Slogans
Contexte
Au-delà des slogans scandés ou chantés, comme le traditionnel « Europe, jeunesse, révolution » [1] ou « la France aux français » [2], il arrive, certes plus rarement, que ces locutions, accroches et autres phrases s’inscrivent également de manière visuelle, via des autocollants, affiches ou étendards, parfois avec des codes précis.
Defend + XXX
Le concept de « Defend + XXX » se développe en parallèle de la formule « Defend Europe », reprenant la rhétorique d’une invasion en cours et d’un territoire à défendre [3]. On en retrouve l’idée, en France, via le périodique « Défense de l’Occident » publié de 1952 à 1982 par Maurice Bardèche, ou sous l’égide de la mouvance identitaire, notamment lors de campagnes « anti-migrant·e·s » dans les années 2010 [4]. Dans son inscription physique, sa reprise est souvent une déclinaison locale accompagnée d’un fusil kalachnikov (« defend » + « ville/région » + « arme ») [3]. En Franche-Comté, cette manifestation s’est surtout exprimée à travers le groupe néonazi « Vandal Besak » ; visible sur des tee-shirts, prôné dans le canal « Telegram » « Nova Europa » [5], ou floqué sous la forme de « Defend Vesontio » lors du « Comité du 9-Mai » (C9M) [6].
Triples lettres entourées de bandes rouges
Depuis quelques années, une marque singulière est apparue au sein des visuels nationalistes, identitaires et néonazis. La plupart des supports issus de telles mouvances sont ainsi désormais composés de deux lignes de triples lettres avec une barre rouge en haut et en bas, comme à travers le sigle « FCK AFA » (« j’emmerde les antifascistes ») [7]. Les premières occurrences sont relevées dans la presse allemande en 2016, avec l’inscription « HKN KRZ » (« hakenkreuz », « croix gammée ») [8]. Ce style a depuis été largement diffusé, mais n’est plus exclusif à l’extrême droite, puisqu’on le retrouve dans d’autres usages, de formules anti-flics (« FCK CPS » – « fuck cops ») au renversement à gauche (« FCK NZS » ou « FCK FAF », pour « fuck nazis » et « fuck fafs »). Dans la région, les rares reprises restent surtout cantonnées aux néonazis dont les « Vandal Besak » et « Vandal Lons » très portés sur leur auto-promotion par ce biais (« VDL BSK » et « VDL LONS ») [7] [9]. Mais en-dehors de cet emploi précis, la découverte d’une telle typographie en Franche-Comté nécessite une lecture et interprétation poussée, étant donné qu’on la retrouve par exemple chez les étudiant·e·s opposé·e·s au changement de statut de leur université (« FCK EPE ») [10].
Illustrations locales.






Sources.
[1] « Indextrême », fiche « JNR – Europe, Jeunesse, Révolution » (lien) ;
[2] « Indextrême », fiche « la France aux français » (lien) ;
[3] « Indextrême », fiche « defend Europe » (lien) ;
[4] AV pour « France 3 PACA », édition du 29 janvier 2019 : « Génération identitaire : des membres en garde à vue puis libérés pour leurs patrouilles antimigrants à Briançon » (lien) ;
[5] Mathieu Molard et Christophe-Cécil Garnier pour « StreetPress », édition du 27 novembre 2023 : « Descente raciste à Romans-sur-Isère : quels sont les profils des interpellés ? » (lien) ;
[6] Toufik-de-Planoise pour « le Ch’ni », édition du 13 mai 2024 : « Une délégation comtoise identifiée dans un défilé néonazi, ce week-end à Paris » (lien) ;
[7] « Indextrême », fiche « FCK AFA » (lien) ;
[8] Thomy pour « Bedeutung Online », édition du 12 novembre 2018 « FCK NZS – Was bedeutet der Ausdruck? Bedeutung, Definition, Erklärung » (lien) ;
[9] Raoul Advocat pour « France 3 Franche-Comté », édition du 29 octobre 2023 : « Besançon : des centaines d’autocollants et tags néonazis découverts dans le centre-ville » (lien) ;
[10] Toufik-de-Planoise pour « le Ch’ni », édition du 4 février 2025 : « L’université « Marie et Louis Pasteur » suscite aussi des oppositions » (lien).

