter par des saillies antisémites qui provoquent des démissions et la fin de sa carrière électorale [1] [2]. En congé médical entre 1945 et 1950 puis en retraite anticipée, il quitte la Franche-Comté pour Nice, puis pour Paris afin de s’adonner à l’écriture [1] [2] [3]. Il bascule encore plus nettement en 1951, parlant de « rumeurs concentrationnaires » [5] ou statuant sur les chambres à gaz que « il y en eut, pas tant qu’on le croit. Des exterminations par ce moyen, il y en eut aussi, pas tant qu’on ne l’a dit » [1] [5]. Finalement exclu de la « SFIO » [1] [2] [3] mais encore un temps en relation avec « l’Union Pacifiste de France » et la « Fédération Anarchiste » (FA) [1] [2] [3], il se rapproche plus nettement de l’extrême droite [1] [3] [4]. Compagnonnage auprès de Maurice Bardèche et Albert Paraz [2] [3] [4], série de conférences en Allemagne et en Autriche sur l’invitation d’anciens officiers SS comme Karl-Heinz Priester [3] [5], adhésion à l’association des amis de Robert Brasillach [5], participation au journal « Rivarol » [1] [3] [5], en sont autant d’exemples. La « LICRA » l’épingle comme un « agent de l’internationale nazie », allégation que Rassinier poursuit sans succès en justice [3]. Dans les dernières années de sa vie, il s’emploie à contester la Shoah et reprendre les bases d’un complot juif mondial [1] [2] [4], notamment dans l’ouvrage « les Responsables de la Seconde Guerre mondiale », taxant l’holocauste d’entreprise de falsification visant à réclamer des dédommagements pécuniaires [1] [2] [4]. Il meurt en 1967, enterré en présence de Pierre Sidos et d’Henry Coston [5] alors que Maurice Bardèche prononce son éloge funèbre [3] [5] [6]. Son œuvre est citée comme fondatrice dans le négationnisme [1] [2] [5], ayant inspirée Robert Faurisson [7].


Sources.
[1] « Assemblée Nationale », fiche de Paul Rassinier (1906 – 1967) » (lien) ;
[2] « Mémorial de la Shoah », 2010 : « La mémoire de la Shoah – livret du lycée Georges Cuvier » (lien) ;
[3] Nadine Fresco et Guillaume Davranche pour « le Maitron », fiche de Paul Rassinier (lien) ;
[4] Jacques Munier, Céline Ters et Bruno Gagnaire avec Florent Brayard pour « France Culture », édition du 27 mars 2006 : « Du révisionnisme au négationnisme – Épisode 1/4 : Les assassins de la mémoire » (lien) ;
[5] « Conspiracy Watch », notice sur Paul Rassinier (lien) ;
[6] Michel Contat pour « le Monde », édition du 12 février 1999 : « Comment Paul Rassinier devint révisionniste » (lien) ;
[7] Henry Rousso pour « l’Histoire », octobre/décembre 1998 : « Portrait d’un faussaire : Paul Rassinier » (lien).