Royalistes
Historiquement, le monarchisme d’extrême droite s’incarne surtout à travers « l’Action Française » (AF). Cette mouvance, de tendance maurassienne et orléaniste, qui plébiscite désormais Jean d’Orléans (ou Jean IV), recoupe un passif important dans la région, à travers la « Petite Vendée Comtoise », par le concours du diocèse [1] ou en fournissant quelques personnalités [2]. Mais, au XXIe siècle, on n’en retrouve plus que de faibles traces, assez maigres au-delà d’autocollants sporadiques apposés dans les rues [3]. On note, toutefois, dans les années 2000-2010, la présence de Louis-Charles B., figure de cette organisation, ayant résidé à Besançon, dont les parents furent des responsables nationaux de premier plan, alors que lui cogérait la section de Lyon [4] ; ou l’existence d’une éphémère page « Instagram » attribuée à Vital V. [5] [6], relatant en 2022 quelques collages [6] et le dépôt d’une gerbe aux cérémonies du 11 novembre [7]. Aussi, ces dernières années, d’autres composantes souvent concurrentes se sont affirmées, comme les électoralistes de « l’Alliance royale » (AR), sans préférence dynastique, le « Lys noir », aux puisements fourre-tout, jusqu’aux partisan·e·s de la Maison Bonaparte, misant sur l’avènement de Jean-Christophe Napoléon, comme l’ex-sénateur de Haute-Saône Michel Raison [8].
Mais c’est surtout une dernière branche qui s’est distinguée en Franche-Comté, soutenant le retour au trône des Bourbon dont Louis de Bourbon (ou Louis XX) est l’actuel prétendant. Parent du dictateur Francisco Franco dont il défend le souvenir et l’héritage [9] [10], opposé au mariage pour tous [11], à l’avortement [11] et à la laïcité [11], il dit vouloir établir « une monarchie constitutionnelle » [12]. Ainsi, le 19e Régiment du Génie avait, déjà en 2017, désigné la duchesse d’Anjou María Margarita Vargas Santaella comme marraine [13]. D’autres, à l’instar de Matteo B., depuis passé à « Reconquête » (REC), ont notamment porté ses couleurs, bien qu’en les mélangeant avec d’autres familles, en 2022 [6]. Cette parole va davantage percer au milieu des années 2020 avec le « Cercle d’Action Légitimiste » [14], une section étant initiée le 13 novembre 2025 sur Besançon [15]. Celle-ci est tenue par Ethan L., étudiant en histoire, seul membre véritablement actif dans la région ; lequel multiplie d’autant plus les publications numériques, émissions de communiqués, opérations collages et graffitis reprenant la « fleur de lys » ou exultant « Louis XX », participation à des mobilisations comme lors de « marche pour la vie » à Paris ou en hommage à Quentin Déranque sur Besançon auprès de néofascistes [16].
Sources.
[1] André Grenier, « L’action française dans le diocèse de Besançon », 1988, 1 414 pages (lien) ;
[2] Gérard Gaudin sous la direction de Michel Leymarie et Jacques Prévotat, « L’Action française culture, société, politique » – « L’Action française en Provence », Presses Universitaires du Septentrion, 10 mai 2019, 434 pages, ISBN 9782757421239, p. 257-266 (lien) ;
[3] « France 3 Franche-Comté », édition du 17 septembre 2021 : « Besançon : comment l’ultra-droite nationaliste réinvestit la capitale comtoise et le fait savoir » (lien) ;
[4] « La Horde », édition du 3 novembre 2017 : « Marseille : qui a financé le local de l’Action française ? » (lien) ;
[5] Mathieu Molard et Christophe-Cécil Garnier pour « StreetPress », édition du 27 novembre 2023 : « Descente raciste à Romans-sur-Isère : quels sont les profils des interpellés ? » (lien) ;
[6] Toufik-de-Planoise pour « Dijoncter », édition du 1er novembre 2022 : « À Besançon, les royalistes espèrent un renouveau » (lien) ;
[7] Toufik-de-Planoise pour « radio BIP », édition du 17 novembre 2022 : « Besançon : les antimilitaristes ne désarment pas » (lien) ;
[8] Membres du bureau national, sur le site de « France Bonapartiste » (lien) ;
[9] N.Be. pour « le Parisien », édition du 24 octobre 2019 : « Exhumation de Franco : pourquoi Louis de Bourbon portait le cercueil » (lien) ;
[10] « Ouest France », édition du 27 octobre 2019 : « Politique. Le duc d’Anjou crée la polémique en défendant le souvenir de Franco » (lien) ;
[11] Laurent Telo « le Monde », édition du 15 décembre 2018 : « Louis de Bourbon, solidaire avec le « peuple » en gilet jaune » (lien) ;
[12] Luis Rivas pour « Vozpópuli », édition du 12 octobre 2025 : « La Monarquía es la solución para la crisis de Francia, según Luis Alfonso de Borbón » (lien) ;
[12] « StreetPress », fiche sur le « Cercle d’Action Légitimiste » (lien) ;
[14] Capitaine Paul-Marie pour « MaCommune.info », édition du 23 janvier 2017 : « Marie-Marguerite d’Anjou, une marraine qui a du génie… » (lien) ;
[15] S.C. pour « l’Est Républicain », édition du 19 novembre 2025 : « Qui se cache derrière la nouvelle section royaliste de Besançon ? » (lien) ;
[16] Toufik-de-Planoise pour « le Ch’ni », édition du 15 février 2026 : « À Besançon, l’extrême droite rend un hommage à Quentin D. » (lien).

