Écologie

Au cours de son histoire et jusqu’à nos jours, les différentes composantes de l’extrême droite manifestent des positions multiples et ambivalentes concernant les questions d’environnement, d’écologie ou de protection du vivant. Dans les cercles précurseurs, on retrouve l’affirmation de cette sensibilité à travers les écrits du vycho-lepéniste Roland Gaucher considérant que « les problèmes de l’écologie sont des problèmes graves qui engagent l’humanité », au sein de « Terre et Peuple » (T&P) puisant dans les idéologies « völkisch » et de « l’écologie intégrale » dont le responsable régional tient un blog nommé « naturellement païen » [1], ou avec les identitaires de « la Caborne » exhortant  au « ré-enracinement » et au  « retour à la terre » via la constitution de milieux alternatifs péri-urbains et néo-ruraux [2].

Une ligne qu’on retrouve de manière récente et concrète, par des références à la « paysannerie », comme avec « le Maréchal » [3], un cadre assumant le « racisme biologique », qu’entretiennent « les Téméraires » dans leur projet de « repeuplement blanc » [4], ou la défense des animaux incarnée par une vision résolument antispéciste, à l’instar du « réseau Pythagore » [5]. D’autres, encore, s’essaient au survivalisme, entre communion et domination du sauvage dans une perspective d’effondrement prochain de la civilisation, comprenant d’ancien·ne·s du « Front Comtois » (FC) [6], le cercle « Solaris » [7], des tentatives individuelles d’implantation [8], ou, plus modestement, une approche complémentaire liée au combat que prodiguent les adeptes de « Active Club » [3].

Mais si ces franges forment une garde souvent non-négligeable, leurs influences demeurent néanmoins assez marginales en particulier auprès des principales organisations politiques. C’était par exemple déjà le cas de « la ligue comtoise – non aux minarets » lors des régionales de 2010, dont le programme proposait à la fois de « mettre en place une politique d’agriculture biologique dans la région » tout en assurant vouloir « préserver le droit de chasse et de pêche » [9]. Un numéro d’équilibriste qui se poursuit avec les formations bien plus massives telles que le « Rassemblement National » (RN) et « Reconquête » (REC), entre affichage volontiers de mesures générales attrape-tout ou visant spécifiquement les minorités et décisions bien plus discutables surtout dans le cadre législatif.

Si, à l’exception de Guillaume Bigot [10], le climato-scepticisme n’est plus la règle, du moins de façon ouverte, les parlementaires « RN » comtois·e·s restent toutefois pleinement engoncé·e·s sur des dispositions visant, en symbiose avec le reste de la droite « classique », « l’écologisme punitif ». Une réalité relevée dans leur logorrhée, sur les réseaux sociaux, mais surtout lors de leurs votes, la nuance ayant plébiscité des textes critiques tels que la « loi Duplomb », les mécanismes « d’urgence agricole », la suppression des « zones à faibles émissions », tout en s’opposant au développement des énergies renouvelables, à l’introduction de restrictions pour les « PFAS », à l’interdiction des vols en jets privés, ou encore à la publication du bilan carbone des entreprises stratégiques [11] [12] [13] [14] [15].

En-dehors de postures symboliques et opportunes comme la condamnation de l’abattage rituel ou les hommages à la figure controversée de Brigitte Bardot, les orientations du « Rassemblement National » s’avèrent ainsi clairement productivistes, tout-voiture, commodes aux énergies fossiles, avec, souvent, des déclinaisons analogues au local [16]. Un horizon qui recoupe son ancrage territorial et sa sociologie électorale, s’accompagnant de connivences toujours plus marquées avec les « associations citoyennes » de lutte contre l’installation de parcs d’éoliennes [17] [18] ou dernièrement les convergences idéologiques, organiques et militantes avec le syndicat professionnel « Coordination Rurale » (CR) [19] qui furent flagrantes lors des litiges relatifs à la dermatose nodulaire contagieuse en 2025 [20].

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Sources.
[1]
« Fafwatch Franche-Comté », édition du 5 juin 2020 : « Fondremand : Le solstice néo-nazi aura t’il lieu ? » (lien) ;
[2] Toufik-de-Planoise pour « Toufik-de-Planoise.net », édition du 21 avril 2013 : « Enquête sur « la Caborne » et la nébuleuse néo-fasciste en Bourgogne/Franche-Comté, quand des maisons de l’environnement et des traditions dissimulent des identitaires radicaux » (lien) ;
[3] Toufik-de-Planoise pour « le Ch’ni », édition du 26 juin 2026 : « « Active Club » en Franche-Comté : Sport, combat et suprémacisme » (lien) ;
[4] Éléonore Tournier pour « l’Est Républicain », édition du 13 mars 2024 : « Faire des enfants pour lutter contre le grand remplacement : le projet des Téméraires en Bourgogne Franche-Comté » (lien) ;
[5] Toufik-de-Planoise pour « le Ch’ni », édition du 20 avril 2025 : « À Besançon, l’extrême droite s’essaie à la cause animale » (lien) ;
[6] Toufik-de-Planoise, publication « Facebook » du 29 octobre 2013 (lien) ;
[7] Toufik-de-Planoise pour « le Ch’ni », édition du 6 décembre 2024 : « En Franche-Comté, un drôle de cinéma complotiste » (lien) ;
[8] Toufik-de-Planoise pour « le Ch’ni », édition du 11 juillet 2025 : « Près de Besançon, un projet « survivaliste » et « patriote » qui interroge » (lien) ;
[9] « MaCommune.info », édition du 20 février 2010 : « Régionales: la Ligue comtoise, rempart contre «l’islamisation» » (lien) ;
[10] Samuel Laurent, Damien Leloup et Liselotte Mas pour « le Monde », édition du 22 juin 2024 : « Au RN, ces investitures qui contredisent la ligne officielle et la « normalisation » du parti » (lien) ;
[11] « Datan.fr », détails des votes de Géraldine Grangier (lien) ;
[12] « Datan.fr », détails des votes de Antoine Villedieu (lien) ;
[13] « Datan.fr », détails des votes de Emeric Salmon (lien) ;
[14] « Datan.fr », détails des votes de Matthieu Bloch (lien) ;
[15] « Datan.fr », détails des votes de Guillaume Bigot (lien) ;
[16] Toufik-de-Planoise pour « le Ch’ni », édition du 12 mars 2026 : « Aux municipales de Besançon, un « Rassemblement National » aussi lisse que possible » (lien) ;
[17] « ToutMontbéliard.com », édition du 10 avril 2023 : « Rassemblement National : « Non aux éoliennes en Nord Franche-Comté » » (lien) ;
[18] Lisa Guillemin pour « le HuffingtonPost », édition du 3 juin 2021 : « Régionales 2021: le RN surfe sur le mouvement anti-éoliennes » (lien) ;
[19] Sophie Chapelle pour « Basta », édition du 28 janvier 2025 : « La Coordination rurale, ce syndicat agricole qui flirte avec l’extrême droite » (lien) ;
[20] Toufik-de-Planoise pour « le Ch’ni », édition du 10 décembre 2025 : « Besançon-Viotte, épicentre de la colère agricole » (lien).