Roland Gaucher
Roland Goguillot – connu sous le pseudonyme de Gaucher après la Seconde Guerre mondiale – (né le 13 avril 1919 à Paris, mort le 26 juillet 2007 à Sartrouville) est un homme politique, journaliste et écrivain d’extrême droite.
Fils d’une famille francilienne modeste, il s’engage d’abord dans divers cercles socialistes révolutionnaires [1]. À partir de février 1942 et jusqu’en 1944, il est membre des « Jeunesses nationales populaires » – branche du « Rassemblement national populaire » (RNP) de Marcel Déat [1], dont il devient responsable de la section parisienne de mai à novembre 1943 [2]. Dans cette perspective clairement collaborationniste, il contribue au « National-Populaire » [2], appelant le 13 mai 1944 le régime de Vichy à liquider la résistance (« il faut, pour aboutir, que les otages soient de marque et les représailles éclatantes. Sinon, c’est perdre son temps et sa poudre ») [1] [3], dénonçant le 3 juin 1944 le prétendu silence autour des bombardements alliés (« avant cette guerre, ces messieurs étaient plus bavards. Écorchait-on la peau d’un quelconque petit juif qu’aussitôt nos intellectuels s’empressaient d’ameuter l’opinion ») [1] ou participant à des réunions stratégiques dont la « commission Sigmaringen » [1]. Arrêté en 1944 et condamné en 1946 pour « intelligence avec l’ennemi », il sera emprisonné jusqu’en 1949 [1] puis soumis à la confiscation générale de ses biens [4]. Reprenant le cours de sa vie, il travaille pour « l’Auto-Journal » de Robert Hersant [2], s’attache aux « Écrits de Paris » de René Malliavin [2], entre au magazine « Minute » [1] auprès de François Brigneau [2], participe aux revues du « GRECE » [2] [5] et s’emploie à dénoncer « les rouges » auprès d’une officine de gauche anti-communiste [2]. C’est un proche de Jean-Louis Tixier-Vignancour, qui fut aussi en lien étroit avec les partisans de l’Algérie française [2]. En 1972, il co-fonde le « Front National » (FN) [1] [2], qu’il quitte en 1974 pour le « Parti des Forces Nouvelles » (PFN) avant de revenir en 1979 à la demande de Jean-Pierre Stirbois [1] [2]. Initiateur de « National-Hebdo », journal officiel du parti, dont il est responsable de cette date à 1993, il rachète et dirige également le périodique satirique « le Crapouillot », entre 1991 et 1994 [1] [2]. Tête de liste « FN » dans le 19e arrondissement de Paris en 1983 et en 1989, il est élu au conseil régional de Picardie en 1986-1987, avant de devenir député européen de 1986 à 1989 [1] [2]. Confronté dès 1988 à son passé, avec les révélations publiques d’André Lajoinie, contre qui il intente un procès [6], ces informations ressurgissent plus lourdement en Franche-Comté, avec le travail de l’historien et socialiste Joseph Pinard [3] [7], alors qu’il y est « parachuté » conseiller régional à partir de 1992 [1] [2] [8]. En disgrâce [9] [10] [11] et en rupture avec Jean-Marie le Pen, qu’il taxe d’autocrate, il se met en retrait du « FN » courant 1993 [1], se rapprochant un temps de « l’Alliance populaire » de Jean-François Touzé, mais aussi de « Nation », « d’Unité Radicale » et du « MNR » [2]. Auteur de plusieurs ouvrages sur le communisme [2] [12] et exhortant dans ses derniers écrits à la création d’un pôle « national, libéral et moral », il meurt en 2007 à l’âge de quatre-vingt-huit ans [1].
Sources.
[1] Jean-Baptiste de Montvalon pour « le Monde », édition du 1er août 2007 : « Roland Gaucher » (lien) ;
[2] « REFLEXes », édition du 12 août 2007 : « « Ils » avaient un Kamarade ! » (lien) ;
[3] Joseph Pinard pour « Libération », édition du 22 novembre 1997 : « L’exemple édifiant d’occultation du passé d’un nazi français. Vichy, les ignares et la mémoire occultée » (lien) ;
[4] « Journal officiel de la République française » du 7 novembre 1948, page 10 841 ;
[5] Pierre Milza, « Fascisme français. Passé et présent », Paris, Flammarion, coll. « Champs », 1987,
pages 372-373 ;
[6] « Le Monde », édition du 4 juin 1988 : « Au tribunal de Paris Roland Gaucher débouté dans son procès en diffamation contre M. André Lajoinie » (lien) ;
[7] Pierre Laurent pour « l’Est Républicain », édition du : « Mort de Jean-Marie Le Pen : l’historien du Doubs Joseph Pinard se souvient de son « trophée » face au FN » (lien) ;
[8] « Le Monde », édition du 7 mars 1992 : « La préparation des élections cantonales et régionales M. Goguillot-Gaucher candidat du » droit du sang » dans le Doubs » (lien) ;
[9] « France 3 Franche-Comté » avec « l’Institut national de l’audiovisuel », édition du 24 mars 1992 : « Election au Conseil régional de Franche Comté : l’affaire Gaucher » (lien) ;
[10] « Factuel.info », édition du 13 juin 2014 : « Les questions que Joseph Pinard aurait posées à Sophie Montel » (lien) ;
[11] « L’Humanité », édition du 20 mars 1992 : « La honte de Besançon » (lien) ;
[12] Alain Duhamel pour « le Monde », édition du 22 octobre 1974 : « Les « secrets » du parti communiste vus de l’extrême droite » (lien).

