Sophie Montel

Sophie Montel (née le 22 septembre 1969 à Montbéliard) est une femme politique.

Fille de militants « Front National » (FN) du Pays de Montbéliard, elle adhère au parti dès l’âge de dix-huit ans [1]. Elle intègre quelques années durant le groupuscule « Terre et Peuple » (T&P), passage qu’elle conteste par la suite [2]. En parallèle de ses études d’histoire médiévale, elle est désignée au comité central en 2000, au bureau politique en 2003, comme secrétaire nationale aux élus en 2011, en plus de responsabilités locales et de la présidence du « collectif Belaud-Argos pour la protection animale » [3]. C’est aussi l’épouse de Robert Sennerich, figure d’extrême droite qui fut notamment secrétaire du Doubs et candidat à de nombreux scrutins [4]. Jean-Yves Camus estime « qu’elle incarne par sa situation ce qu’est l’appartenance à la classe politique » [5], elle-même se décrivant comme une « apparatchik » ayant « toujours vécu de la politique et de [s]es mandats » [6]. Conseillère municipale de Besançon entre 1995 et 2001 et de Montbéliard entre 2014 et 2020, elle est épinglée pour avoir défendu les propos de Jean-Marie le Pen sur « l’inégalité des races » en 1996 [7] [8]. Après avoir été l’assistante du groupe « FN » de Roland Goguillot au conseil régional [3], elle est élue dans cette instance en 1998 [8], dont elle prend la tête de l’opposition jusqu’en 2017 ; en 2015, avec la fusion Bourgogne/Franche-Comté, elle manque de ravir cet ensemble, étant d’abord en pôle position au premier tour (31,5%), avant de s’incliner (à 32,4%) derrière la liste d’union de la droite (32,9%) et celle d’union de la gauche (34,7%) [3]. Elle accède au mandat de députée européenne en 2014, un temps proche de Bruno Gollnisch [3], elle est alors vue comme la fidèle lieutenante de Florian Philippot [2]. Montel sera également mise en cause dans « l’affaire des assistants », contrainte de rembourser 77 000€ à ce titre, mais sans poursuites pénales [9]. Elle échoue à gagner les législatives de 2015 et de 2017 dans la quatrième circonscription du Doubs, réalisant toutefois des scores significatifs pour l’époque, avec respectivement 32,6%-24,1% aux premiers et 48,6%-38,4% aux seconds tours [10] [11]. En 2017, avec la scission qui fera émerger « les Patriotes » (LP), elle quitte le camp lepéniste, avec plusieurs autres cadres de la région [12] [13]. En 2018, après s’être présentée sous cette dernière couleur, sur la première circonscription du Territoire de Belfort, obtenant 1,99 % des bulletins, elle soutient « Debout la France » (DLF) en 2019, puis quitte la vie politique.


Sources.
[1] Abel Mestre pour « le Monde », édition du 2 février 2015 : « Sophie Montel, une lepéniste historique » (lien) ;
[2] Olivier Faye pour « le Monde », édition du 18 avril 2017 : « Front national : la fidèle équipe de Florian Philippot » (lien) ;
[3] Jean-Pierre Tenoux pour « le Monde », édition du 6 décembre 2015 : « En Bourgogne, Sophie Montel, de la défense des animaux au Front national » (lien) ;
[4] Jérémy Chevreuil pour « France 3 Franche-Comté », édition du 6 septembre 2016 : « Le mari de l’eurodéputée FN Sophie Montel condamné pour abus de faiblesse » (lien) ;
[5] Nathalie Mauret pour « le Bien Public », édition du 9 février 2015 : « Jean-Yves Camus, chercheur à l’Institut de relations internationales et stratégiques (Iris) : « Le renforcement des périphéries dans le vote frontiste » » (lien) ;
[6] Ilan Caro pour « France info », édition du 3 décembre 2015 : « Elections régionales : Sophie Montel, l’inconnue qui pourrait faire triompher le FN en Bourgogne-Franche-Comté » (lien) ;
[7] Geoffroy Clavel pour « le Huffington Post », édition du 2 février 2015 : « « Evidente inégalité des races »: la candidate FN Sophie Montel juge « normal » de soutenir Jean-Marie Le Pen » (lien) ;
[8] « Factuel.info », édition du 13 juin 2014 : « Les questions que Joseph Pinard aurait posées à Sophie Montel » (lien) ;
[9] Jérémy Chevreuil pour « France 3 Franche-Comté », édition du 12 janvier 2017 : « Affaire des assistants « fantômes »: le Parlement européen réclame plus de 77.000 euros à l’élue Front National Sophie Montel » (lien) ;
[10] Abel Mestre et Nicolas Chapuis pour « le Monde », édition du 8 février 2015 : « Le PS remporte la législative partielle dans le Doubs » (lien) ;
[11] Laurine Benjebria et Véronique Narboux pour « France info », édition du 19 juin 2017 : « Sophie Montel (FN), « il faut une proportionnelle intégrale » » (lien) ;
[12] Claire Gaveau pour « RTL », édition du 21 septembre 2017 : « Sophie Montel quitte le FN : « Je suis Florian Philippot, un homme de convictions » » (lien) ;
[13] Jean-Pierre Tenoux pour « l’Est Républicain », édition du 20 septembre 2017 : « FN : la « purge » se poursuit en Franche-Comté » (lien) ;
[14] « L’Est Républicain », édition du 28 janvier 2018 : « Election législative partielle dans le Territoire de Belfort : Ian Boucard (LR) en tête avec près de 40% des voix » (lien) ;
[15] Sophie Dougnac pour « l’Est Républicain », édition du 11 mai 2019 : « La députée Sophie Montel (ex FN) soutient Debout la France » (lien).