SOS tout-petits
« SOS tout-petits » est une association constituée contre toute forme d’Interruption Volontaire de Grossesse (IVG), de recours à la contraception ou de reconnaissance des LGBT+ [1]. Elle fut lancée par Xavier Dor en 1986 [2], un membre du « Front National » (FN) [2], rassemblant les franges conservatrices, traditionalistes et intégristes du catholicisme [3] dans des « commandos anti-IVG » [2]. Mais avec l’introduction d’une loi « d’entrave » à l’exercice et à l’information de ce droit assortie de plusieurs condamnations pénales à ce titre [2], la mouvance se réoriente dans des actions plus légales [3]. Après avoir, un temps, essaimer sur internet, à travers de faux sites d’information [3], cette activité s’est aussi tarie, avec l’extension de la législation à partir de 2017 [4].
En Franche-Comté, la seule section connue était active sur Besançon entre la fin des années 2000 et la pandémie de coronavirus. Elle ne se formait concrètement qu’à travers des « rosaires et chapelets pour la vie », c’est-à-dire des prières de rue organisées une fois par an [5]. Pour l’essentiel constituées autour de personnes âgées, la trentaine de fidèles présent·e·s lors de ces cérémonies s’avéraient surtout issu·e·s des fraternités Saint-Pie-X et Saint-Pierre. Alors que les institutions officielles se sont toujours refusées à leur ouvrir les lieux de culte à ces occasions, ces « messes en plein air » se mettaient donc en place sur le parvis ou les alentours de la cathédrale Saint-Jean le tout avec une présence policière massive face aux protestations antifascistes [5].
Ouvertement ancrée à l’extrême droite [1] [6], cette synergie s’est retrouvée dans les « marches pour la vie », durant les mobilisations dites « manif’ pour tous » ou dans les rassemblement relatifs à la « bioéthique » ciblant « PMA »/« GPA » et « euthanasie » [6]. « SOS tout-petits » fut également attachée à des factions ultranationalistes et néonazies, comme en 2010 où elle s’est alliée avec le « Front comtois » pour que celui-ci assure son service d’ordre [7]. Entre la mort de son fondateur en 2020, la période de mesures sanitaires restreignant les réunions confessionnelles et l’absence de renouvellement, le mouvement s’effondre rapidement au niveau local et national. Alors qu’il ne reste que quelques villes encore actives, aucune relève n’a été assurée à Besançon.
Sources.
[1] Blandine Grosjean pour « Libération », édition du 28 novembre 2003 : « SOS tout-petits : les prières et la haine » (lien) ;
[2] « L’Humanité », édition du 23 mai 1995 : « Mais qui tire les ficelles des commandos anti-IVG? » (lien) ;
[3] « Le Point », édition du 11 janvier 2013 : « Loin des commandos violents, qui sont les anti-IVG aujourd’hui ? » (lien) ;
[4] « Vie Publique », édition du 22 mars 2017 : « Loi du 20 mars 2017 relative à l’extension du délit d’entrave à l’interruption volontaire de grossesse » (lien) ;
[5] Joël Mamet pour « L’Est Républicain », édition du 20 novembre 2011 : « Ne pas prier dehors, un vœu pieux » (lien) ;
[6] Audrey Salor pour « le Nouvel Observateur », édition du 13 août 2015 : « Anti-IVG : « SOS tout-petits » reprend du service » (lien) ;
[7] « MaCommune.info », édition du 20 novembre 2010 : « Avortement: Besançon sous tension des extrêmes » (lien).

