Vandal Besak/Lons

Les « Vandal Besak » (VDL BSK) est un groupuscule paramilitaire, semi-clandestin et néonazi, initié courant 2020 sur la Franche-Comté [1] [2] [3]. Après l’éclatement d’entités-paravents comme le « Front Comtois » et les « Werwolf Sequania » (WS) entre 2010 et 2015 [4], les forces les plus radicales, continuant d’évoluer en bandes [5] [6] [7], finissent par organiser ce réseau affinitaire, informel et décentralisé, sur fond d’idéologie ultranationaliste et de propension à la violence [3] [8]. Il se compose d’une vingtaine d’individus, fixés sur les quatre départements, la plupart issus de l’armée [8], beaucoup disposant d’une double appartenance parallèle, auprès du « Rassemblement National » (RN) [9] [10], de « Terre et Peuples » (T&P) [11] de « Reconquête » (REC) [12], de la « Cocarde Étudiante » [12] ou des milieux « houligans » [2].

Les troupes se retrouvent localement, notamment lors d’opérations de cohésion (soirées-beuveries, entraînements aux sports de combat [2] [13], campagnes de collage visant des lieux alternatifs [14] ou pour de grandes occasions [15] [16]), durant quelques manifestations hétérogènes ou partisanes (« pass sanitaire » à l’été 2021 [17], défilé sauvage le 27 août 2022 [18]), ainsi qu’à l’occasion d’actions menaçantes ou violentes ciblées (brutalités le 31 janvier 2021 [19] et intimidations le 19 novembre 2022 contre des rassemblements féministes [20], parasitage du 1er mai 2022 [21], agression d’un journaliste indépendant le 22 août 2022 [22], pressions sur les cortèges contre la réforme des retraites de mars 2023 [23], descente visant les habitant·e·s d’un quartier populaire le 18 mai 2023 [24] etc).

Certains membres ont été condamnés ou poursuivis par la justice, individuellement comme Vital V. (en 2020, il avait écopé d’une composition pénale pour violences conjugales [25]) ; Olivier B. (le 17 juillet juillet 2021, il frappait un correspond de presse lors d’une manifestation [26]) ; Alexandre M. (le 9 mars 2022, il avait agressé le participant d’un meeting de gauche [27] [28]) ou collectivement à l’instar de Théo G. et Étienne M. (le 21 novembre 2022, ils avaient dégradé une statue dont la restauration laissait apparaitre un visage jugé « trop noir » [29] [30] [31]) ; Romain J. et Ilann F. (le 5 août 2023, ils avaient passé à tabac une personne trans sur ce seul motif [32] [33]) ; ou Romain J., Ilann F. et Vital V. (le 25 novembre 2023, ils étaient parties prenantes dans des violences urbaines en Rhône-Alpes [34] [35]).

S’inscrivant nettement dans la tradition « nationaliste-révolutionnaire » [2], l’entité s’avère proche de diverses références analogues comme les « Infréquentables Dijon » [2], « Audace Lyon » [2] et les « Zouaves Paris »/« Groupe Union Défense » (GUD) [2] [36] [37]. C’est donc, logiquement, qu’on retrouve la plupart de leurs figures au sein de dates nationales d’ampleur, comme pendant les émeutes racistes liées à la mort de Thomas Perotto le 25 novembre 2023 à Romans-sur-Isère [34] [35] [38], la marche d’extrême droite en mémoire de Quentin Déranque le 21 février 2026 à Lyon [13], ou aux éditions annuelles du défilé néofasciste « C9M » chaque mois de mai sur Paris [15] [16] [39]. Une volonté d’émulation incluant l’ouverture d’une page « Instagram » en mars 2026, afin d’entretenir les liens et entrevoir des recrutements [13].

C’est aussi autour de 2024 qu’une branche plus autonome mais inhérente s’est distinguée, sous le nom de « Vandal Lons » (VDL LONS) [13] . Alors que les opérations conséquentes se sont raréfiées sur Besançon dès la fin 2023, c’est ainsi dans le Jura – surtout à Dole et Lons-le-Saunier – que les problématiques sont désormais concentrées à partir de cette période : attaque de permanences politiques et de mouvements sociaux courant 2024 par un collectif depuis absorbé [40], agression d’un tiers en pleine rue pour avoir protesté contre des discours suprématistes ostensibles le 18 mai 2025 [41] [42], menaces et dégradations essuyés par des établissements vus comme « progressistes » en février 2026 [43] [44], agression d’une activiste communiste pro-palestinienne à son domicile le 19 avril 2026, etc. [45] [46].


Sources.
[1]
« France 3 Franche-Comté », édition du 17 septembre 2021 : « Besançon : comment l’ultra-droite nationaliste réinvestit la capitale comtoise et le fait savoir » (lien) ;
[2] « StreetPress », fiche « Vandal Besak » (lien) ;
[3] Christophe-Cécil Garnier pour « StreetPress », édition du 9 janvier 2024 : « Fans du IIIe Reich, agression transphobe et descente raciste, bienvenue chez les Vandal Besak » (lien) ;
[4] Fred Jimenez pour « l’Est Républicain », édition du 29 juin 2012 : « Sous l’œil de « Fafwatch » » (lien) ;
[5] Toufik-de-Planoise pour « Factuel.info », édition du 23 janvier 2019 : « La résistible percée de l’extrême droite parmi les Gilets jaunes bisontins » (lien) ;
[6] Toufik-de-Planoise pour « Factuel.info », édition du 20 décembre 2019 : « Néonazis et extrême-droite de retour dans les bars à Besançon » (lien) ;
[7] Toufik-de-Planoise pour « Factuel.info », édition du 5 février 2020 : « À Besançon, trois nouvelles agressions attribuées aux néonazis » (lien) ;
[8] Christophe-Cécil Garnier pour « StreetPress », édition du 6 septembre 2023 : « Drapeau nazi et appel à « nettoyer le pays », des militaires néonazis au régiment de Belfort » (lien) ;
[9] Toufik-de-Planoise pour « Dijoncter », édition du 10 janvier 2022 : « [Besançon] Un cadre du Rassemblement National affiche sa proximité avec la mouvance néonazie » (lien) ;
[10] Toufik-de-Planoise pour « Dijoncter », édition papier d’avril 2023 pages 47 à 50 : « Les dessous des Fafs – Dans l’arrière-boutique du RN franc-comtois » (lien) ;
[11] « Fafwatch Franche-Comté », édition du 5 juin 2020 : « Fondremand : Le solstice néo-nazi aura t’il lieu ? » (lien) ;
[12] Toufik-de-Planoise pour « Kawa TV », édition du 30 mars 2022 : « Chants racistes, croix gammées, expéditions punitives… immersion dans les rangs de Génération Z Bourgogne/Franche-Comté » (lien) ;
[13] Nadwo pour « le Ch’ni », édition du 13 mars 2026 : « Après la marche d’hommage à Quentin Deranque, un regain d’activité des groupes néofascistes locaux ? » (lien) ;
[14] Valentin Colin pour « l’Est Républicain », édition du 29 octobre 2023 : « Découverte d’autocollants « Vandal de Besak » collés sur la façade du Pixel : Anne Vignot compte déposer plainte » (lien) ;
[15] Toufik-de-Planoise pour « le Ch’ni », édition du 13 mai 2024 : « Une délégation comtoise identifiée dans un défilé néonazi, ce week-end à Paris » (lien) ;
[16] Toufik-de-Planoise pour « le Ch’ni », édition du 5 mai 2026 : « À Besançon, le prix à la pompe comme (nouveau) prétexte à l’antisémitisme » (lien) ;
[17] Toufik-de-Planoise pour « radio BIP », édition du 16 août 2021 : « Pass sanitaire : à Besançon, les manifestants se désolidarisent d’un groupuscule néonazi » (lien) ;
[18] « France 3 Franche-Comté », édition du 31 août 2022 : « Chants et saluts nazis dans les rues de Besançon : « Une culture néonazie qui s’installe et qu’il faut combattre » réagit la maire de la Ville » (lien) ;
[19] Toufik-de-Planoise pour « radio BIP », édition du 31 janvier 2021 : « Dijon : un groupe nationaliste attaque des manifestantes féministes » (lien) ;
[20] Sarah Rebouh pour « France 3 Franche-Comté », édition du 19 novembre 2022 : « Lutte contre les violences faites aux femmes : « Je crie pour celles qui ne peuvent plus », environ 300 personnes réunies à Besançon » (lien) ;
[21] Toufik-de-Planoise pour « Dijoncter », édition du 6 mai 2022 : « [Besançon] Pour l’extrême-droite, le parasitage du 1er mai tourne au fiasco » (lien) ;
[22] Pierre Plottu et Maxime Macé pour « Libération », édition du 24 août 2022 : « Besançon: des militants d’extrême droite agressent un journaliste » (lien) ;
[23] Toufik-de-Planoise, publication « Twitter » du 20 mars 2023 (lien) ;
[24] Léa Gousset pour « France 3 Franche-Comté », édition du 24 mai 2023 : « Une vingtaine de néonazis venus de toute la France sème la peur dans le centre-ville de Besançon » (lien) ;
[25] Toufik-de-Planoise pour « Dijoncter », édition du 1er novembre 2022 : « À Besançon, les royalistes espèrent un renouveau » (lien) ;
[26] « Radio BIP », édition du 19 juillet 2021 : « Communiqué: agression d’un reporter de Radio BIP/ Média 25 » (lien) ;
[27] Toufik-de-Planoise pour « Kawa-TV », édition du 10 mars 2022 : « Besançon : le meeting de Philippe Poutou attaqué par des néonazis » (lien) ;
[28] Valentin Colin pour « l’Est Républicain », édition du 22 août 2022 : « Agression au meeting de Philippe Poutou : un militant d’extrême droite condamné à 8 mois de prison » (lien) ;
[29] Isabelle Brunnarius pour « France 3 Franche-Comté », édition du 25 novembre 2022 : « Statue de Victor Hugo vandalisée à Besançon : qui sont les deux étudiants qui ont reconnu les faits ? » (lien) ;
[30] Corentin Lesueur pour « le Monde », édition du 26 décembre 2022 : « A Besançon, l’ombre de la « culture néonazie » derrière la dégradation de la statue de Victor Hugo » (lien) ;
[31] « Le Monde » avec « AFP », édition du 17 février 2023 : « Dégradation de la statue de Victor Hugo à Besançon : deux étudiants condamnés à des travaux d’intérêt général » (lien) ;
[32] Toufik-de-Planoise pour « le Ch’ni », édition du 12 juillet 2025 : « Un militant néonazi condamné pour une agression transphobe » (lien) ;
[33] Valentin Colin pour « l’Est Républicain », édition du 11 juillet 2025 : « « C’est le dossier de la haine » : dix mois de prison pour le tenant de l’ultra-droite qui a frappé une personne transgenre » (lien) ;
[34] Mathieu Molard et Christophe-Cécil Garnier pour « StreetPress », édition du 27 novembre 2023 : « Descente raciste à Romans-sur-Isère : quels sont les profils des interpellés ? » (lien) ;
[35] Toufik-de-Planoise pour « le Ch’ni », édition du 17 mai 2024 : « Après les émeutes racistes de Romans-sur-Isère, trois néonazis bisontins condamnés en appel » (lien) ;
[36] J.F. pour « TF1 », édition du 28 novembre 2023 : « Qui sont les trois groupuscules d’ultradroite que Gérald Darmanin veut dissoudre ? » (lien) ;
[37] « Légifrance », JORF n°0283 du 7 décembre 2023 : « Décret du 6 décembre 2023 portant dissolution d’un groupement de fait » (lien) ;
[38] Sébastien Bourdon, 24 janvier 2025 : « Drapeau noir, jeunesses blanches. Enquête sur le renouveau de l’extrême droite radicale », édition du Seuil, 352 pages, ISBN 9782021566291/2021566293 ;
[39] Toufik-de-Planoise pour « le Ch’ni », édition du 15 juillet 2024 : « En Haute-Saône, les activistes néonazis ne se cachent plus » (lien) ;
[40] Toufik-de-Planoise pour « le Ch’ni », édition du 16 août 2024 : « Dans le Jura, lumière sur l’émergence d’un groupuscule néofasciste et catholique » (lien) ;
[41] Jean-François Butet pour « le Progrès », édition du 22 mai 2025 : « Lons-le-Saunier : un jeune homme giflé en pleine rue par deux néonazis » (lien) ;
[42] Toufik-de-Planoise pour « le Ch’ni », édition du 23 mai 2025 : « À Lons-le-Saunier, une agression néonazie et beaucoup de questions… » (lien) ;
[43] Augustin Thiefaine pour « la Voix du Jura », édition du 25 février 2026 : « Dole. Une quinzaine d’autocollants néonazis découverts dans le centre-ville : quatre commerces ciblés » (lien) ;
[44] Johanna Albrecht pour « France 3 Franche-Comté », édition du 26 février 2026 : « « Je suis inquiet pour les clients, pour mon personnel » : un groupuscule néonazi marque les vitrines de cette petite ville » (lien) ;
[45] Loreena Duret pour « France 3 Franche-Comté », édition du 22 avril 2026 : « « Je crains pour ma sécurité » : le domicile d’une militante pour la cause palestinienne vandalisé par un groupuscule d’extrême droite » (lien) ;
[46] V.D. pour « le Progrès », édition du 23 avril 2026 : « « Le silence serait une complicité » : le domicile d’une militante pro-Palestine encore vandalisé » (lien).