Sport/stade
Partout en France, les milieux d’extrême droite investissent le champ sportif : salles de musculation, clubs de boxe, gradins de stades… Mais, en-dehors de sorties randonnées/camping, les traductions concrètes restent assez modestes en Franche-Comté. Seules les sphères ultranationalistes en ont font un aspect primordial et régulier au sein de leur militantisme, à l’instar des « Vandal Besak » (VDL BSK) qui organisent ainsi des entraînements « sauvages » dans les environs de Besançon [1] ainsi que des « bastons » avec des formations politiques/hooligans analogues [2].
Les formalisations spécifiques et ambitieuses ont toutefois existé, à travers le réseau néonazi et semi-clandestin « Active Club » recensé dès 2023 au local [2] [3]. Pratique des arts martiaux et suprématisme blanc en sont les leitmotivs, sans négliger survivalisme et préparation paramilitaire [2] [3]. La section régionale a compté une dizaine de membres liés au « Vandal Besak », surtout établis dans le Jura et le Territoire-de-Belfort [2]. Mais, au-delà de quelques poses photos, l’aventure a rapidement tourné à vide avant de disparaître avec l’arrestation de divers responsables [2].
À Torpes, un village de Saône-et-Loire à la frontière du Jura, se trouvait aussi « le Maréchal » [2], influent jusqu’à Lons-le-Saunier. Il s’agissait d’une association néofasciste, ayant eu pour slogan « paysannerie – sport – culture » [2]. Nichée dans un corps de ferme réhabilité en 2022 par Thomas A. et Clément R., soirées, conférences, délégations, mais aussi entraînements au « grappling » [2], s’enchaînaient, sous l’égide de drapeaux à croix celtiques et de la « Phalange espagnole » [2]. Mais, faute de moyens et de volontaires, la maison coule définitivement courant 2025 [3].
Le 19 avril 2026, une section « Active Club Revermont », qui semble reprendre l’espace laissé par « le Maréchal », apparaît à travers une nouvelle page « Instagram » adoptant « Sport et nationalisme, jurassien rejoins les tiens ! » comme slogan [2]. On y retrouve une poignée d’adeptes, qui s’exhibent entre sacs de frappe, machines à musculation et sorties au grand air [2] ; tous étant, là encore, selon les recoupements effectués, des proches de « Vandal Besak », structure qui rechercherait, via cette émanation, à toucher/recruter/former les jeunes et limiter les risques légaux [2].
Les cercles « ultras » ne sont pas davantage épargnés, à travers le « FC Sochaux-Montbéliard ». Alors que supporteurs/supportrices préservent un héritage antifa [4], l’institution condamne les dérives [5] et affirme « lutter contre toute forme de discrimination et à promouvoir des valeurs de respect, de solidarité et de fraternité » [6]. Quelques profils nationalistes ont pu se retrouver dans cette synergie, comme Florent S. aux « Boys 07 Sochaux » [7]. Aussi, de manière plus quotidienne, les incidents racistes/homophobes restent une réalité, dans et abords des stades [8].
Sources.
[1] Toufik-de-Planoise pour « le Ch’ni », édition du 13 juillet 2025 : « Romain Jacquinot, une histoire de l’extrême droite comtoise » (lien) ;
[2] Toufik-de-Planoise pour « le Ch’ni », édition du 26 juin 2026 : « « Active Club » en Franche-Comté : Sport, combat et suprémacisme » (lien) ;
[3] « Ballast », édition du 1er décembre 2023 : « Active Clubs : une plongée dans la violence d’extrême droite » (lien) ;
[4] David Revault d’Allonnes pour « Libération », édition du 17 février 2003 : « À Sochaux, une ferveur sans faille » (lien) ;
[5] Alexandre Lepère pour « France Bleu », édition du 28 octobre 2023 : « FCSM : une plainte du club et une condamnation de la Tribune Nord Sochaux après les propos racistes tenus à Avallon » (lien) ;
[6] « FCSM », communiqué officiel du 28 octobre 2024 (lien) ;
[7] Toufik-de-Planoise, publication « Twitter » du 20 mars 2023 (lien) ;
[8] Alexane pour « MaCommune.info », édition du 11 décembre 2025 : « Violences et insultes racistes lors d’un match à Novillars : des associations pointent un silence préoccupant » (lien).

