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« Parti de la France » (PDF), « Debout la France » (DLF), « Union Populaire Républicaine » (UPR), ou encore « les Patriotes » (LP). Pour ces quatre groupuscules qui comptent au moins une section active en Franche-Comté, le maître mot se résume en « souverainisme ». Inconnues du grand public et isolées sur la scène politique, la plupart de ces structures sont issues/proches du « Rassemblement National » (RN) ou s’en détachent officiellement tout en reprenant ses axes et logorrhées. Mais toutes ambitionnent, au-delà des mastodontes, d’influer, de peser voire de gouverner. Reste qu’entre une absence cruelle de partisan·e·s et des retombées électorales tout aussi chétives, ces franges malingres mais vivaces se contentent le plus souvent de survivre tant bien que mal.
« Parti de la France » (PDF). C’est une scission pétainiste du « Front National » (FN) formalisée en 2009 par Carl Lang, suivi par des cadres hostiles à la nouvelle ligne incarnée par Marine le Pen [1] [2]. En 2010, l’organisation se lie avec les mégrétistes du « Mouvement National Républicain » (MNR) et les identitaires du « Front Comtois » pour monter une liste régionale « non aux minarets » qui a récolté 2,46 % des suffrages [3]. Marginalisée depuis, elle s’est ralliée à Éric Zemmour en 2022 [4]. Si quelques têtes bourguignonnes ont émergé comme celles de Benjamin L. [5], Alexandre H. [6] et Iannis M. [7], dans la région, les recrues se font plus rares depuis le retrait d’Aldo V. à Besançon et l’exclusion de Christophe Devillers pour propos racistes à Ronchamp (Haute-Saône) [8].
« Debout la France ». Courant du « RPR » puis de « l’UMP » devenu un parti indépendant en 2008 sous l’égide de Nicolas Dupont-Aignan, la formation se réclame du gaullisme mais se rapproche davantage d’un national-conservatisme affirmé [9]. Après son alliance avec Marine le Pen au second tour des présidentielles de 2017, l’essentiel de ses cadres a fait défection pour le « Rassemblement National » (RN) [10] [11]. C’est également le cas en Bourgogne/Franche-Comté où le mouvement a connu son apogée lors des régionales de 2015 avec Maxime Thiébaut, lui aussi réfugié chez les lepénistes [12]. Il ne reste qu’une poignée de soutiens du côté de Belfort, issu·e·s d’une famille Kemps qui fournit ainsi les ultimes candidat·e·s en lien avec « les Patriotes » [13].
« Union Populaire Républicaine » (UPR). Elle est fondée en 2007 par François Asselineau, après que son président-fondateur soit passé par plusieurs cabinets ministériels de droite ainsi que du « RIF » [14]. L’existence de cette plateforme « attrape-tout » chez les plus europhobes tient surtout autour de l’idée du « Frexit », c’est-à-dire un retrait français de l’Union Européenne, de l’OTAN et de l’euro [15]. Malgré un intérêt relatif chez les « gilets jaunes » de la région [16], ses scores électoraux sont toujours restés modestes [17]. À la suite d’accusations de VSS visant son leadeur, les responsables de Bourgogne/Franche-Comté font défection [18], dont le nivernais Charles-Henri Gallois, qui se rapproche de Florian Philippot puis devient conseiller de Jordan Bardella [19].
« Les Patriotes » (LP). Après son éviction du « Front National » (FN) en 2017, l’énarque Florian Philippot créée sa propre mouvance [20]. En Franche-Comté, on y retrouve Sophie Montel et plusieurs élu·e·s de conseils régionaux et municipaux [21]. Mais, rapidement, entre échecs électoraux, manque de militant·e·s, orientation plus marquée par le « Frexit » et certaines théories antivax et anti-LGBT+, l’organisation devient marginale [22] [23]. Sous la houlette de Jim P., collages ponctuels, participation aux mouvements sociaux comme les « gilets jaunes » et opérations propagande place Leclerc à Besançon forment désormais l’essentiel de ses activités, accolées à des apparitions aux élections en association avec « Debout la France » et « Via, la voie du peuple » [24] [25].
Sources.
[1] M.P. pour « 20Minutes », édition du 25 juin 2024 : « Législatives 2024 : C’est quoi le Parti de la France de l’ancien FN Carl Lang ? » (lien) ;
[2] Léa Gasquet pour « StreetPress », édition du 2 juillet 2024 : « La candidate RN à la casquette nazie est aussi membre du très raciste et antisémite Parti de la France » (lien) ;
[3] « Le Nouvel Obs », édition du 17 février 2010 : « La liste anti-minarets est conforme au code électoral » (lien) ;
[4] Maxime Macé et Pierre Plottu pour « Libération », édition du 9 mars 2022 : « Les pétainistes du Parti de la France organisent un meeting de soutien à Eric Zemmour » (lien) ;
[5] Benoit Montaggioni pour « le JSL », édition du 25 octobre 2018 : « Banderole « immigrés dehors » : Benjamin Lematte relaxé » (lien) ;
[6] Auberi Verne pour « France 3 Franche-Comté », édition du 3 mai 2025 : « La CAF « sixième pilier » de l’islam : le candidat d’extrême droite tient des « propos ignobles » sur les musulmans, la justice saisie » (lien) ;
[7] « Blast », édition du 19 janvier 2025 : « Un néonazi proche de Maxime Brunerie à la messe hommage à Jean-Marie Le Pen » (lien) ;
[8] Maxime Macé et Pierre Plottu pour « Libération », édition du 19 septembre 2023 : « Trop radical pour les ultranationalistes, Christophe Devillers est toujours chez Reconquête » (lien) ;
[9] Antonin André pour « Europe 1 », édition du 20 mars 2017 : « Nicolas Dupont-Aignan, de la droite décomplexée à l’extrême-droite » (lien) ;
[10] Benjamin König pour « l’Humanité », édition du 3 décembre 2020 : « Extrême droite. Le RN siphonne Debout la France » (lien) ;
[11] Hugo Romani et Émile Vaizand pour « Slate », édition du 29 janvier 2024 : « Le parti de Nicolas Dupont-Aignan a-t-il encore un avenir ? » (lien) ;
[12] M.F. pour « France 3 Franche-Comté », édition du 5 juin 2018 : « Maxime Thiébaut (Les Patriotes) annonce qu’il arrête la politique » (lien) ;
[13] « Le Trois », édition du 27 juin 2024 : « Les Kemps, pour le meilleur et pour les législatives » (lien) ;
[14] Olivier Saint-Faustin pour « Sud-Ouest », édition du 21 février 2024 : « Élections européennes : qui est François Asselineau, le candidat de l’Union populaire républicaine ? » (lien) ;
[15] Allan Popelard pour « le Monde Diplomatique », édition d’octobre 2019 : « Ces Français qui militent pour le « Frexit » » (lien) ;
[16] Toufik-de-Planoise pour « Factuel.info », édition du 4 juin 2019 : « Abstention, RN et LFI seraient en tête des choix électoraux « gilets jaunes » à Besançon » (lien) ;
[17] Franck Johannès pour « le Monde », édition du 19 octobre 2021 : « François Asselineau, candidat UPR pour la seconde fois à l’élection présidentielle » (lien) ;
[18] Toufik-de-Planoise pour « Factuel.info », édition du 8 mai 2020 : « La crise de l’UPR passe aussi par la Bourgogne/Franche-Comté » (lien) ;
[19] Thomas Graindorge pour « le Point », édition du 20 juin 2025 : « Qui est Charles-Henri Gallois, nouveau conseiller économique de Jordan Bardella et pro-Frexit ? » (lien) ;
[20] « Le Monde », édition du 29 septembre 2017 : « Florian Philippot convertit Les Patriotes en formation politique » (lien) ;
[21] « Europe 1 », édition du 21 septembre 2017 : « Florian Philippot annonce qu’il « quitte le Front national » » (lien) ;
[22] Tristan Berteloot pour « Libération », édition du 3 mars 2019 : « Des Patriotes pas très en forme » (lien) ;
[23] Rémi Clément pour « Challenges », édition du 23 juillet 2018 : « « Les Patriotes »: pourquoi Florian Philippot joue déjà sa survie » (lien) ;
[24] « Plein Air », édition du 19 mai 2022 : « Législatives : des soutiens de Florian Philippot dans les 2è et 5è circonscriptions du Doubs » (lien) ;
[25] « MaCommune.info », édition du 2 juin 2022 : « Jim Prenel, candidat du parti « Les Patriotes » de la 2e circonscription du Doubs » (lien).

